Jonathan Suckow, vice-champion d’Europe de plongeon, au 1 m, en catégorie M15. Mi-septembre, il participera aux Championnats du monde juniors, en Russie.

«Mon monde? L’extravagance!»

Jonathan Suckow, 15 ans, est vice-champion d’Europe de plongeon dans sa catégorie d’âge. Cet été, le Genevois le passe à s’entraîner en vue des Championnats du monde, en septembre.

Coopération.  Qu’est-ce qui vous a mené au plongeon de compétition?
Jonathan Suckow. J’ai commencé ce sport à 6 ans, j’ai juste continué et ça m’a plu au fur et à mesure. J’avais plein d’activités – la musique, le foot, le judo.

Jouez-vous toujours du basson?
Oui! C’est bizarre, ça! Je suis des cours au Conservatoire une fois par semaine.

Mais où trouvez-vous le temps, en plus des 19 heures d’entraînement hebdomadaires et des études au lycée?
Les gens croient que les sportifs s’entraînent en permanence, mais moi, j’en trouve, du temps. Il y a beaucoup d’heures, dans une semaine!

Les choses particulières, ça vous titille?
Un peu, quand même. C’est pénible de faire tout la même chose que les autres. Un peu d’extravagance! C’est ce qui te rend peut-être plus intéressant, plus complet. Mais pourquoi ces activités-là, je n’en ai pas l’explication. C’est venu comme ça!

Quels sont les défis de votre sport?
La régularité et la visualisation, fondamentale. Il faut visualiser le plongeon, regarder l’eau pour se repérer en l’air et savoir comment gérer l’entrée dans l’eau.

Où se situe votre marge de progression?
Dans la souplesse. Elle me gêne dans l’élégance et la forme du plongeon.

Que vous apporte le sport de haut niveau?
La discipline, le fait d’aboutir, l’avidité – quand on aime quelque chose – de la réaliser, l’esprit analytique.

«

Chaque objet, chaque entité a une beauté particulière»

Quid du succès?
Les camarades vous respectent plus, il y a plus d’inspiration – on voit quelqu’un réussir, on se dit que ce n’est pas impossible. S’y ajoute la capacité à faire rêver les autres.

Avez-vous besoin de succès?
Oui. C’est le meilleur sentiment qui existe, on ne l’acquiert dans aucune activité. L’euphorie sans prendre de drogues, c’est extraordinaire. Celle du moment, celle de l’après, du relâchement de tout le travail accompli, de la souffrance endurée.

La souffrance?
Oui, avec les entraînements de gym, dans le bas du dos, les épaules. On a des tensions dans n’importe quel muscle.

Le plongeon est un sport confidentiel.
Ce n’est effectivement pas très connu. Mais je n’aime pas trop parler en public, je préfère largement rester dans mon monde.

C’est quoi, votre monde?
L’extravagance. De par ma famille, mes origines, mes intérêts – pour l’histoire, les sciences politiques, la
géographie, la théologie, la psychologie, qui ne sont pas toujours ce que les gens de mon âge aiment. Du reste, je n’ai pas beaucoup d’amis de mon âge, j’en ai davantage qui ont 19 ou 20 ans.

Profitez-vous de votre jeunesse?
Oui, certainement! Même sans recul, j’ai l’impression de la vivre plus que pleinement. Je fais beaucoup de choses, j’ai énormément de plaisir dans mes activités, je m’amuse beaucoup.

Qu’en est-il de gagner sa vie, dans votre sport?
Impossible. Même en étant champion olympique. Mais ça m’est un peu égal. Je sais que je n’arriverai pas au top niveau. Il faut être réaliste. Je ne m’entraîne pas assez d’heures. Après, peut-être que si je vais aux Etats-Unis…

Vous pratiquez un sport esthétique. Au-delà, qu’associez-vous à la beauté?
Je peux rester vingt minutes à contempler une peinture avec admiration, si je la comprends. Une peinture que je retiens? «La nuit étoilée» de Van Gogh. Je vais plus sur Internet que dans les musées. La question serait davantage ce que m’inspire la beauté. Chaque objet, chaque entité a une beauté particulière. Et les êtres humains, c’est très intéressant!

A 15 ans, que vous inspire le monde des adultes?
Les adultes sont des enfants qui savent un peu plus de choses et qui parviennent à pondérer leurs émotions un peu plus. C’est tout.

Et donc?
C’est plus intéressant, on peut discuter de davantage de choses. Ils sont arrivés au summum intellectuel.

Que serez-vous à 30 ans, le double de votre âge?
Je n’aime pas me projeter dans le futur. Je préfère jouir du moment présent. Par exemple, chez moi, sur mon lit, à regarder le ciel, les étoiles. A discuter, débattre, avec mes grands-parents, surtout.

Qu’aimeriez-vous ne pas manquer?
Le voyage. Actuellement, j’ai un problème – pas au niveau émotionnel –, mais celui de sortir de ma zone de confort: avoir un lit, l’air climatisé. Mais je réussirai! Les pays qui m’attirent sont ceux de l’Asie du Sud-Est.

Vous ne vous sentez pas aventurier?
Je le suis dans la découverte des choses, des mondes, des obstacles. Le plongeon est une métaphore de l’aventure. Le courage est un des obstacles les plus importants.

Le plus important, dans la vie?
La famille, les études, le sérieux.

En eaux claires

Jonathan Suckow

Naissance. Le 4 janvier 1999

Nationalité. Suisse. Mère chinoise, père américain.

Club. Genève Natation 1885

Palmarès. Championnats d’Europe au tremplin de 1 m, catégorie M15: 1er en 2013, 2e en 2014.

Objectif. Les JO 2020. «Lors des qualifications pour 2016 je n’aurai que 17 ans. Or, en plongeon,
on devient plus fort avec l’âge.»

JO. «Qui ne veut pas être champion olympique! C’est trop banal, c’est un lieu commun de dire ça. Mon
niveau est correct.»

Musique. «J’aime beaucoup le classique, et énormément de genres différents – électro, reggae. Mais pas la pop. C’est très simple, au niveau de la construction, et je ne ressens rien de spécial.»

Entraînement – danse. «C’est toute une élégance qui vient avec la danse, comment on se tient, comment on marche, comment on place les mains en l’air, chaque détail est vraiment travaillé. C’est la recherche de l’excellence.»

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Ariane Pellaton

Rédactrice

Photo:
Patrick Gilliéron Lopreno
Publication:
lundi 21.07.2014, 12:23 heure



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