KT Gorique, ici à Martigny: «Finalement les gens m’ont appelée comme ça parce que c’est assez ma personnalité.»

KT Gorique: «Le hip-hop, c’est la débrouille»

Musique Elle est championne du monde d’impro hip-hop. Et va sortir son premier album. KT Gorique, la rappeuse valaisanne a l’énergie contagieuse.

«

Partir de rien et créer quelque chose de beau et positif»

KT Gorique, votre nom d’artiste en dit déjà long sur vous…
Au départ, c’était juste KT, comme diminutif de mon nom, que je préfère taire. Dans mes impros et mes textes, je faisais donc beaucoup de jeux de mots jusqu’à obtenir KT Gorique. Et finalement les gens m’ont appelée comme ça parce que c’est assez ma personnalité. Je suis plutôt décidée et j’ai les idées claires. KT Gorique, ça me plaît bien!

En 2012, vous avez été sacrée championne du monde d’improvisation hip-hop en remportant les «End of the Weak» de New York. Vous étiez la première Suissesse, la première femme et la plus jeune à remporter ce titre. Qu’est-ce que ça a apporté à votre carrière?
Disons que le Valais n’est pas un canton très hip-hop. Ce titre a donc suscité de la curiosité pour ma musique chez les Valaisans et les Suisses. J’ai également été invitée à partager mon univers en Europe, aux États-Unis, au Canada. Je n’en reviens toujours pas!

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Vous avez approoché la mouvance hip-hop par la danse. Qu’est-ce qui vous a séduite dans cette culture?
Tellement de choses! Ce qui m’a plu en premier est le fait de partir de rien et créer quelque chose de beau et positif. Le hip-hop c’est l’art de la débrouille. Par exemple, quand j’ai commencé la danse avec mes amies, nous n’avions pas de salle. Ce n’était pas un problème, nous faisions nos répétitions dans la rue, devant la vitrine d’un magasin. Je vis hip-hop dans tous les sens du terme. C’est un mouvement qui aspire à être extrêmement créatif.

D'où le sens donné à l'acronyme RAP: Rimes anticonformistes positives.
Exactement, ça me correspond à 100%.

Et comment êtes-vous passée à la musique?
A l'âge de 8 ans déjà, j'écrivais des rimes. Je trouvais ça joli, j'aimais les mots, les poèmes. Et vers 13 ans, j'ai commencé à transposer mes textes sur les musiques hip-hop sur lesquelles je dansais. Finalement, le rap a rassemblé mes deux passions: la danse et l'écriture.

Cette année, vous sortez votre premier album solo «Tentative de survie». Qu’est-ce que ça représente pour vous?
Je le vois comme le résultat de deux ans de travail. C’est la concrétisation de tout ce qui s’est passé dans ma vie ces dernières années, l’aboutissement d’un cheminement intérieur. Mais l’album n’est pas autobiographique, j’ai également besoin de m’exprimer sur ce que je vois et j’entends autour de moi. Le message que je veux faire passer est de puiser de la force dans tous les obstacles auxquels nous confronte la vie. De croire en ses rêves et de ne rien laisser tomber.

Vous vous produisez également beaucoup sur scène…
La scène, c’est là où je me sens vivante plus que n’importe où ailleurs. J’y suis accro. C’est l’endroit où je capte l’énergie des gens, leur transmets la mienne. Il se passe toujours quelque chose: il y a de la danse, du break, de l’amour partagé, parfois des larmes.

«Sans ma banane, je suis perdue!»

Vous avez vécu jusqu’à 11 ans en Côte d’Ivoire. Quelles sont les traces de votre enfance africaine dans votre musique?
Il y a toujours une part d’Afrique dans mes morceaux, dans mes rythmes. C’est mon identité, je suis née de ce métissage. Une mère ivoirienne, un père italien et un beau-père suisse. Je baigne dans cette multiculturalité au quotidien et je profite de cette chance. Même si je ne vis plus là-bas, je reste attachée à mes racines dont je suis fière. J’écoute de la musique africaine et suis l’actualité de ce continent. C’est important pour moi.

Vous avez également touché au cinéma en jouant le premier rôle dans «Brooklyn» de Pascal Tessaud. Comment s’est passée cette expérience?
Le tournage était un peu particulier. Brooklyn est un film guérilla, c’est-à-dire sans budget, sans autorisation, sans gros moyen technique. C’est une fiction tournée presque comme un documentaire. Nous n’avions pas de dialogue, c’était de l’improvisation. Me retrouver à Paris pour le tournage, loin de ma famille et de mes amis pour faire quelque chose de complètement nouveau, a été un peu dur. Pour incarner au mieux le personnage de Coralie, j’ai dû puiser des émotions tout au fond de moi, ce qui m’a parfois ébranlée. Mais j’ai aimé ça. J’ai d’ailleurs tourné un petit rôle dans un second film avec Eric Cantona. C’était génial!

Son collier de perles, un objet fétiche et porte-bonheur

Cette attitude de touche-à-tout vous a valu le surnom de «couteau suisse»…
Exactement. On m’a donné ce surnom que car je suis aussi multifonctionnelle qu’un couteau suisse. Je danse, je dessine, je calligraphie, je rape, j’étudie le
social, j’essaie le cinéma, etc.

Un titre de votre prochain album s’appelle «Dans 10 ans». Que dit-il?
Justement, tout est encore flou. Je ne sais pas si je serai encore dans la musique ou dans le social (ndlr: KT Gorique suit des études à la HES-SO de Sierre en travail social). Par contre, je sais ce que je ne veux pas perdre de moi. À savoir ma hargne, mon attitude positive et mes combats pour le statut de la femme, l’intégration, contre les préjugés sur le rap, etc. Ces valeurs continueront de me guider, quel que soit le milieu dans lequel j’évoluerai.

D'où vous vient l'inspiration durant une session d'improvisation?
De ce que je vis, ressens, ou ce que je vois autour de moi. J'adore le français et l'improvisation est un jeu de champs lexicaux, de synonymes. C'est une fusion entre les mots, les émotions et la musique. C'est ma gymnastique intellectuelle!

4 dates dans la vie de la rappeuse valaisanne

1991 Naît en Côte d’Ivoire. Cinq ans après, naissance de sa sœur.

2002 Elle s’installe à Villeneuve (VD), avec sa mère, sa sœur et son beau-père.

2012 Le 12 août, elle remporte le championnat du monde d’improvisation hip-hop à New York.

2015 Elle va sortir cette année son premier album solo, intitulé «Tentative de survie».

Prochaines dates de concert

11 avril: Live à la Bibliothèque Couronnes, Paris, 19h

24 avril: Première partie de TSR CREW, Pont-Rouge, Monthey

25 avril: Première partie de YOUSSOUPHA, aux Docks, Lausanne

2 mai: Showcase pour Istok-Source, Martigny

8 mai: Festival Hip-hop, Dijon (à confirmer)

9 mai: Soirée G'iz B-Day & Last Night, au Ned Club, Montreux 

13 juin : Live pour les 50 ans de l'ASLEC, Sierre

20 juin : Showcase à la Fête de la Musique, Genève

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Sophie Dorsaz

Rédactrice

Photo:
Olivier Maire
Publication:
lundi 06.04.2015, 22:30 heure



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