Kacey Mottet Klein, ici à Lausanne, dans la pizzeria de son pote Ross Fratel.

Kacey Mottet Klein: «Pour le cinéma, je suis prêt à en baver»

Rencontre Kacey Mottet Klein incarne un très jeune papa dans le film «Keeper». Le Lausannois de 17 ans nous parle de ce rôle, de son métier et de sa vie d’ado.

Découvert en 2008 dans Home, Kacey Mottet Klein poursuit depuis une belle carrière d’acteur, principalement en France. Ce qui ne l’empêche pas d’être fidèle à sa ville. C’est d’ailleurs à Lausanne, dans la pizzeria d’un ami, qu’il nous a reçus.

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Dans «Keeper», vous êtes Maxime, 15 ans, qui doit faire face à la grossesse de sa copine. Comment se prépare-t-on à un tel rôle?
On est allés voir des adolescentes enceintes dans des maisons maternelles pour prendre conscience de cette situation. Le film est basé sur l’improvisation, mais il y a eu un gros travail en amont avec le réalisateur Guillaume Senez et les comédiens. Le fait d’être tous solidaires et de bien s’entendre nous a beaucoup aidés.

Maxime est soudainement confronté à la vie adulte, c’est un peu ce que vous avez vécu en étant acteur?
Oui, je suis très souvent en relation avec des adultes, ça fait grandir plus vite. Avec les garçons de mon âge, on n’a pas les mêmes centres d’intérêt, eux sont encore à l’école. Du coup, j’ai surtout des potes plus âgés que moi.

En juin vous avez été un fils violent dans «Une mère», en mars vous serez un homosexuel dans «Quand on a 17 ans», d’André Téchiné, et actuellement il y a «Keeper». Ces rôles difficiles laissent-ils des traces?
Non, parce que quand un tournage s’arrête, on replonge tellement brutalement dans la vie réelle que la page se tourne automatiquement. J’aime interpréter des personnages éloignés de moi, c’est formidable pour un acteur.

Durant votre jeune carrière vous avez déjà partagé l’affiche avec des stars comme Mathilde Seigner ou Isabelle Huppert. Comment ça s’est passé?
Je n’ai pas baigné dans le milieu du cinéma avant d’en faire, je n’ai même pas une grande culture cinématographique, donc je n’admire pas les acteurs. Mais j’étais flatté et intimidé de tourner avec ces actrices. Jouer avec Sandrine Kiberlain pour André Téchiné, par exemple, a été une expérience fantastique. Elle a une telle présence face à la caméra! J’ai appris beaucoup de choses en côtoyant ces artistes.

Vous avez été découvert dans la rue par la réalisatrice Ursula Meier qui vous a engagé dans «Home». En y pensant, vous vous dites que c’était quand même une chance incroyable!
Oui. Je me baladais à Ouchy lors du triathlon de Lausanne, il y avait des centaines de gamins et c’est moi qui ai été choisi! À l’époque, je n’avais aucune idée de ce qu’était le cinéma. En grandissant, j’ai pris conscience que c’était un vrai travail, avec des responsabilités, pas juste de la rigolade.

Vous vous réjouissez de jouer bientôt des rôles d’adultes?
Oui! J’aimerais camper plein de personnages différents, notamment participer à un film genre James Bond, ou un blockbuster. J’aimerais aller le plus loin possible. Pas pour être une star, je fais ce métier pour l’amour du cinéma et du jeu, l’aspect show-business ne m’intéresse pas. Ce que je veux, c’est bosser, je suis prêt à en baver. Si j’arrive à avoir une belle carrière, alors je l’aurai méritée et je pourrai être fier de moi.

Vous rêvez d’Hollywood?
Oui, comme la plupart des comédiens, même s’il faut garder les pieds sur terre. J’espère en tout cas continuer ma carrière en France.


Vous vivez entre ce pays et la Suisse?
Oui. Je ne suis pas encore prêt à aller habiter en France, du moins pas à Paris. Si je devais m’installer quelque part, ça serait à Bruxelles, une ville que j’adore. C’est calme, les gens sont sympas, ce n’est pas stressant comme Paris.

Que faites-vous quand vous ne tournez pas?
Je passe du temps avec mes amis et je fais de l’exercice. Je vais à la salle de sport, je cours, je joue au foot. Le sport libère l’énergie que j’ai en trop, me permet d’être plus tranquille. Quand je suis à Lausanne, j’aime bien aussi mettre la main à la pâte dans cette pizzeria, ça me permet de voir ce qu’est un vrai job et de ne plus être le centre d’attention.


La montre qui lui a été offerte

Côté nourriture, c’est tout le temps pizza?
Souvent oui, j’adore ça! Sinon, je cuisine un peu, pas des plats incroyables, surtout des pâtes.

Quels sont vos projets?
Je passe des castings et je fais la promo de Keeper. Après, à la fin de l’année, j’aimerais bien partir deux ou trois mois en Angleterre ou aux États-Unis pour apprendre l’anglais. l


Son scooter, symbole de liberté

4 dates dans la vie du jeune acteur 

1998 Naît à Lausanne, le 20 octobre. À 15 ans, il décide d’arrêter ses études pour devenir acteur.

2008 Sortie de son premier film, «Home», réalisé par Ursula Meier. Sa prestation d’acteur est très remarquée.

2013 Nommé «meilleur espoir masculin» aux Césars pour «L’enfant d’en haut», toujours d’Ursula Meier.

2015 Le film «Keeper», du Franco-Belge Guillaume Senez, sera sur les écrans romands le 28 octobre.

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Texte:  Myriam Genier

Photo: Darrin Vanselow

Photo:
Darrin Vanselow
Publication:
lundi 19.10.2015, 15:30 heure



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