L’humoriste dans le monde de Titeuf et de ses potes – et du spectacle qui va tourner en Suisse romande.

«Les folies, que ça fait du bien!»

Scène L’humoriste Karim Slama va débouler avec «Titeuf, le pestacle» dès fin août. En coulisse, il nous parle du rire, de l’enfance, de volley-ball, de cuisine.

en quinze ans, Karim Slama a joué seul sur scène, participé aux Revue de Cuche et Barbezat ou à l’émission de radio La Soupe. Ses one-man-show traduits en schwytzertütsch, ainsi que le spectacle Fabrikk lui ont permis, exploit rare pour un Romand, de se faire un nom outre-Sarine. Avant de vivre une nouvelle étape de sa carrière avec Titeuf (l’ado des BD de Zep), le Lausannois se raconte.

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Comment est né ce projet un peu fou?
J’avais envie, à 40 ans, de produire un spectacle d’envergure avec plusieurs comédiens, des marionnettes, de la musique et des projections vidéo. Je me suis demandé quelle histoire ou quel personnage avec une forte identité romande pouvait réunir un très large public et j’ai pensé à Titeuf. En plus, il n’a jamais été l’objet d’un spectacle. Zep, qui aime bien mon univers, a été enthousiasmé par mon idée. Il a apprécié que j’aie écrit une histoire inédite et que ses personnages soient représentés par des marionnettes. Il m’a donné quelques conseils, mais m’a vraiment laissé carte blanche.

Adolescent, ressembliez-vous à Titeuf?
Parfois il m’arrivait, comme lui, de dire «c’est pô juste», de trouver que tout était contre moi. Mais la ressemblance s’arrête là. Étonnamment, j’étais assez discret en classe, je n’ai jamais été un meneur. Je le fais seulement quand je décide de me mettre en avant. J’aurais été inexistant dans un album de Titeuf!

Vos meilleurs souvenirs d’adolescence?
Quand j’ai compris que je pouvais me débrouiller seul. Mes parents m’ont donné beaucoup de liberté car ils avaient confiance en moi. À 15 ans, à Noël, j’ai passé deux semaines de vacances avec des copains dans une caravane près de Villars. C’était très agréable de ressentir de la liberté à cet âge-là, même si j’avais des limites à ne pas dépasser. J’ai également pris conscience de mes responsabilités.

«Le café au bistrot pour démarrer la journée»

C’est à cette époque que vous avez voulu consacrer votre vie à la scène?
Oui, tout en faisant des études d’ingénieur pour me rassurer, ainsi que mon entourage. Lors des premiers matches d’improvisation, je ressentais tellement de plaisir que j’ai voulu en faire mon
métier. Les gens à qui j’en parlais me regardaient en se marrant. Mais comme je suis du signe du Bélier (et ascendant Bélier!), je suis têtu, j’aime aller au bout de ce que j’ai décidé de faire. À 18 ans je jouais un à deux spectacles par semaine dans des troupes professionnelles.

Et vous, qu’est-ce qui vous fait rire?
Tous les petits accidents qui ne font pas mal. Quelqu’un qui se tape, sans gravité, les gens qui se trouvent dans l’embarras. J’aime les situations où l’on peut rire de soi-même. Certains ne sont pas capables de dédramatiser ce qui leur arrive, c’est mon travail de le faire dans mes spectacles.

À part l’humour, d’autres passions?
Quand je le peux, je fais du volley-ball. J’ai repris ce sport après plusieurs années d’arrêt. Cela me permet de côtoyer des gens qui ont des métiers très différents du mien, ça fait du bien de ne pas toujours baigner dans le monde du spectacle. Mais sinon j’ai très peu de temps libre. C’est difficile quand on est indépendant et créatif de ne pas tout le temps travailler, même quand on est à la maison le soir. Actuellement, avec ce spectacle, chaque moment disponible, chez moi, dans le train, au restaurant, est consacré à la comptabilité, à organiser la garde de mes trois garçons, etc.

Avec un père humoriste, vos enfants doivent bien s’amuser!
Pas toujours. Comme je l’ai dit dans un de mes spectacles, je n’ai pas envie de faire rire tout le temps. Je n’aime pas avoir l’impression de devoir travailler. Par exemple, je suis l’un des pires qui soit pour animer un anniversaire. Par contre, j’ai beaucoup de plaisir à me mettre aux fourneaux pour mes fils car ce n’est pas du tout comme si j’étais en train d’exercer mon métier.

«Mon abo de train, c’est ma source de liberté»

Vous êtes un cordon-bleu?
Je suis doué, je maîtrise presque tous les plats! (Rires) Non, sérieusement, je cuisine un peu, un ou deux gâteaux, mais surtout du salé. Ça peut être oriental, asiatique ou suisse: un bon papet vaudois comme du couscous.

Vous avez joué au cirque Knie. Il y a un rapport à l’enfance important chez vous. Auriez-vous le syndrome de Peter Pan?
À 5 ou 6 ans, je créais des spectacles avec des lampes de poche en guise d’éclairage, j’entassais des BD pour figurer des gradins. Quand j’écris maintenant, j’ai le même plaisir créatif que quand je faisais mes petits shows dans mes premières années. Et quand je joue avec mes fils, c’est Karim enfant qui renaît. Les adultes doivent souvent laisser de côté le gamin qui est en eux, mais faire des folies, qu’est-ce que ça fait du bien!

Vous êtes un des rares humoristes romands à vous produire aussi en Suisse alémanique et pourtant vous ne parlez pas la langue !
Oui et ça n’empêche rien ! C’est un défi que je me suis lancé il y a quelques années et maintenant, c’est devenu un automatisme. Je joue dans des très petites salles, mais il  y  a un potentiel de 70 représentations par an. Avant je faisais trois à quatre dates par semaine, c’était trop. Maintenant, je n’en fais pas plus de deux. Qu’on voyage en Suisse alémanique ou à l’autre bout du monde, on séjourne dans des chambres d’hôtels, on défait ses valises, on les refait, et ainsi de suite, ça devient vite pénible.

Quel est votre rapport à la Tunisie, la patrie de votre père ?
Celui d’un observateur. J’y ai des souvenirs d’enfance, j’y ai passé beaucoup de vacances, mais mon premier pays, c’est la Suisse, c’est là que j’ai vécu. Je suis un vrai étranger en Tunisie et je ne parle pas arabe.

Qui sont vos humoristes préférés du moment?
Thomas Wiesel, même s’il est très loin de mon univers, a une écriture superbe qui m’épate. A 25 ans, il connaît très bien la politique. Quelqu’un comme lui peut amener sa génération à s’y intéresser. Sinon, il y a beaucoup de copains humoristes que j’apprécie. Je suis admiratif des gens qui cultivent leur univers et qui le font avec brio.

Vos projets après Titeuf ?
J’aimerais monter un spectacle, peut-être très éloigné de mon univers habituel, avec un ou deux autres comédiens. Je vais également proposer assez rapidement une sorte de best of à la carte où les gens pourront composer leur spectacle comme ils le veulent, je jouerai chaque soir en fonction de leurs envies. Et ça me plairait de refaire un spectacle tout public.

3 dates dans la vie de l’humoriste

1976 Naît à Lausanne, le 16 avril, d’un père tunisien et d’une mère suisse alémanique. Deux sœurs.

2003 «Naissance d’un papa», comme dit l’artiste, avec la venue au monde de son premier fils, Maël.

2016 Première, le 31 août, à Lausanne, de «Titeuf, le pestacle», puis en tournée: titeuf-le-pestacle.ch

Le nouveau spectacle

Sketches

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texte:
Myriam Genier
Photo:
Darrin Vanselow
Publication:
lundi 11.07.2016, 14:10 heure



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