Karin Viard aime passer du tragique au comique dans ses différents rôles.

«Le chocolat suisse me rend dingue!»

La suave Karin Viard est à l’affiche du film «On a failli être amies», qui sort ce mercredi 25 juin en Suisse romande. Rencontre avec une actrice épanouie, qui a un petit côté helvète.

Bande-annonce

Coopération. La nourriture est un puissant aphrodisiaque dans le film...
Karin Viard. D’un coup en effet, le cuisinier interprété par Roschdy Zem me met un petit four extraordinaire dans la bouche. On voit qu’il y a de la séduction, une envie réciproque qui passe par la nourriture. Ça évite la scène d’amour, en fait. C’est très sensuel et très français, la nourriture. On a une culture culinaire très forte.

Vous cuisinez assez volontiers, n’est-ce pas?
J’aime bien faire la cuisine, oui, mais pas des trucs très alambiqués. J’opte pour les choses assez simples, les mélanges de goûts, les bons produits à la base afin d’exhaler les saveurs. Je n’apprécie pas trop les repas en sauce (au vin). Je préfère une très bonne viande avec des aromates. L’ail en chemise, les légumes, les pommes de terre me vont aussi très bien.

Vous avez un lien assez fort avec la Suisse…
Oui, j’ai été élevée par mon grand-père qui était de Vevey. Toute la famille de son côté, ses tantes, ses cousines y sont enterrées. J’aime beaucoup la Suisse. Rien au monde ne vaut ses magnifiques alpages, mais je ne pourrais pas vivre en Suisse. C’est une autre culture, quand même. Je ne m’y sentirais pas chez moi.

Qu’est-ce qui vous manquerait?
J’aime bien la gentillesse des Suisses, leur côté très poli, mais il y a quelque chose que je trouve trop policé. C’est   plus latin chez nous, plus foutraque, âpre, plus râpeux. Je trouve cela moins confortable, mais j’aime profondément. En Suisse, c’est plus doux, plus convenable, plus respectueux de l’autre, des institutions. En France, on est tout le temps en train de bouger le cadre, quoi. Vous, vous êtes très respectueux du cadre. C’est vrai ou pas?

«

J’ai souffert, au théâtre, de metteurs en scène violents, narcissiques»

C’est assez juste, effectivement… Vous y avez passé beaucoup de temps, en Suisse?
Toutes les vacances de mon enfance. J’ai aussi tourné avec le metteur en scène genevois Alain Tanner, que j’adore. Du coup, je suis restée deux mois à Genève, une ville que j’ai beaucoup appréciée. Pour les frères Larrieu, j’ai tourné à Lausanne. Je connais un peu la Suisse, quoi. Et, surtout, vos chocolats me rendent dingue. La prochaine fois, ramenez-en moi! (rires)

Pour en revenir au film, les relations entre femmes sont-elles plus ambiguës que celles entre hommes lorsqu’il y a un homme, respectivement une femme, en filigrane?
Les hommes parlent moins, les femmes sont plus promptes à faire des histoires. Mais chez les hommes, il y a une rivalité plus viscérale. Je vois ça parmi les acteurs. Souvent, entre actrices, il y a une vraie solidarité et la rivalité existe davantage entre un acteur et une actrice qu’entre deux comédiennes.

Vous êtes une des actrices françaises les plus sollicitées et appréciées. Ça crée beaucoup de pression?
Vous faites de moi un portrait très flatteur. Je ne me vois pas comme ça! (rires)  D’abord, ce qui m’importe, c’est ma liberté. De mouvement, de parole. Je suis populaire, certes, mais ça ne m’empêche pas de sortir de chez moi, de faire mes courses. Après, les gens me reconnaissent, mais restent très aimables, respectueux.

«

J’aime ma vie! J’ai la chance de faire un métier que j’adore!»

Certaines activités sont tout de même prohibées, j’imagine?
C’est évident que je ne peux pas aller sur une plage française au mois d’août en maillot de bain, parce que là, c’est l’enfer. Mais j’arrive à organiser ma vie de façon à être libre avec mes amis, ma famille, aller au cinéma. J’aime beaucoup ma vie. J’ai la chance de faire un métier que j’adore. J’espère pouvoir continuer encore longtemps. Je doute un peu de ça, évidemment, et ça génère une certaine anxiété chez moi. Je ne me vois pas comme quelqu’un de nanti, quelqu’un de si extraordinaire qu’on me proposera toujours des rôles.

Votre carrière se singularise par des rôles très variés. Lesquels ont votre préférence?
Je n’en ai pas. Ce qui me plaît, c’est la diversité. Je n’aime pas rejouer sans arrêt le même type de personnage. Si j’ai fait trois comédies de suite, je me réjouis de devoir jouer un drame et inversement.

L’exercice le plus difficile?
La comédie, car il faut être sincère et ne jamais perdre de vue l’objectif qui est de faire rire. Dans un drame, il suffit presque d’être ému soi-même pour que ça passe à l’écran. Dans une comédie, ça demande une couche supplémentaire pour susciter le rire. Il faut rajouter une forme de fantaisie ou un caractère un peu surprenant aux situations pour saisir le spectateur et que ça le fasse rire.

Vous avez déserté les planches, pourquoi?
Chat échaudé craint l’eau froide. J’ai souffert de metteurs en scène violents, narcissiques. Au théâtre, ça peut ne pas être du tout détendu, pas du tout joyeux. Ça m’a été très pénible. Mais en soi, j’adore faire du théâtre, le rapport avec le public. J’en fais avec le metteur en scène argentin Marcial Di Fonzo Bo et c’est un grand plaisir. Il s’amuse avec le texte, ose avoir de fortes audaces. Ce n’est pas quelqu’un qui vous dit: «On ne peut pas jouer tel personnage comme ça!» Cette censure me coupe la chique. Mon capital confiance a été beaucoup meurtri au théâtre.

Portrait

Double César

Bio. Karin Viard est née le 24 janvier 1966 à Rouen, en Normandie. Elle a vécu l’essentiel de son enfance chez ses grands-parents. Elle est mariée et mère de deux filles, Marguerite et Simone.

Récompenses. Elle a obtenu deux Césars à ce jour: celui de la meilleure actrice pour «Haut les cœurs!» en 2000 et celui du meilleur second rôle féminin pour «Embrassez qui vous voudrez», trois ans plus tard.

Le film. Deux femmes (Karin Viard et Emmanuelle Devos) font connaissance dans «On a failli être amies», d’Anne Le Ny. La première découvre le mari de la seconde, cuisinier de son état. Le courant passe, alors que la «légitime» se détache de son époux. Sortie ce mercredi en Romandie

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Didier Walzer

Rédacteur

Photo:
Keystone
Publication:
lundi 23.06.2014, 00:00 heure



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