Tapis rouge pour Roger Federer: depuis qu’il a si souvent gagné Wimbledon, le King, c’est lui.

King Roger: il passe à table

Gourmet Roger Federer apprécie non seulement les bonnes tables, mais il aime aussi parler de nourriture. Il nous raconte ses goûts, son plat le plus étrange. Mais aussi sa famille, la musique et ses films culte.

Roger Federer (35 ans) donne jusqu’à une centaine de conférences de presse par an: il s’exprime avant chaque tournoi, après chaque match, lors des rendez-vous avec les sponsors. On comprend donc qu’il limite les interviews exclusives individuelles. Alors quand il est disposé à en accepter une, c’est le moment de saisir la balle au bond. «Pouvez-vous être à Zurich demain à 10 heures?», nous a demandé son manager Tony Godsick par SMS la veille à... 23 h 50. Et du coup, nous avons profité de l’occasion pour lui poser des questions qui ne tournent pas seulement autour du tennis.

Roger Federer, nous nous rencontrons un samedi matin. Êtes-vous de mauvaise humeur le matin ou déjà en pleine forme?
Avec le temps, je m’améliore. Ce matin, j’étais un peu fatigué, c’est vrai, car nous sommes sortis faire un bon repas hier soir. Et rentrés tard. En plus, je devais préparer mes valises.

Vous les faites vous-même?
(Rires) Je dirais plutôt qu’il s’agit d’une collaboration. Mirka s’occupe de la plus grande partie et je joue le rôle du superviseur.

Ça vous va si nous consacrons une demi-heure à parler, avant tout, de nourriture et de cuisine?
Parler de nourriture, ça me va parfaitement. J’adore manger. Mais pour ce qui est de cuisiner, notamment de cuisiner moi-même… Aïe, aïe, aïe! Je ne suis pas bon du tout dans ce domaine. Peut-être parce que j’ai toujours eu beaucoup de chance dans ma vie: Mirka est très bonne cuisinière. Quand je vivais en colocation avec Yves Allegro, Sven Swinnen ou Michi Lammer, j’étais toujours l’assistant. Je vais donc avoir du mal à parler cuisine pendant une demi-heure. Je crains que vous n’arriviez très vite au bout de vos questions.

Ces derniers temps, vous vous êtes adonné à des activités comme la randonnée ou la piscine. Il serait assez logique que vous vous mettiez aussi à cuisiner!
Bien sûr que j’y serais intéressé. Mais en ce moment, je n’en ai pas le temps. Cuisiner ne doit pas représenter un stress. Quand ma carrière sera terminée, je peux très bien envisager de cuisiner de temps en temps. Faire un bon repas le soir est, pour Mirka et moi, l’occasion de déconnecter quand les enfants sont couchés. Par chance, nous voyageons beaucoup dans le monde entier, ce qui nous permet de goûter souvent de nouveaux plats. J’aime m’adapter aux coutumes locales: en Asie je mange asiatique, en Italie, italien, etc.

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Donc vous mangez beaucoup de fish and chips quand vous êtes à Wimbledon trois semaines?
J’essaie de varier. En Italie, j’aime beaucoup manger de la mozzarella di bufala mais, bien sûr, ce n’est pas possible tout le temps. Sinon, un jour, on pourra me faire rouler sur le court (rires).

Vous devez faire attention à votre ligne?
Aujourd’hui plus qu’hier, c’est certain. Je ne m’entraîne plus autant qu’avant, mais ce n’est pas nécessaire de toute façon. L’important est de bien m’entraîner pour rester en bonne santé.

Où prenez-vous le plus facilement du poids?
Peut-être au niveau du ventre? (Il secoue la tête) Et encore!

La dernière fois que vous avez fait les courses?
Ça fait longtemps. Et c’est dommage, car j’aime me rendre au supermarché. Nous allons toujours faire quelques courses avant une randonnée...

… acheter un gendarme?
Non, plutôt un cervelas ou bien des chipolatas, les enfants les apprécient beaucoup. Surtout parce qu’il faut les griller plus longtemps.

Avez-vous déjà mangé des insectes?
Des insectes, non. Mais des oursins, oui. J’ose tout manger dans les meilleurs restaurants du monde. Avant, cela aurait été plus difficile, j’étais végétarien.

Vraiment?
Oui, c’est vrai. Dans les tournois juniors, on ne nous servait pas toujours de la très bonne viande, alors j’y renonçais bien volontiers. Jusqu’à mes 16 ans environ. En 1998, j’ai rejoint pour la première fois l’équipe suisse de Coupe Davis. C’était contre la République tchèque. Nous étions dans un steak house, j’ai commandé du riz et de la salade. Marc Rosset a cru que je plaisantais. «Franchement, Roger, c’est un steak house ici, tu ne peux pas manger que de la verdure!» Alors, il a commandé dix petits morceaux de différentes sortes de viande. J’en ai vraiment apprécié la moitié. Depuis, je remange de la viande. J’ai découvert le poisson plutôt grâce à Mirka.

«

Je ne peux pas manger de la mozzarella tous les jours. Sinon on pourrait me rouler sur le court»

Qu’avez-vous eu de plus étrange dans votre assiette?
C’était à Paris. J’étais prêt à tout essayer, même les cuisses de grenouille et les escargots. J’avais du mal à croire que j’allais oser. Je me rappelais les escargots avec lesquels nous jouions souvent sur le chemin de l’école. Et là, ils étaient dans mon assiette, et j’ai senti mon estomac gargouiller. Mais avec les sauces, j’ai pu les manger. La sauce à l’ail est particulièrement relevée, on ne sent plus beaucoup le goût de l’escargot.

Avez-vous déjà mangé chez le Suisse Daniel Humm, le meilleur chef du monde, à New York?
Oui, je connais très bien Daniel. Cela faisait longtemps que je voulais aller manger chez lui à l’Eleven Madison Park. Mais ce n’est pas un repas qu’on expédie en une heure. Toute une organisation se cache derrière. Quand nous avons téléphoné, la réceptionniste a pensé qu’il s’agissait d’une plaisanterie.
D’après elle, Daniel Humm était l’un de mes grands admirateurs, et il était impossible que Roger Federer l’appelle en personne. Quand je suis entré dans le restaurant, il m’a observé depuis sa cuisine et n’en a pas cru ses yeux. Puis il s’est mis au travail. Ça a été une expérience formidable. Ensuite, nous avons discuté jusqu’à 2 heures du matin. Il possède aussi un autre restaurant, le NoMad, dans lequel j’aime beaucoup aller.

Buvez-vous du vin en mangeant?
Oui, la plupart du temps. Cela fait partie d’un repas raffiné.

Qui goûte le vin?
Mirka. Elle sait très bien différencier les arômes et les parfums. Elle reconnaît les nuances. Elle a un bon nez.Moi, je dis plutôt si ça me plaît ou pas. Je suis donc content qu’elle se charge de vérifier si le vin a un goût de bouchon. Je pourrais aussi le faire s’il le fallait… mais je suis un peu inquiet devant la pression du groupe.

Collectionnez-vous autre chose que les trophées?
Ah, voilà! On dirait que vous avez épuisé les questions sur l’alimentation... (rires). Autrefois, nous aidions mon père à collectionner les timbres et les opercules de crème. Un jour, il a tout vendu.
J’ai longtemps collectionné les badges d’accréditation que je portais lors des tournois. Mais aujourd’hui, ce n’est plus aussi intéressant parce qu’ils prennent avant une photo de moi quelque part sur Internet. Avant, la photo du badge était prise sur place. C’était alors un vrai témoignage de l’instant présent. Et sinon… peut-être plutôt les chaussures, j’en ai vraiment beaucoup.

Nous avions votre numéro de portable jusqu’en 2003…
… que s’est-il passé ensuite?

Eh bien, malheureusement, vous avez remporté le tournoi de Wimbledon.
Vous m’en voyez désolé (rires). Mais j’espère que vous me comprenez. Aujourd’hui, ce sont peut-être 200 personnes qui le connaissent encore.

Vous êtes en plein cœur de la saison sur gazon. Imaginez que vous soyez sensible au rhume des foins...
À Stuttgart, j’ai vu un joueur de double rentrer au vestiaire, les yeux rouges. Il avait vraiment l’air de souffrir et j’en étais désolé pour lui. J’ai de la chance de ne pas être concerné!

Que vous évoque le gazon?
J’aime son odeur. Il me rappelle l’époque où je jouais au football en équipe junior.

Avez-vous déjà mangé du gazon, comme Novak Djokovic après sa victoire à Wimbledon?
Au sens propre, non. Mais au figuré, récemment, on m’a fait mordre le gazon dès le premier tour du tournoi de Stuttgart…

Roger Federer durant notre interview: «C’est Mirka qui goûte le vin. Elle a un très bon nez. Moi, je dis plutôt si ça me plaît ou pas.»

Combien de fois votre épouse Mirka vous a-t-elle donné des conseils techniques ou tactiques concernant votre jeu?
Au niveau technique, pas souvent. Elle m’aide plutôt mentalement. Elle remarque immédiatement quand je suis stressé, et elle n’hésite pas à me critiquer. Elle m’assiste surtout en matière d’organisation. Même si je dois dire qu’actuellement, Mirka se consacre davantage à son rôle de maman, et qu’elle s’est un peu mise en retrait de mes activités quotidiennes. Ce qui est aussi une bonne chose.

Jouez-vous encore parfois ensemble au tennis? Après tout, Mirka a elle aussi été joueuse professionnelle.
Oui, environ cinq fois par an. Surtout pendant les vacances, quand j’ai envie de rejouer au tennis. Dans ce cas, Mirka intervient au pied levé.

Gagne-t-elle toujours un set contre vous?
Ah ça, non! (rires). De toute façon, nous ne comptons pas les points.

Vous parlez beaucoup de vos enfants pendant vos interviews...
Parce qu’on m’interroge souvent sur ce sujet... (rires)

Cependant, nous n’avons nulle part lu la réponse à cette question: souhaitez-vous d’autres enfants?
Certes, ce sujet n’est pas encore entièrement clos, mais nous y repenserons à la fin de ma carrière.

Qui est prévue pour quand?
Je ne le sais pas moi-même. La situation actuelle nous convient. Nous sommes tous heureux et détendus. Nous profitons énormément du temps passé avec nos quatre enfants.

Avec qui peut-on le mieux faire la fête dans le monde du tennis?
Quand je fais la fête, je la fais à fond. Avec Stan Wawrinka, je m’amuse toujours. Avec Seve Lüthi aussi. Quand il est dans l’ambiance, il se lâche. Je ne peux pas vraiment dire si les autres joueurs sont des fêtards. On se croise davantage sur les courts de tennis que sur les pistes de danse.

Vous est-il arrivé d’avoir la gueule de bois sur un terrain après une soirée?
Sur un terrain de tennis, non. Mais après ma victoire à l’US Open 2005, le dimanche de la finale, je n’ai pas été bien durant quelques jours. Ce n’était pas super drôle. Je n’ai retrouvé un état relativement normal que le jeudi…

Dans quel film auriez-vous aimé jouer le rôle principal?
Je ne me vois pas comme acteur, même s’il m’arrive d’apparaître dans certains spots publicitaires. Il faut connaître ses limites. Les miennes commencent dès qu’il faut apprendre un texte par cœur.

Maîtrisez-vous un instrument de musique?
J’ai commencé par apprendre la flûte à bec, puis j’ai pris des cours de piano. Pas plus tard qu’hier, j’ai joué au piano devant les enfants.

La semaine prochaine, Roger Federer compte parmi les favoris à Wimbledon, qu’il a déjà gagné sept fois!

Vous savez encore en jouer?
Juste un morceau. J’ai bien trop peu pratiqué. Hélas.

La musique que vous préférez?
J’ai grandi avec la musique électro. Grâce à mon ancien entraîneur Peter Lundgren, je suis ensuite passé au rock, j’ai écouté AC/DC, Metallica, Lenny Kravitz, etc. Je les ai tous vus en concert.
Actuellement, j’écoute souvent des morceaux des années 1990 quand je suis à la maison. Ils réveillent immédiatement en moi des souvenirs d’enfance.

Maintenant, vous devez faire un choix. Préféreriez-vous être Justin Bieber ou Lady Gaga?
Comme je ne connais pas très bien Lady Gaga, je préfère dire Bieber.

Préférez-vous «Titanic» ou «Terminator»?
Je m’étais toujours dit que je ne voulais pas voir «Titanic», ce film sentimental. Mais je l’ai regardé et j’admets que c’est un beau film, vraiment impressionnant.

Avez-vous pleuré?
Cette scène où Leonardo DiCaprio glisse dans l’eau et ne remonte plus n’est pas très gaie. Mais je choisis «Terminator». Comme «Rambo», il fait partie des films culte que j’aime souvent regarder.

Pouvez-vous imaginer jouer chez les seniors en interclubs, c’est-à-dire dans le Championnat suisse interclubs, après votre carrière? Comme le font par exemple Marc Rosset ou Jakob Hlasek?
J’y ai déjà pensé. Et pourquoi pas constituer une équipe? Ce n’est pas si aberrant. Je pourrais déjà jouer chez les jeunes seniors aujourd’hui… (rires).

Que dites-vous aux journalistes qui parlaient déjà de l’automne de votre carrière en 2009?
Je les comprends. Comme j’avais remporté tous les tournois du Grand Chelem, les journalistes devaient se renouveler. On peut spéculer à merveille sur un départ en retraite, et le sujet reste inépuisable tant que cela n’a pas eu lieu.

Vous trouvez-vous maintenant à l’automne de votre carrière ou plutôt au troisième printemps?
Le troisième printemps sonne un peu mieux. Mais nous verrons combien de temps je pourrai encore jouer.
Mes admirateurs savent que je continuerai tant que je le pourrai, tant que je prendrai plaisir à jouer au tennis et que cela sera compatible avec ma vie familiale.
Tout ce qui m’arrive désormais n’est pour moi que du bonus, en particulier après mon 18e titre en Grand Chelem, que beaucoup ne me croyaient pas capable de
remporter.

Concours

Des super prix à gagner!

Avec l’aimable soutien de la Fondation Roger Federer, nous mettons en jeu, comme prix principal, une raquette signée du Maître. Des casquettes et des t-shirts, signés, sont aussi à gagner.

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texte:
Andreas W. Schmid et Andreas Eugster
Photo:
Getty Images, imago sportfotodienst, Andreas W. Schmid
Publication:
lundi 26.06.2017, 13:55 heure



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