L’Amérique: quand l’Oncle Sam traverse l’Atlantique

Portraits On n’en est pas toujours conscient, mais les États-Unis influencent considérablement nos vies. À des degrés divers, certains ont adopté l’«American way of life». Rencontres.

On a tous, un jour, rêvé d’être une star du rock. Et peut-être s’est-on même surpris quelquefois à fredonner Love me tender sous la douche. Une belle voix peut parfois offrir d’intéressantes perspectives. A l’instar de Francis Doerr. C’est à l’occasion d’un concours de karaoké que ses talents ont été remarqués par un agent artistique.

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Il n’en fallut pas plus pour le propulser sur la scène. Il avait 23 ans. Depuis, ce thérapeute en réhabilitation indépendant de 51 ans se glisse dans la peau – ou plutôt les costumes – d’Elvis Presley pour animer spectacles, fêtes ou festivals en reproduisant au geste près des shows que le King a donné dans les années 1970. La qualité de ses prestations lui ont même valu plusieurs titres de champion suisse, avant que le concours ne soit supprimé en 2007.
«Quand on est sur scène, face à un public, dans un costume d’Elvis Presley, on est envahi par toutes sortes d’émotions, confie Francis Doerr. Je suis à la fois ému et fier d’avoir le droit d’être là à faire ce que je fais.»


Elvis Presley. Francis Doerr, de Bonstetten (ZH), a été envoûté par la voix du King.

Une île où se retirer

Si elle ne dévore pas sa propre vie, la passion que Francis Doerr voue à Elvis va tout de même plus loin que ses seules prestations scéniques. La voix du King le prend aux tripes. «Quand je l’entends plus rien d’autre n’existe autour de moi. Elvis Presley représente pour moi une île où je peux me retirer quand je suis malheureux ou stressé. Sa voix m’a pris et maintenant elle est là, à l’intérieur de moi.»

www.elvis-in-memory.ch

Sports américains

De la scène au gazon, il n’y a qu’un pas. Baseball et football américain sont les véritables ambassadeurs sportifs des États-Unis. Moins connus que le basket ou le hockey sur glace, ils n’en ont pas moins franchi l’Atlantique. «Beaucoup ignorent qu’il existe un championnat suisse de football américain», affirme Noray Yildiz, de Barbengo (TI), joueur des Lugano Lakers.

Football américain. Noray Yildiz et ses amis jouent depuis quatre ans aux Lugano Lakers.

Fasciné par les rencontres qu’il suivait à la télévision, il a découvert il y a quatre ans l’existence du club luganais. Avec trois de ses amis, il décide de se lancer. D’abord progressivement, en commençant par des entraînements. Peu à peu, l’intérêt se transforme en passion. Après seulement quelques matches, il est devenu coach des «M 16» du club et arbitre national. En plus des règles du jeu, les joueurs ont également assimilé la mentalité américaine. L’esprit qui anime les entraînements et les rencontres est omniprésent dans la vie quotidienne: «Quand nous jouons, le respect de soi et des autres prévaut; nous apprenons à gérer des situations difficiles. Cela me rend plus fort même hors du terrain», confie le jeune électricien tessinois de 22 ans.
Convaincu que le football américain est adapté à tous, surtout aux jeunes, il ajoute: «C’est un sport de contact, d’accord, mais pas violent. On s’amuse beaucoup et on apprend à jouer en équipe.»

www.atfalakers.ch

Rêves d’Ouest sauvage

Quelque part en nous, un cowboy ou une cowgirl sommeille. Celui ou celle qui a peuplé les jeux de notre enfance, qui nous a fait rêver de chevauchées effrénées dans les plaines du Far West. Ce rêve, André Michon l’a réalisé. «J’ai attrapé le virus au Canada, raconte ce vaudois de 73 ans. Je suis arrivé dans un ranch ou de vrais cowboys triaient le bétail. Un des gars m’a demandé si je voulais monter. Comme j’avais vingt ans d’expérience de concours hippiques, j’ai vite attrapé le coup.» De retour en Suisse, il fonde le Ranch du bois d’Archan afin de faire partager son enthousiasme pour la monte américaine (dite aussi monte western). Situé sur une vaste prairie non loin des forêts du Jorat, au-dessus de Lausanne, le ranch fêtera le 5 septembre prochain ses 30 ans d’existence.

Wanted. Tania, Natacha et Fabrice iront aux Championnats du monde de «team penning», en août, à Montpellier.

Wanted. Tania, Natacha et Fabrice iront aux Championnats du monde de «team penning», en août, à Montpellier.
Wanted. Tania, Natacha et Fabrice iront aux Championnats du monde de «team penning», en août, à Montpellier.

Y faire un tour, c’est plonger d’un coup dans la légende: saloon, enclos, box pour les chevaux… Il y a même – pour l’ambiance naturellement – une prison et la cabane du shérif.
Dans le vaste manège, une équipe composée de deux cowgirls (la profession s’est féminisée) et un cowboy s’exercent à trier le bétail dans le but de faire entrer le plus rapidement possible trois génisses dans un enclos: c’est le team penning, discipline où la famille Michon a remporté plusieurs coupes et titres de champions suisses. Aujourd’hui, les deux petites-filles d’André Michon, Natacha, 22 ans, et Tania, 19 ans, font équipe avec Fabrice, alias P’tit Lulu. Chapeaux, gilets, foulards, chaps, chemises et bottes western, ils sont plus vrais que vrais sur leur monture.

L’Amérique, oui, les westerns, non

Le patriarche a su transmettre sa passion à sa descendance. «Quand on pratique la monte western tous les jours, on ne peut qu’être fasciné par l’Ouest américain, les grands espaces, les chevaux sauvages», reconnaît Natacha, qui ajoute: «L’impression est encore plus forte quand on prend la route à 5 heures du matin pour un concours, qu’il fait encore nuit et que l’on écoute de la musique country en roulant dans notre Pick-Up tirant nos 4 chevaux. Là, on se croit vraiment dans un autre pays.»

Natacha, Fabrice et Tania (de g. à dr.) forment une redoutable équipe dans les concours.

Bien que juchée sur Rambo-Midnight, un paint horse de 15 ans, la jeune femme garde cependant les pieds sur terre. Si l’Amérique l’attire, les films western la laissent de marbre: «Voir des cowboys sortir d’un saloon, sauter sur leur cheval et partir au triple galop ne correspond pas à la réalité. C’est Hollywood! Un cheval, c’est un athlète. Avant une épreuve, il doit être chauffé»

Montant depuis l’âge de 7 ans, Natacha sait de quoi elle parle. Le 23 mai prochain au Ranch du Bois d’Archan, elle défendra, avec Tania et P’tit Lulu, le titre de champions suisses remporté l’année dernière avec son grand-père – aujourd’hui retiré des compétitions – et sa sœur. Puis ce sera la grande aventure du 13 au 16 août, à Montpellier, où se dérouleront les Championnats du monde de Team Penning. Des émotions en perspective. «Quand on a 90 secondes pour faire entrer trois génisses d’un troupeau dans un enclos, on a l’adrénaline qui monte. Mais le Team Penning est un sport d’équipe avant tout, et c’est d’ailleurs ce qui rend la discipline unique et passionnante.», avoue la cowgirl du Ranch du Bois d’Archan.

www.bois-archan.ch

Le Ranch du bois d’Archan

Un phénomène de masse

Comme Marilyne Monroe, Elvis Presley et les cow-boys, la Harley-Davidson appartient au mythe américain. La reine des motos «n’est plus un phénomène de niche», affirme Riccardo Borasio, responsable des ventes du garage Sprugasci Motorcycles, à Lamone (TI), un des concessionnaires officiels du fabricant d’outre-Atlantique. «Aujourd’hui, ce ne sont plus des voyous ou des membres de clans proches des Hells Angels qui chevauchent ces machines, continue Riccardo Borasio. Le prototype de l’«Harleyiste maison» est plutôt une personne d’environ 40 ans et plus, qui se met à la moto après un important changement dans sa vie.» Mais il y a aussi une question de coûts: si un modèle standard coûte en moyenne environ 20’000 francs, d’autres, modifiées, peuvent atteindre 110'000 à 120'000 francs.

Harley-Davidson. Le Tessinois Riccardo Borasio a constaté que la reine des motos, de phénomène de niche est devenue un phénomène de masse.

Les rassemblements d’Harleyistes ont largement contribué à faire connaître cet univers et à accroître le nombre de passionnés. Faisant ainsi de la marque mythique un phénomène de masse. «Une tendance que l’on observe au Tessin comme dans le reste de la Suisse, confirme Riccardo Borasio. J’en veux pour preuve les ventes de motos neuves, qui ont augmenté, sans parler du marché de l’occasion et des accessoires.»

Mais la véritable force de la Harley-Davidson réside dans le fait qu’elle peut être personnalisée. Chacun peut «créer» sa propre moto, qui sera unique. «Il est difficile de voir deux motos identiques, parce que la Harley permet une infinité de modifications», souligne Riccardo Borasio.

Un saloon texan à Aarau

Le nom est déjà tout un programme... Et dès que l’on passe le grand portail de la cour, on se croit en plein Far West. Le restaurant «Go West» a tout d’un saloon texan, à l’extérieur comme à l’intérieur. Habillé en cowboy de la tête aux pieds, jusqu’au pistolet à la ceinture, le personnel de l’établissement sert des spécialités américaines. Au menu, hamburger et frites accompagnés du coleslaw (salade de chou) de rigueur sur le nouveau continent, sans oublier les onion rings (rondelles d’oignon frites), les steaks de bison et les spare ribs grillées dans la cour sur la pièce maîtresse de ce restaurant: le barbecue Oklahoma. «Il est au cœur de notre concept d’expérience culinaire», explique le patron, Diego Allemann (36 ans). «Nous voulons être aussi authentiques que possible», précise cet Autrichien de naissance qui préfère être appelé par son prénom.

Saloon. À Aarau, le restaurant «Go West» sert des spécialités américaines. Et ça marche très fort!

Selon Diego, même les clients américains estiment que la décoration et l’ambiance dans son restaurant sont tout à fait réussies. «Ils nous disent que c’est comme chez eux.» Pour ceux qui ne viennent pas des Etats-Unis, un repas à «Go West» sera «comme un voyage au Far West – en moins cher et plus écologique», précise Diego avec un clin d’œil. En tout cas, le concept a la cote: chaque mois, quelque 5000 personnes viennent faire le «voyage en Amérique». «Ce succès, nous le devons beaucoup à nos cowboys et cowgirls qui créent une ambiance détendue», souligne Diego Allemann.

De la vraie musique country

À 59 ans, Roger Fraefel est un fan inconditionnel des Etats-Unis. «Enfant, je jouais déjà au cowboy. J’ai toujours été fasciné par les vastes prairies du nouveau continent, et par les grands espaces qui le caractérisent», explique-t-il. Ce conducteur des transports publics bâlois apprécie tout particulièrement la musique country. Pour lui, la «line dance» est comme un morceau de ce pays rêvé, que l’on aurait transporté en Suisse. En 2008, avec une équipe d’amateurs, il a créé le groupe de danse Basel City Stompers. Depuis, les 20 membres s’entraînent une fois par semaine sous la direction de la chorégraphe Conny Schneuwly, 49 ans. Parfois, elle conçoit elle-même les chorégraphies. Chaque chanson a sa propre suite de pas.

Line Dance. En 2008, Roger Fraefel (À dr.) et d’autres amateurs ont fondé le groupe «Basel City Stompers»

Ken Meisel aime beaucoup danser avec le groupe. À 72 ans, cet Américain de naissance établi en Suisse depuis 45 ans s’est mis à la line dance sur les recommandations de sa femme suisse. Il avait certes déjà assisté à quelques démonstrations de line dance lors de séjours dans son pays natal, mais cela n’avait rien à voir avec les événements organisés ici. En Suisse, la line dance est une pratique encore récente et en évolution, tandis qu’elle existe depuis fort longtemps dans son pays d’origine. Pourtant, «ici, on danse sur de la vraie musique country, alors qu’aux Etats-Unis, l’authenticité s’est perdue», remarque Ken Meisel.

À Seattle comme en Suisse

Coup d’œil diplomatique. L’ambassadrice des États-Unis à Berne, Suzan LeVine, raconte comment elle perçoit les Suisses et ce que son pays pourrait apprendre de notre pays.

Suzan LeVine, 45 ans, est ambassadrice des États-Unis en Suisse depuis le 2 juin 2014. Elle est mariée et a deux enfants.

Suzan LeVine, 45 ans, est ambassadrice des États-Unis en Suisse depuis le 2 juin 2014. Elle est mariée et a deux enfants.
Suzan LeVine, 45 ans, est ambassadrice des États-Unis en Suisse depuis le 2 juin 2014. Elle est mariée et a deux enfants.

Que saviez-vous de la Suisse avant de venir ici?
J’étais déjà venue en Suisse auparavant et avais ressenti ce pays comme un véritable carrefour du monde. J’avais également eu la chance de découvrir ses beaux paysages. En me préparant à ce poste ici, j’en ai appris encore bien plus, à travers des briefings, des recherches et en lisant beaucoup de littérature suisse. Je m’attendais à une nation qui s’engage pour la famille, l’environnement, qui a le sens des responsabilités et qui fait preuve d’une grande inventivité. En ce qui concerne le rapport entre les deux pays, je m’attendais à des liens importants dans les domaines tels que l’économie, la sécurité, la formation et la culture.

La réalité correspond-elle à ce que vous imaginiez?
Elle a largement dépassé mes attentes. Prenant conscience que nos deux pays entretenaient d’étroites relations, je me suis réjouie à l’idée de pouvoir valoriser le fort potentiel de coopération dans les domaines de la sécurité et du développement mais aussi de consolider encore nos liens économiques. Or l’intensité, la portée et la force de ces liens sont bien plus importantes que ce que je m’imaginais et cela se manifeste aussi bien dans le domaine du commerce que dans les investissements mutuels sur nos marchés respectifs, la lutte contre le terrorisme ou les manifestations culturelles organisées dans de beaux endroits.
Quand je repense aux dix derniers mois, je réalise l’étendue de ce que nous avons accompli. Les Etats-Unis ont travaillé en étroite collaboration avec la Suisse, celle-ci assumant la présidence de l’OSCE pendant la crise en Ukraine. Nos deux pays se sont par ailleurs associés afin d’établir une base d’opération et un financement pour le Global Community Engagement and Resilience Fund (GCERF). En outre, lors d’une table ronde des chefs d’entreprise à la Maison Blanche et à l’occasion du sommet SelectUSA Investment, nous avons mis les investissements suisses aux Etats-Unis sur le devant de la scène. Parallèlement, suite à la visite de Madame Biden à Winterthour l’année dernière, les experts et entreprises suisses ont apporté leur contribution et leurs compétences spécialisées au programme «Apprenticeship USA» lancé par le ministère américain du travail.

Qu’est-ce qui diffère de ce que vous attendiez?
Quand on parle de la Suisse, on évoque généralement la ponctualité, le chocolat, le fromage, et la réserve que les Suisses manifestent de prime abord envers les nouveaux venus. J’ai bien retrouvé ici les trois premiers éléments, mais contrairement à ce que l’on m’avait dit, les Suisses ont été immédiatement très chaleureux et d’un abord facile. Je savais aussi que le modèle éducatif suisse se distinguait par son excellence, surtout sur le plan international, mais je ne connaissais rien de la formation professionnelle en Suisse, un système dont je me fais aujourd’hui l’apôtre. J’ai fait en sorte d’en apprendre le plus possible à ce sujet afin de pouvoir en parler aux cadres dirigeants dans mon pays.

Avez-vous ressenti un choc des cultures à votre arrivée en Suisse?
Absolument pas. Dans l’un des premiers articles que j’ai publiés sur mon blog, j’évoquais le nombre incroyable de similitudes entre la Suisse et ma ville natale, Seattle. Par exemple, les Suisses aiment bien la marche et le vélo, tout comme les habitants de Seattle. Les piétons ont aussi le même comportement aux passages cloutés: lorsque le feu est rouge, nous attendons patiemment, même quand il n’y a aucune voiture en vue. Par ailleurs, l’Etat de Washington, comme la Suisse, repose sur un système combinant régime représentatif et démocratie directe.

Aimez-vous vivre en Suisse?
Je dois avouer que mes amis des Etats-Unis, qui sont maintenant à plusieurs fuseaux horaires de distance, me manquent beaucoup. Toutefois, mon expérience ici en Suisse est extraordinaire et j’essaie d’engranger autant que possible d’informations, de connaissances et de culture. Ma famille et moi avons désormais de nombreux amis ici. C’est une expérience formidable.

Avez-vous une région préférée en Suisse?
J’ai eu maintes occasions de parcourir la Suisse et, bien que les distances ne soient pas très grandes, j’étais étonnée de constater la diversité qui caractérise ce pays ainsi que les particularités de chaque région. J’habite à Berne, qui est une ville merveilleuse possédant une grande richesse culturelle et une architecture historique dans un cadre magnifique.

Qu’est-ce qui vous manque ici?
Pour tout dire, je n’ai guère le temps de réaliser ce qui peut me manquer. Mais je dirais probablement que ce sont mes amis de Seattle qui me manquent le plus, ainsi que la possibilité de regarder les manifestations sportives à une heure normale (neuf heures de décalage horaire séparent Seattle de la Suisse).

Qu’appréciez-vous particulièrement en Suisse?
Il y a tant de choses que je ne sais pas par quoi commencer... Je citerais peut-être en premier lieu la nature. Ici, les centres urbains et la nature sont incroyablement proches. Les lacs magnifiques et les majestueux sommets sont situés à moins d’une heure de trajet de la ville. Le respect pour la nature et sa préservation sont même inscrits dans la Constitution, l’article 88 abordant par exemple la protection des sentiers de randonnée.
Je suis également très impressionnée par le niveau d’inventivité et de créativité que les Suisses mettent en œuvre pour résoudre des problèmes. Beaucoup agissent selon la devise suivante: quand on a besoin de quelque chose qui n’existe pas, il suffit de l’inventer.* Enfin, j’apprécie énormément les transports publics. Lorsque je parcoure le pays, il me semble  souvent plus rapide de prendre le train que la voiture.

Qu’est-ce que vous n’aimez guère voire pas du tout?
Quand je vis ou que je voyage en pays étranger, je ne pense pas en ces termes-là, je ne cherche pas ce que j’aime ou n’aime pas, mais  m’intéresse plutôt aux différences et à ce que l’on peut apprendre les uns des autres.

Qu’est-ce qui existe en Suisse que vous aimeriez «importer» aux Etats-Unis?
Je pense que les Suisses accordent de l’importance à la diversité des compétences parmi les collaborateurs. Ils comprennent qu’il est très productif d’employer des personnes issues aussi bien de formations professionnelles que de formations universitaires. Tous contribuent à relever les défis de l’entreprise grâce à leurs différents savoirs. Nous n’en sommes pas encore là aux Etats-Unis mais nous sommes sur la bonne voie: l’apprentissage est de mieux en mieux considéré. En collaboration avec nos partenaires ici en Suisse, l’ambassade des Etats-Unis à Berne soutient les efforts de l’administration Obama dans la mise en place de programmes de formation professionnelle dans tous les Etats-Unis.

Qu’est-ce que la Suisse pourrait apprendre des Etats-Unis, et vice versa?
Les deux pays se distinguent par leur sens de l’innovation, chacun à sa manière et avec ses atouts propres, un peu comme deux saveurs de glace, vanille et chocolat par exemple. D’un côté, la Suisse incarne la précision et la qualité. De l’autre, la culture américaine accepte la prise de risques et la possibilité d’un échec, car l’on ne peut innover sans prendre de risque.
Les deux démarches présentent des avantages qui, lorsqu’on les combine, engendrent de nouvelles possibilités de développement de l’innovation. J’estime qu’il est utile pour nos deux pays de tirer des leçons de leurs approches respectives et d’associer nos capacités en matière d’innovation.

Percevez-vous les Suisses comme plutôt américanophiles ou plutôt anti-Américains?
Ce que j’ai pu constater lors de mes entretiens avec des Suisses de toutes classes sociales, c’est qu’ils ont une vision très nuancée de l’Amérique, de sa politique et de son rôle dans le monde. Nombre d’entre eux évoquent leurs vacances ou leurs expériences professionnelles aux Etats-Unis, les amis qu’ils ont rencontrés là-bas, l’élan et le dynamisme dans le monde des affaires ou encore la beauté des parcs nationaux.

La Suisse et les Etats-Unis ont-il des points communs? Si oui, lesquels?
Nous avons beaucoup en commun, et notamment le fait que nous partageons le même ADN citoyen, les mêmes valeurs fondamentales de liberté, de démocratie et de droits de l’Homme. Nos deux nations favorisent l’innovation à travers le développement technologique et la croissance économique.

Qu’est-ce qui vous rappelle votre pays natal ici?
Depuis ma maison à Seattle, quand il fait beau, je peux voir les cimes des Olympic Mountains. Depuis mon domicile actuel à Berne, lorsque la vue est dégagée, je vois l’Oberland bernois et les Alpes. Cette proximité avec la nature favorise le respect de l’environnement dans les deux sociétés. A ce propos, la pluie de l’été dernier m’a aussi rappelé mon pays natal. D’un point de vue statistique, le niveau annuel de précipitations est quand même plus important à Berne qu’à Seattle. Toutefois, mon mari et mes enfants m’ont fait observer que les jours pluvieux sont plus nombreux à Seattle qu’à Berne.

Comment vivez-vous les relations tendues entre les Etats-Unis et la Suisse en ce qui concerne les problèmes survenant dans le monde de la finance?
Je pense que l’affaire récente avec la banque BSI montre que nous nous rapprochons d’une solution et que nous pourrons bientôt «tourner la page». Dès que toutes les banques du programme auront accompli ce processus, cette histoire sera définitivement classée et nous pourrons regarder vers l’avenir.

Avez-vous ressenti une certaine hostilité liée à ce sujet?
Je n’ai remarqué aucune marque d’hostilité à mon égard sur ce sujet. Mon rôle, et celui de l’ambassade, consiste à promouvoir le dialogue entre les parties prenantes suisses et américaines. Tout au long de la procédure, nous avons parlé avec les groupes d’intérêt et les autres individus concernés en Suisse; tous nous ont fait part de commentaires constructifs que nous avons communiqués au Department of Justice (Département de la Justice) et inversement.

Suzan LeVine, 45 ans, est ambassadrice des États-Unis en Suisse depuis le 2 juin 2014. Elle est mariée et a deux enfants.

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Jean Pinesi

Rédacteur

Texte réalisé avec la collaboration de Noëmi Kern et Mirko Stoppa.

Photo:
Christoph Kaminski, Lucian Hunziker, Alamy, Darrin Vanselow, Peter Mosimann/U.S. Embassy Bern
Publication:
lundi 18.05.2015, 16:00 heure



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