L’Égypte renaît: oubliés les événements de 2011, le tourisme relève la tête

Reportage La destination des pharaons relève la tête. Cette oasis diversifiée possède les atouts pour séduire tous les types de visiteurs.

Carte: Janina Noser

Carte: Janina Noser
Carte: Janina Noser

Selon Samy Mahmoud, N° 2 du ministère égyptien du tourisme, le pays est reparti de l’avant: «On était assez loin, en effet, en raison des événements de ces dernières années.»
Logiquement, ce sont les stations balnéaires d’Hurghada et de Sharm el-Sheikh, en mer Rouge, qui caracolent en tête du nombre de visiteurs, car elles ont été épargnées par les soubresauts politiques, alors que les vestiges culturels se refont progressivement une santé. Sur place, les hôteliers notamment apprécient dans le nouveau pouvoir sa vision à dix-quinze ans pour le tourisme, un engagement jamais pris auparavant selon eux. Samy Mahmoud espère entre 11 et 12 millions de visiteurs cette année et 20 millions à l’horizon 2020. Les Russes sont les plus nombreux (3,2 millions en 2014), surtout à Hurghada et Sharm el-Sheikh, suivis des Britanniques (900 000) et des Allemands (800 000).

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Les Suisses, clients appréciés

Les Suisses ont été entre 130 000 et 150 000 l’an dernier, dont 80% en mer Rouge. «Si vos compatriotes sont relativement peu nombreux, ils dépensent davantage que les autres nationalités», affirme le N° 2 du tourisme égyptien. Dans cinq ans, il table toutefois sur près d’un demi-million de visiteurs helvétiques. Les Chinois (61 000 en 2014), férus de culture – ils sont déjà bien servis chez eux –, raffolent de Louxor et d’Assouan. Leur nombre devrait doubler jusqu’à fin 2015.
Au niveau du développement, un nouveau musée, au pied des pyramides du Caire, ouvrira en 2017. Il s’annonce comme le plus grand du Moyen-Orient. Le musée actuel (voir page 89), place Tahrir, demeurera avec son masque de Toutankhamon. L’édifice à venir est destiné à accueillir des pièces de collection qui ne peuvent être présentées au musée actuel par manque de place. Parmi les spécialisations du tourisme égyptien, les safaris, surtout dans le désert occidental, sont en essor.
Le secteur des affaires (congrès d’entreprises, réunions internationales) gagne en importance dans les stations à l’hôtellerie haut de gamme d’Hurghada, de Sharm el-Sheikh et de Marsa Alam. Quant à la plongée en mer Rouge, elle est toujours très tendance à Hurghada et Sharm el-Sheikh. Deux millions d’adeptes des profondeurs s’y rendent chaque année.
Voyage réalisé avec le soutien du tour-opérateur spécialisé www.destinations-egypte.ch

Le site de Gizeh

Le plateau de tous les superlatifs

Gizeh représente le début de la civilisation des pharaons. La grande pyramide (146 m de haut) Chéops pèse six millions de tonnes! On est aujourd’hui incapable de construire une pyramide de cette précision. Quarante-cinq siècles durant, elle a été l’édifice le plus élevé du monde avant la construction de la tour Eiffel. Il y a 94 pyramides en Égypte (dix à Gizeh) et l’entrée est située au nord. Chéphren mesure 143 m et la plus petite, Mykérinos, 66 m. Lors de son passage ici, Napoléon avait calculé que, si l’on démontait Chéops, on arriverait à entourer la France d’un mur de trois mètres de haut avec les blocs de pierre de la pyramide. Cocasses, des policiers à dos de chameau patrouillent sur les lieux.
En bruit de fond, le grondement du Caire (18 millions d’habitants).

Les pyramides de Gizeh, porte d’entrée de l’Égypte antique.

Abou Simbel

Le soleil deux fois l’an

Les colosses du temple principal d’Abou Simbel admirent ou gardent le lac Nasser. C’est selon l’interprétation. Il a fallu un siècle pour désensabler le monument orienté vers l’est. À l’origine, lorsqu’il se trouvait quelques dizaines de mètres plus bas, le soleil illuminait l’intérieur le 21 février et le 21 octobre. Depuis qu’il a pris de la hauteur et été sans doute un brin décalé – un travail de titan réalisé dans les années 1960 –, l’événement se produit le 22 février et le 22 octobre… Dans le grand temple, les murs et les plafonds sont tapissés de hiéroglyphes et de fresques.

Alexandrie

De faux airs de Nice

La ville, à qui Alexandre le Grand a donné son nom, et qui fut un temps roi d’Égypte, compte 4,5 millions d’habitants. C’est la deuxième cité du pays après Le Caire.
Quelque 80% des importations arrivent au port – le premier d’Égypte – et 55% des exportations en partent.
Le Phare d’Alexandrie, l’une des sept premières merveilles du monde, s’élevait à la place de la forteresse actuelle.
On en a retrouvé des vestiges dans la mer, à quelques encablures de son emplacement original. Les délicieux restaurants de poissons avec pieds dans la Méditerranée ne manquent pas. Les cafés sur la corniche, qui lui donnent de faux airs de Nice, font le succès d’Alexandrie.
Mais un chauffeur impeccable est indispensable pour ne pas s’arracher les cheveux dans le trafic dense et impétueux! Alexandrie est aussi célèbre pour sa bibliothèque (photo), qui a brûlé en 47 avant Jésus-Christ. On estime qu’à cette occasion l’humanité a perdu 1000 ans de connaissances… Désormais hypermoderne, elle possède la plus grande salle de lecture au monde.

Edfou

Le temple le mieux conservé d’Égypte

L’impressionnant temple d’Edfou, en l’honneur du dieu Horus, est le mieux conservé de toute l’Égypte pour la simple et bonne raison qu’il était entièrement recouvert de sable. L’immense cour à ciel ouvert, ses colonnes somptueuses et gravées en font sa spécificité. L’accès en calèches tirées par des chevaux au départ du Nil constitue la cerise sur le gâteau.
La ville de 40 000 habitants assez pauvre est réputée traditionnelle. À noter que la dernière pluie digne de ce nom au sud de l’Égypte remonte à… 1994!

Louxor

La vallée des merveilles

La Vallée des Rois est un must pour qui veut voir des tombes et tombeaux bien conservés, agrémentés de peintures et gravures très colorées; ils donnent une idée assez précise de la manière dont se présentaient les temples. La tombe de Ramsès III est assurément la plus belle en termes de préservation des couleurs, suivie de près par celle de Ramsès IV.
Lorsqu’on admire d’autres monuments de l’Égypte ancienne, qui ont perdu leurs couleurs avec le temps, on imagine la splendeur qu’elle devait avoir, parée de tels atours. Sur l’autre rive du Nil, le temple de Louxor (l’ancienne Thèbes – photo) est particulièrement joli à la tombée de la nuit, qui lui confère une atmosphère magique.
Quant au complexe religieux de Karnak, à proximité, il est littéralement mystique avec ses colonnes gigantesques, dont on dirait qu’elles touchent le ciel.
Les deux sanctuaires étaient reliés par une allée (longue de plus de 3,5 km) de sphinx à tête humaine côté Louxor et à tête de bélier côté Karnak. Un light show au clair de lune est proposé à Karnak.

Le musée du Caire

Un voyage dans le temps

Le musée du Caire, inauguré en 1902, représente un voyage dans le temps. Quand on y pénètre, on se retrouve au début du XXe siècle. L’atmosphère qui s’en dégage, sa sérénité, l’entreposage des reliques, une sorte de torpeur, tout plonge le visiteur dans une BD de Tintin. Pour l’anecdote, le musée se trouve place Tahrir où a éclaté la révolution de 2011.
Le trésor de Toutankhamon et son fameux masque (photo) est, sans surprise, la salle la plus visitée. On resterait des heures devant ce masque de 11 kg d’or massif, à le regarder dans les yeux.
La section des animaux momifiés – perches du Nil gigantesques, crocodiles – est parallèlement incroyable. Il faut par ailleurs savoir que les Égyptiens empaillaient aussi leurs animaux domestiques.

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Didier Walzer

Rédacteur

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Publication:
lundi 24.08.2015, 14:50 heure

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