Line Muller (33 ans) est heureuse de pouvoir allaiter sa fille Zia (6 mois).

L’allaitement: un apprentissage

Encouragé par les professionnels de la santé, l’allaitement nécessite un savoir-faire et une grande disponibilité des mamans. Au travail, elles ont droit à des pauses rémunérées pour tirer leur lait ou allaiter.

Sylviane Delacrétaz, infirmière petite enfance, responsable régionale.

Sylviane Delacrétaz, infirmière petite enfance, responsable régionale.
Sylviane Delacrétaz, infirmière petite enfance, responsable régionale.

Le lait maternel répond aux besoins de bébé. «Il lui apporte tous les nutriments, facteurs de croissance et facteurs immunitaires nécessaires», explique Sylviane Delacrétaz, infirmière petite enfance. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande l’allaitement exclusif durant les six premiers mois de vie d’un enfant.

Line Muller (33 ans) est maman d’une petite Zia, âgée de 6 mois. Cette Lausannoise a choisi de l’allaiter: «Je n’y ai pas beaucoup réfléchi, ça me semblait naturel. Et j’avais envie de vivre cette expérience.» Tout s’est bien passé. La jeune femme a eu du colostrum (ndlr: liquide produit par les glandes mammaires en fin de grossesse) et sa fille a tété dans les heures qui ont suivi sa naissance. Mais il a fallu un peu de temps pour que l’allaitement se transforme en beau moment. «Au début, ça me faisait mal. J’ai dû apprendre à bien positionner Zia et à la faire téter jusqu’à ce qu’elle soit rassasiée, pour qu’elle tienne entre deux tétées. J’ai eu des crevasses et des saignements aux seins. Grâce aux conseils des sages-femmes, aussi bien à la maternité qu’à la maison, les problèmes se sont
assez vite résolus.» L’allaitement fluctue: «Ce n’est pas tous les jours facile, tout comme ne l’est pas l’alimentation au biberon», confirme Sylviane Delacrétaz.

La relation mère-fille durant la tétée s’est construite au fil des semaines entre Line Muller et Zia. «Au début, c’était très animal. J’avais l’impression de n’être qu’un garde-manger… Affamé, mon bébé se ruait sur moi. Puis, petit à petit, quelque chose d’autre s’est installé. Quand Zia s’arrête de téter et me regarde avec des airs lunaires pleins d’amour avant de me faire un sourire, le lien devient intense et privilégié», témoigne la jeune femme. Psychologue en milieu scolaire, elle reprendra son activité professionnelle à la rentrée. Elle s’en réjouit, mais appréhende la séparation: «On verra bien… Si je peux continuer à l’allaiter tant mieux.»

Ce mode d’alimentation ne convient pas à toutes les mamans, ni à tous les bébés. «Les infirmières petite enfance répondent aux besoins et demandes des mamans et les accompagnent au mieux. Nous ne sommes pas là pour les juger, ni les culpabiliser», souligne Sylviane Delacrétaz.

Où allaiter? C’est culturel et personnel, selon l’infirmière. Il arrive à Line Muller de nourrir Zia dans des lieux publics: «J’ai vite compris que si je voulais ne pas rester constamment à la maison, il fallait que je puisse l’allaiter ailleurs.» Elle s’est lancée, en commençant par s’installer dans un tea-room peu fréquenté et confortable. Elle a d’abord mis une petite couverture sur elle et son bébé, pour rester discrète. Au fil du temps, elle est devenue plus à l’aise: «Plusieurs personnes, surtout des dames âgées, m’ont dit qu’elles trouvaient beau de nous voir. Ça les touche car ça leur rappelle de bons souvenirs.» Il lui est arrivé une fois d’avoir une remarque négative: «C’était lors d’une soirée entre amis. L’un des invités était gêné de me voir allaiter.»

La prochaine semaine mondiale de l’allaitement maternel aura lieu du 13 au 20 septembre en Suisse. Son thème sera: «Allaiter – un but gagnant pour la vie».

Conseils

Pour que la tétée se déroule au mieux

  • Garder en tête qu’il y a plusieurs façons d’allaiter, que chaque expérience est différente en fonction du bébé, des parents et du contexte de vie.
  • Eviter de se comparer aux parcours d’autres mamans.
  • Prendre en compte le fait que l’allaitement évolue et s’apprend jour après jour. Tout ne sera pas forcément parfait dès la première tétée!
  • Savoir que des douleurs aux seins sont fréquentes les premiers jours.
  • Rechercher la présence et le soutien de l’entourage et compter sur les compétences des professionnels de la santé dans sa nouvelle vie de maman.
  • Prendre le temps de découvrir les différentes positions d’allaitement.
  • Observer son bébé au fil de la tétée pour s’assurer qu’il tète bien.
  • En cas de crevasses, de douleurs ou tout autre problème, prendre contact avec une sage-femme ou une infirmière petite enfance.

«Pas facile de demander ses droits»

Les mamans qui travaillent ont droit à des pauses rémunérées pour tirer leur lait ou pour allaiter leur bébé. Encore faut-il le savoir et oser en bénéficier.

Giovanna Garghentini Python et son équipe conseillent les femmes.

Depuis le 1er juin, en Suisse, la rémunération des pauses d’allaitement est réglée de manière uniforme. Peu importe où a lieu l’allaitement. Durant la première année de la vie de l’enfant, une maman a droit à soixante minutes au minimum pour allaiter ou tirer son lait durant une journée de travail de plus de quatre heures. La réaction de Giovanna Garghentini Python, la directrice d’espacefemmes, à Fribourg.

Coopération. Les femmes sont-elles bien informées sur leurs droits en matière d’allaitement à la reprise du travail?
Giovanna Garghentini Python. Je ne le pense pas. Je suis maman de trois enfants et j’ai le sentiment que l’on parle beaucoup de l’accouchement, mais peu de ses suites. L’accompagnement des mères pourrait être meilleur.

Comment?
Nous distribuons au nom d’espacefemmes des dépliants aux sages-femmes. Mais lorsqu’on vient d’accoucher, il est clair que l’on est dans une bulle, heureuse avec son bébé, et qu’on a autre chose en tête que la reprise du travail… Peut-être que les infirmières petite enfance pourraient donner des
informations aux mamans, même si elles n’en demandent pas. Quatorze semaines de congé maternité, c’est très vite passé…

Ensuite, on peut allaiter sur sa place de travail.
Oui. Mais la loi est une chose, la réalité en est une autre. L’employeur doit mettre un local adéquat à disposition pour l’allaitement. Mais ce n’est pas toujours possible. Et ce n’est pas facile pour les femmes d’oser demander leurs droits. Après le retour du congé maternité, elles ont peur d’être licenciées.

Rares sont les employeurs qui sautent de joie au moment d’un congé maternité…
Je ne comprends pas cela. On reçoit des allocations pour pertes de gain quand une collaboratrice a un bébé. On peut la remplacer, ça ne coûte rien à l’entreprise. Et si elle aime son travail elle revient. Les hommes s’absentent bien pour le service militaire et on ne s’en plaint pas!

Dans le domaine du conseil juridique, intervenez-vous auprès des employeurs?
ça dépend des cas. Si la femme est d’accord, notre juriste peut passer un coup de fil à l’employeur. Parfois, cela suffit à régler la situation. Certaines petites entreprises n’ont pas toujours connaissance des lois et de leurs devoirs.

www.espacefemmes.org

www.allaiter.ch

Allaitement dans les lieux publics: choquant? Donnez votre avis ci-dessous!

Commentaires (8)

Merci pour votre commentaire

Ce commentaire comprend-il des contenus douteux?

Le texte va être contrôlé et éventuellement adapté ou bloqué.

Votre commentaire

Vous n'avez pas encore écrit de commentaire!

Ce champ doit être complété. Merci.

Champ obligatoire
Ce champ doit être complété. Merci.





Veuillez recopier le code de sécurité:

$springMacroRequestContext.getMessage($code, $text)






Merci de prendre connaissance de notre charte et ne manquez de respect à personne!

Joëlle Challandes

Rédactrice

.

Photo:
Darrin Vanselow; Charly Rappo/Arkive.ch, SP
Publication:
lundi 21.07.2014, 17:23 heure



Login mit Coopzeitung-Profil

Fermer
Fehlertext für Eingabe

Fehlertext für Eingabe

Mot de passe oublié?