On ne s’inscrit pas à un atelier d’écriture pour devenir forcément écrivain, mais plutôt pour découvrir son noyau créatif.

L’écriture des mots pour s’épanouir

Belle plume L’écriture n’est pas réservée aux écrivains. Mettre des mots sur ses pensées ou son ressenti est à la portée de chacun. Il suffit d’oser se lancer. Les ateliers d’écriture peuvent être de bons tremplins.

L’écriture est souvent liée à de douloureux souvenirs d’école: rédaction sans inspiration, dissertations inspirées, mais mal notées. Alors, sitôt sortis du parcours scolaire, l’écriture est reléguée à un usage de contrainte. On sort sa plume ou son clavier pour écrire à son assureur, à son banquier, au service clients d’une enseigne. Quel gâchis! Car l’écriture est un moyen simple et rapide de se connaître, et de faire ressurgir des émotions enfouies. Comment se réconcilier avec l’écriture? Et s’y adonner avec plaisir, au point d’intégrer cette activité solitaire dans son quotidien? C’est dans un atelier d’écriture qu’on peut espérer trouver les réponses.

Offre abondante

Les ateliers d’écriture sont en vogue en Suisse romande et se déclinent en différents formats: journées découverte, stages d’un week-end ou d’une semaine, soirées hebdomadaires au long cours. «Les gens ne s’inscrivent pas à des ateliers d’écriture pour devenir écrivains, mais pour découvrir leur noyau créatif, comme un peintre sa palette de couleurs», explique Carla Fragnière Filliger, ex-enseignante sexagénaire qui s’est formée – à Paris notamment – pour animer des ateliers d’écriture à Neuchâtel et à Genève. «L’écriture doit s’affranchir des conventions et des acquis scolaires pour acquérir sa touche personnelle. Elle peut alors devenir un véhicule entre soi et soi. Ce qui m’intéresse, c’est de faire comprendre aux gens que l’écriture peut les rapprocher d’eux-mêmes.»

Carla Fragnière Filliger, animatrice d’ateliers d’écriture

«

L ’écriture peut rapprocher les gens d’eux-mêmes »

Écriture «plaisir»

Ils y parviennent d’autant mieux s’ils admettent qu’écrire, c’est tout simplement recourir au langage «écrit» pour délivrer tout ce dont ils sont porteurs. «On peut prendre du plaisir à écrire sans s’impliquer forcément sur le fond», précise Carla Fragnière Filliger.

Ceux qui ont renoué avec l’écriture «plaisir» au quotidien sont formels: se donner du temps pour déposer sur un cahier ou dans un ordinateur son écume des jours devient vite un besoin. «Le travail d’introspection accompagné de l’acte d’écriture apporte un mieux-être, une prise de conscience, une compréhension des erreurs et une satisfaction personnelle», affirme Laure d’Astragal, animatrice d’ateliers d’écriture et auteure d’une méthode en 200 exercices pour écrire sa vie et mieux se connaître. Sans oublier que cela permet aussi de tourner – au propre et au figuré – la page sur les événements désagréables…

Liste des ateliers d’écriture en Suisse romande
Atelier d'écriture de Carla Fragnière Filliger

Ateliers: comment ça se passe? 

’animateur/animatrice de l’atelier d’écriture invite les participants à se présenter. La dynamique de groupe est importante pour soutenir les efforts individuels. Puis il/elle délivre des consignes: thème, forme, longueur, etc.

Fixer un cadre permet de déjouer l’obstacle de la page blanche. Curieusement, la contrainte libère l’écriture, au début en tout cas.

Chaque participant se lance ensuite dans l’écriture pendant un temps donné, puis fait entendre aux autres ce qu’il a écrit. Ces lectures à voix haute suscitent des échanges et des questions. Mais jamais de jugements. Les textes progressent en fonction des objectifs fixés par l’animateur de l’atelier. Les propositions d’écriture sont simples au début. S’apparentant à des jeux, elles permettent de lever les peurs et les résistances. Les participants réalisent qu’il n’est pas nécessaire de disposer d’une syntaxe sophistiquée pour trouver les mots qui véhiculent émotions et ressenti.

«

L’acte d’écriture apporte un mieux-être  »

Laure d’Astragal, auteure d’une méthode en 200 exercices pour écrire sa vie

À lire: «J’écris ma vie pour mieux me connaître», Laure d’Astragal, Albin Michel, 2014.

Exercices en atelier

  • Faire une liste de «choses qui font battre le cœur»: des moineaux qui nourrissent leurs petits. Passer devant un endroit où jouent des enfants. Se coucher dans un lit qui vient d’être changé et dont les draps sentent la lavande. Le sourire «hommage» d’un inconnu dans la rue. Le téléphone qu’on attendait. L’achat d’un vêtement qui nous transforme et qu’on revêt tout de suite.
  • Établir une liste de ce à quoi «je dis non»: non aux tondeuses à gazon le dimanche matin, aux incivilités dans l’autobus, à ma boulangère qui ne me regarde jamais dans les yeux, aux plages bondées…
  • Faire une liste de phrases commençant par: «L’heure où…», «Par la fenêtre, je vois…», «Cherche…»
  • Se raconter en cinq objets.

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Véronique Châtel

Rédactrice, Paris

Photo:
Alamy, SP
Publication:
lundi 10.11.2014, 15:30 heure



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