Dominique Streit (à g.) et ses collaborateurs récoltent près de 380 tonnes de kiwis bio par saison.

L’exotisme d’un fruit local de saison

Bio Loin de débarquer d’un pays lointain, le kiwi bio pousse bel et bien sur les bords du lac Léman. Visite dans les plantations.

C’est un curieux ballet qu’on aperçoit à quelques enjambées du lac Léman. Plus précisément du côté d’Allaman, sur les plantations des Domaines de la Pêcherie et la Frésaire. Car ici point de pommes. Ni même de vignes. Non, ici on récolte des kiwis bio sur 14 hectares et, bien qu’on ne le sache pas forcément, ça fait trente ans que ça dure.

Le kiwi a besoin de froid

La tête dans les feuillages, Romain, Gilles, Fernando et les autres n’auront de cesse, trois semaines durant, de cueillir à la main les 380 tonnes de récolte prévue. «C’est le taux de sucre du fruit qui donne le coup d’envoi, souligne Dominique Streit (60 ans) gérant des lieux et ingénieur agronome. Il doit se situer entre 6 et 8%. On est bien là, mais on a une dizaine de jours de retard. La cause? Il n’a pas fait assez froid!» Paradoxal direz-vous pour un fruit… exotique? Pas du tout. «Bien sûr, le kiwi a besoin de soleil, mais aussi de froid. Le soleil lui permet de fabriquer des chaînes d’amidon. Or, pour se transformer en sucre, cet amidon a besoin d’une enzyme qui s’active avec le froid. Si on résume: pas de soleil pas d’amidon; pas de froid pas de sucre.»

«

C’est le taux de sucre du fruit qui donne le coup d’envoi de la récolte»

Dominique Streit, ingénieur agronome

Trois décennies en bio

Dominique Streit l’avoue: le choix du bio a été évident de par le lieu d’implantation. «Il n’existe pas d’autres productions agricoles autour de nous qui risqueraient d’utiliser des produits conventionnels. Ce site n’a donc connu aucune pulvérisation chimique depuis trente ans.»
Il suffit d’ailleurs de s’asseoir, d’observer et d’être à l’écoute. Oiseaux, insectes et petits animaux mènent tranquillement leur vie au sein d’un écosystème. «Évidemment le rendement n’est pas le même que dans des exploitations acquises au concept du tout chimique. Nous récoltons 20 à 25 tonnes de kiwis bio par hectare contre 50 tonnes de kiwis dans une exploitation normale. C’est un choix qualitatif, mais aussi philosophique et environnemental.»
Un agronome passionné de développement durable, des fruits locaux de saison, des consommateurs engagés pour qui la qualité et le respect de l’environnement sont importants: les kiwis bio vaudois représentent plus de 80% de la production suisse de kiwis.

Kiwi: plus de vitamine C que l’orange

Hop au frigo!

Lors de la cueillette, les kiwis sont durs. Ils sont donc placés dans des chambres froides. À la maison, n’hésitez pas à les laisser plusieurs jours dans le réfrigérateur pour qu’ils mûrissent (ils se conservent même plusieurs semaines). Pour les faire mûrir plus rapidement, placez-les à côté de pommes et de bananes, deux fruits qui accélèrent le processus de maturation grâce à leur émission d’éthylène. Côté bien-être, le kiwi contient davantage de vitamine C que l’orange. C’est donc un allié de taille. Astuce pour le goûter des enfants: congelez des tranches de kiwi au bout de petits bâtonnets. Une fois gelés, trempez-les dans du chocolat fondu et remettez-les au congélateur. À servir comme une friandise.

Les plus grands producteurs de kiwis:

La Suisse en 16e place (2012)