Une Vespa 125 à phare 
bas de 1954: un rêve pour rouler en couple.

L’icône italienne qui a conquis le monde 

Personne n’imaginait, en 1946, que la petite mobylette deviendrait un objet culte, vénéré par plusieurs générations. Pourtant, la Vespa avait déjà tout pour séduire.

Elle soufflera ses 70 bougies dans deux ans. Pourtant elle ne fait pas son âge: le temps ne semble pas avoir de prise sur ce scooter mythique. Présentée pour la première fois au Salon de Milan, en 1946, la Vespa connut un succès immédiat. A ce jour, les ventes ont dépassé le chiffre incroyable de dix-huit millions d’exemplaires. Rien qu’en Suisse, il s’en écoule quelque 3500 par an. 

Un dépliant de 1946 pour le marché suisse.

La Vespa occupe une place à part parmi les icônes du Made in Italy; elle est exposée dans les musées du design, d’art moderne, des sciences et techniques ainsi que des transports dans le monde entier. Elle fait partie de la collection permanente du Triennale Design Museum de Milan et du célébrissime MoMA de New York. Sans parler de tous les records de vitesse et des courses gagnées un peu partout sur la planète.
«La Vespa séduit encore parce qu’elle reste fidèle à elle-même», analyse Riccardo Costagliola, président de la Fondation Piaggio (Onlus). Cette organisation à but non lucratif gère les archives historiques et le Musée Piaggio, dans les usines historiques des fabriques de Pontedera, près de Pise. «Les nouvelles technologies et les standards de sécurité toujours plus sévères représentent pour nous un défi constant. La Vespa a pris son envol dans une usine d’avions reconvertie après la Seconde Guerre mondiale.»

Phase de vernissage électrostatique de la coque, dans l’usine de Pontedera, près de Pise.

L’insecte à deux roues est un être hybride qu’on pourrait définir ainsi: mi-voiture, mi-moto, mi-avion. «Son concepteur, l’ingénieur Corradino D’Ascanio, était un féru d’aéronautique. Il possédait des dizaines de brevets dans ce domaine», raconte Riccardo Costagliola en nous faisant visiter le bureau de l’inventeur, fidèlement reproduit avec des meubles de l’époque dans le Musée Piaggio.
Au fil du temps, nombreux sont ceux qui ont tenté d’imiter la Vespa. Dans les années 1950, l’URSS a proposé la «Viatka». Plus récemment la menace est venue d’Extrême-Orient, en particulier de Chine, championne en matière de clonage. Mais la Vespa n’a jamais vraiment été en danger et aujourd’hui, Piaggio est le premier producteur de motocyclettes en Europe et le quatrième dans le monde.
Vespizzatevi («Vespaïsez-vous»), proclamaient les premières publicités. Elles avaient pour but d’insuffler le goût d’entreprendre à la jeunesse, appelée à reconstruire l’Europe d’après-guerre. Si le deux-roues Piaggio est devenu un mythe, c’est en grande partie grâce à sa communication qui a su transformer en opportunités les rêves de générations entières.

Après le vernissage, la coque de la Vespa est cirée.

La Vespa est synonyme de liberté, de mobilité et de rêve à partager en couple, comme au cinéma! Des films tels que Vacances romaines (1953) de William Wyler ou Journal intime (1993) de et avec Nanni Moretti, sont quelques-uns des innombrables films qui mettent en scène la Vespa.
Le premier, avec Audrey Hepburn et Gregory Peck, tourné entre Cinecittà (la Mecque du cinéma à Rome) et les rues de la Cité éternelle, a même une portée sociale. Dans les premières scènes, l’actrice – qui incarne la princesse Ann – parcourt Rome à l’arrière d’une Vespa à phare bas de 1951, enserrant étroitement Gregory Peck, alias Joe. Ce sera ensuite à elle de la conduire, marquant ainsi un pas vers l’émancipation féminine.
Une des premières affiches destinées au marché suisse montre en 1946 une femme au guidon de l’engin mythique avec, en arrière-plan, des personnages de la fin du XIXe siècle et un cycliste d’un autre temps. La révolution sociale était en marche et la Vespa en était un de ses fers de lance.

Installation de câbles pour les raccordements électriques.

Pour comprendre un succès qui s’étale sur plusieurs générations, il suffit de se rendre à l’un des Vespa World Days, auxquels participent des passionnés de Vespa du monde entier. Le dernier, qui s’est déroulé à Mantoue le 15 juin, a rassemblé plus de 10 000 passionnés provenant de 32 pays (dont la Chine, le Brésil, la Jordanie, le Koweït, Israël, l’Argentine et les Etats-Unis). Un slogan résume ce phénomène mondial en évolution constante: «Les modes changent mais la Vespa est éternelle.»

www.vespa.com

La guêpe de la mobilité

Entretien avec Marco Lambri, responsable du Centro Stile Piaggio.

Marco Lambri: «La Vespa est la première marque véritablement globale de la mobilité.»

Coopération. La reconversion de Piaggio a été courageuse. Pourquoi donc Enrico Piaggio, constructeur d’avions, de camions et de tramways, a-t-il choisi de produire des motocyclettes?
Marco Lambri.  Après la Seconde Guerre mondiale, tout était à reconstruire en Italie. Enrico Piaggio a eu l’intuition de proposer un véhicule qui puisse favoriser la mobilité tout en étant économique et simple à utiliser. Il ne pensait pas à une moto mais plutôt à un véhicule entièrement nouveau, destiné aussi bien aux hommes qu’aux femmes.

La personnalité de l’ingénieur D’Ascanio a été décisive pour la naissance de la Vespa. Comment a-t-il eu cette idée de génie?
Corradino D’Ascanio – un concepteur aéronautique génial, figure majeure de Piaggio et l’un des pères de l’hélicoptère – a relevé le défi que lui a posé Enrico Piaggio. La Vespa est née pour dépasser les limites des motocycles de l’époque: peu confortables, difficiles à conduire, avec des commandes compliquées. Sa création se conduisait assis, le moteur caché dans la caisse (ce qui évitait de se salir) et les commandes réunies dans le guidon.

Il existe plusieurs hypothèses sur l’origine du nom. Laquelle est la vraie?
Lorsque le prototype D’Ascanio (le modèle MP6) lui fut présenté, Enrico Piaggio se serait exclamé: «On dirait une vespa!» (guêpe en italien). Et c’est ainsi que serait née la Vespa.

Depuis sa présentation, à Milan en 1946, plusieurs millions d’exemplaires ont été vendus. Quelle est la clé de ce succès qui perdure?
La Vespa est un véhicule construit autour de l’homme. Les ébauches de D’Ascanio montrent qu’avant de dessiner le véhicule, l’ingénieur avait esquissé la silhouette de celui qui allait le conduire. C’est une approche humaniste de la création dans laquelle l’homme est en même temps artisan et but du concept. Une approche qui mène à la production d’un objet unique, dans la plus pure tradition italienne du design, de la technique et d’un grand savoir-faire. La clé du succès de la Vespa réside aussi dans sa manière d’être rigoureusement cohérente avec l’idée originale du style, tout en évoluant en qualité et en technologie. Aujourd’hui, une Vespa est équipée des meilleurs systèmes électroniques d’aide à la conduite tels qu’ABS et système d’anti-patinage ASR ainsi que de moteurs d’avant-garde en matière de consommation et d’émissions nocives.

Qu’est-ce qui séduit les jeunes mais aussi les plus âgés dans une Vespa?
Il n’y a pas beaucoup de marques capables de susciter autant de passion et de sentiment d’appartenance.
En presque septante ans et après dix-huit millions d’exemplaires vendus dans le monde, Vespa a réuni dans une passion commune des jeunes de cultures lointaines et différentes, devenant la première marque véritablement globale de la mobilité.
Elle a été l’instigatrice de révolutions des mœurs, de la musique et de la jeunesse. Elle a accompagné des peuples dans leur croissance. La Vespa est aujourd’hui l’un des produits italiens les plus présents, connus et appréciés sous toutes les latitudes.

A visiter: musée Piaggio

Le musée Piaggio abrite dans son exposition permanente les collections Piaggio, Vespa et Gilera. Des pièces uniques, originales et fascinantes, qui ont fait l’histoire des transports italiens et mondiaux sont à admirer. Photo ci-dessus: Vespa Mucca Pazza, de Paolo Maria Iemmi, 2e prix à VespArte 2001.

www.museopiaggio.it

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Texte: Saverio Verrascina

Photo:
Sandro Mahler
Publication:
lundi 11.08.2014, 14:30 heure

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