1 von 6


L’abaissement de 2,2 mètres du lac de Bienne, à la suite des travaux de correction des eaux du Jura entre 1868 et 1875, a fait de Saint-Pierre une presqu’île.



Ce pavillon surplombe la rive nord du lac. C'était le centre des fêtes d'automne.


L’île où Rousseau vit pour l’éternité

Elle est plantée là, au milieu du lac de Bienne, l’île Saint-Pierre, devenue presqu’île. Qu’importe! La reposante bernoise demeure 
un havre de paix propice aux balades.

On ne m’a laissé passer guère que deux mois dans cette île, mais j’y aurais passé deux ans, deux siècles, et toute l’éternité sans m’y ennuyer un moment…» Ces passages dithyrambiques sont tirés de la «Cinquième promenade» du livre Les Rêveries du Promeneur solitaire, de l’écrivain philosophe d’origine genevoise Jean-Jacques Rousseau, dont on a fêté le 300e anniversaire de la naissance en 2012.
L’homme de lettres reste à ce jour l’habitant éphémère le plus célèbre de ce morceau de terre, celui dont le nom est systématiquement associé à l’île Saint-Pierre.

Ce pavillon surplombe la rive nord du lac. C’était le centre des fêtes d’automne. 

Dès qu’on y pose le pied, on se sent immédiatement rasséréné. Il s’en dégage une atmosphère de calme, bucolique aussi, encore renforcée par le joyeux chant des oiseaux.
Flâner, y compris par grande chaleur, ne représente pas forcément une gageure grâce à la brise rafraîchissante qui souffle toujours.
Des siècles après Rousseau, l’ex-conseiller fédéral Pascal Couchepin avait pris l’habitude, chaque année, de convier la presse à une marche énergique entre Cerlier (Erlach) et l’île (compter 1 heure à pied et une vingtaine de minutes à vélo – le camping de Cerlier en loue). Sur le Chemin des païens, le politicien s’exprimait sur des thèmes d’actualité. Cette balade a été rendue possible par l’abaissement de 2,2 m du lac de Bienne à la suite des travaux de la première correction des eaux du Jura entre 1868 et 1875. A la faveur de l’apparition d’une langue de terre, les deux lieux ont en effet été rappondus et Saint-Pierre est devenue une presqu’île.
Le Chemin des païens est une réserve naturelle protégée qui abrite une tour panoramique et un sentier didactique dédié à la botanique.

Les cyclistes sont les bienvenus. Ils partent ici 
de l’hôtel-restaurant Cloître.

A pied, l’on fait le tour de Saint-Pierre en une heure. Avant de s’arrêter à l’hôtel-restaurant Cloître, il est recommandé de monter un chemin de galets pour voir un pavillon blanc, qui surplombe la rive nord: il fut, jusqu’au XIXe siècle, le centre des fêtes d’automne, les plus anciennes du lac (Tanzhaus).
Paysans, vignerons, patriciens aimaient à s’y retrouver pour s’amuser, danser. L’endroit a été mis en exergue dans les écrits de Rousseau. La dernière rénovation du pavillon date de 2008. On le réserve pour des mariages, par exemple. A propos de fête et de bien-vivre, Saint-Pierre compte 5 hectares de vignes AOC et produit un excellent pinot noir et un mousseux joliment baptisé Rêveries.
Au plan historique, on a trouvé ici des traces d’occupation palafittique.
Lors des IIe et IIIe siècles, l’hôtel-restaurant Cloître actuel était un lieu de culte pour les Romains. Des sarcophages mérovingiens (VIIe et VIIIe siècles) ont été mis au jour au milieu des années 1980. Trois cents ans plus tard, le domaine se trouve entre les mains des clunisiens (l’ordre de Cluny, en Bourgogne, est un puissant ordre religieux fondé en 910). C’est désormais, d’une part, un restaurant à la nourriture soignée et disposant d’une vaste terrasse ventilée et, d’autre part, un hôtel de treize jolies chambres, dont celle, intacte, qui hébergea Jean-Jacques Rousseau. On y remarquera une trappe.
Les idées avant-gardistes, voire révolutionnaires du philosophe, ne plaisaient pas à tout le monde. D’où la «porte dérobée». Mais l’histoire ne dit pas s’il l’a utilisée pour quitter précipitamment l’île, chassé par l’ordre bien-pensant régnant…

Avec la collaboration de Suisse Tourisme

Embarquer sur le bateau Rousseau pour l’île Saint-Pierre. Presque un passage obligé!

Bon à savoir

Comme à la plage

Rousseau. Sur la rive sud, au bout d’un chemin bordé par les blés, se cache le buste de Rousseau, à l’orée d’un bois.

Plage. A la hauteur de l’embarcadère nord, on peut se croire en vacances balnéaires. Plusieurs chaises et des tables, un marchand de boissons et de glaces, et, cerise sur le gâteau, une petite plage, font le bonheur des familles.

Restauration. L’hôtel-restaurant Cloître propose des poissons du lac de Bienne, du bœuf produit par l’éleveur de l’île. Les vins proviennent du vignoble à proximité de l’établissement. Celui-ci dispose également d’une infrastructure pour les séminaires.
Il existe enfin un self-service, le Seeblick-Bistro, situé devant l’entrée du Cloître.

Bateau. L’aller-retour en bateau à partir de Bienne constitue une sympathique aventure à bord d’un moyen de locomotion original, qui séduit toujours les enfants. L’occasion aussi d’admirer les charmants petits ports où il fait escale tout au long du lac. 

Infos et excursions. Tourisme Bienne Seeland, Info-Centre, Place de la Gare 12, case postale 1261, 2502 Bienne; tél.: 032 329 84 84 e-mail: info@biel-seeland.ch

www.st-petersinsel.ch
www.biel-seeland.ch
www.bielersee.ch
Didier Walzer

Rédacteur

Photo:
Charly Rappo / Arkive.ch
Publication:
lundi 04.08.2014, 15:30 heure