Il faut trois générations au papillon belle-dame pour aller de l’Afrique à la Suisse.

L’odyssée de la belle-dame

Papillon Au printemps, la belle-dame arrive en Suisse depuis l’Afrique. Un voyage de plus de 5000 kilomètres qu’elle réalise sur plusieurs générations. Certaines étapes de ce phénomène restent mystérieuses.

Le périple du papillon migrateur belle-dame (Vanessa cardui) commence en hiver, dans les savanes de l’Afrique tropicale. La première génération née alors vole jusqu’en Afrique du Nord où elle donne vie, en février, à une deuxième volée de papillons. Cette dernière va traverser la Méditerranée pour pondre ses œufs dans le sud de la France à fin mars.
C’est la troisième génération qui arrive en Suisse romande au mois de mai: «Elles volent souvent isolément. Mais parfois, c’est un rassemblement de milliers de belles-dames que l’on peut voir passer», explique Michel Baudraz, spécialiste des papillons et directeur de l’Association de la Grande Cariçaie. Les années d’invasion correspondent à celles où la reproduction a été bonne dans le Sud. La vague passe très vite, le temps d’un après-midi. Les papillons poursuivent leur route jusqu’en Finlande. Ensuite, mystère: jamais on ne les a vus rentrer en Afrique. Pourtant, chaque année, le processus y recommence à zéro. Des biologistes anglais auraient observé, avec des radars militaires, leur vol de retour, à 500 m au-dessus de la mer. Michel Baudraz n’y croit pas trop. Depuis des années, il observe le passage des papillons migrateurs sur les cols alpins. Pas l’ombre d’une belle-dame… «On les aurait vues, soupire-t-il. Personne ne sait ce qu’elles font. C’est ce qui est merveilleux: il y a beaucoup d’inconnues!»

La belle-dame...

Jusqu’à 10 000 par jour

Parmi la dizaine de papillons migrateurs qui séjournent en Suisse, la belle-dame et le vulcain (Vanessa atalanta) sont les plus importants. Si ce dernier passe parfois l’hiver chez nous sous forme d’œuf, de chenille, ou même de papillon, il hiverne généralement plus au sud. Au printemps, la nouvelle génération part jusqu’en Suède. L’automne venu, la dernière génération entame le chemin inverse: «On en voit passer 5000 à 10 000 par jour sur les cols alpins. En étant attentif, on peut même en observer au centre de Lausanne. Ils font volontiers une pause sur du lierre.» Les vulcains redescendent jusqu’au sud de l’Europe, mais on ne sait pas exactement où s’arrête leur migration: «On en voit qui partent au large, sur la Méditerranée. Mais on ne sait pas s’ils la traversent.»

...et le vulcain sont les deux principaux papillons migrateurs de Suisse.

Où et comment les observer

Être au bon endroit, au bon moment. Des prairies ou coteaux exposés plein sud, là où l’agriculture n’est pas intense et la biodiversité grande. Le Valais, les Grisons et les montagnes bernoises sont des lieux privilégiés, entre mai et août, quand la floraison est maximale. Et pour bien les observer, ne pas bouger brusquement: «Les papillons n’ont pas peur des hommes, mais du mouvement car leurs prédateurs bougent.»
Sur les 216 espèces de papillons de jour présentes en Suisse, 71 sont menacées, et 40 potentiellement menacées. Les papillons de nuit, bien plus nombreux avec 3436 espèces en Suisse, sont beaucoup moins connus et étudiés.

Tout sur les papillons: www.lepido.ch

Arbre à éviter

On croise souvent, au détour d’un jardin, un arbre à papillons (Buddleja davidii), sorte de grande touffe aux grappes de fleurs violettes. S’il attire bel et bien les papillons, il n’est pas le bienvenu sous nos latitudes. Originaire d’Asie, il menace la biodiversité en colonisant nos prairies et bosquets, et prend ainsi la place de plantes indigènes nécessaires à la survie d’insectes et d’espèces animales. L’arbre à papillons figure sur la liste noire des plantes néophytes invasives, ou plantes exotiques envahissantes. Il est donc à proscrire et éliminer de vos plates-bandes!

www.infoflora.ch

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Gilles Mauron

Rédacteur

Photo:
Biosphoto/Monique Morin, Chromorange, Stefan Gerth
Publication:
lundi 11.04.2016, 13:20 heure



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