Samson Kobina (45 ans, à g.) sait par expérience qu’une plantation diversifiée augmente la productivité des cacaoyers. Ici, l’extraction à la main des fèves de cacao des cabosses.

L’or du Ghana c’est le cacao équitable

Chocolat Depuis le début de l’année, tous les chocolats de Coop produits par Chocolats Halba (sauf ceux de la gamme Prix Garantie) sont fabriqués avec du cacao équitable. Un engagement contre la pauvreté et le travail des enfants.

Fatima Ali (32 ans) est la présidente de la coopérative Kuapa Kokoo.

Fatima Ali (32 ans) est la présidente de la coopérative Kuapa Kokoo.
Fatima Ali (32 ans) est la présidente de la coopérative Kuapa Kokoo.

Plus nous vendons de cacao équitable et mieux nous nous portons», résume Fatima Ali. Cette jeune femme de 32 ans sait de quoi elle parle. Elle est, en effet, la présidente de Kuapa Kokoo, la plus grande coopérative de cultivateurs de cacao certifiée Fairtrade en Afrique.
Fondée il y a 23 ans, la coopérative fait figure de pionnière en matière de cacao équitable sur le continent africain. Elle regroupe aujourd’hui plus de 100 000 paysans. Qu’une jeune femme soit à la tête de Kuapa Kokoo – ce qui dans la langue locale, le twi, signifie bonne plantation de cacao – réjouit Daniel Böni et Petra Heid, responsables de l’acquisition de cacao équitable chez Chocolats Halba, la division de Coop. «C’est un signal très fort en faveur de l’égalité des femmes dans une société ghanéenne encore fortement dominée par les hommes», estiment-ils.
Nous sommes à Kumasi, à deux heures de vol de la capitale, Accra. Cette ville, où est né l’ancien secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan, se trouve au cœur de la région Ashanti, dont l’économie repose principalement sur la culture du cacao.

«

Les acajous protègent mes cacaoyers durant la saison sèche»

Samson Kobina, producteur de cacao

Avec la prime Fairtrade, la coopérative Kuapa Kokoo a notamment construit une école.

Sans arrière-goût amer

Le Ghana est le deuxième exportateur de cacao au monde, après la Côte d’Ivoire (voir infographie). «La variété de la région a un goût particulièrement chocolaté et convient donc parfaitement à notre chocolat au lait, souligne Daniel Böni. Les variétés que nous achetons en Amérique du Sud développent des notes plus fruitées ou parfumées.»
Mais le plus important est que ce cacao ne laisse pas… d’arrière-goût amer: «En Afrique de l’Ouest, la pauvreté, le travail des enfants et l’absence de normes écologiques dans les cacaoyères conventionnelles sont un gros problème», relève le responsable suisse. C’est pourquoi Chocolats Halba mise sur le label de qualité Fairtrade de Max Havelaar. Celui-ci interdit notamment l’exploitation des enfants et exige des structures démocratiques au sein des coopératives.
Chocolats Halba leur verse en plus une prime de commerce équitable de plusieurs centaines de milliers de francs par année. Dans le cas de Kuapa Kokoo, cette prime a été investie dans la construction d’une école et dans un programme en faveur de l’égalité des chances pour les femmes.

Le fruit du cacaoyer, la cabosse, contient une quarantaine de fèves, qui sont entourées d’une enveloppe blanche gélatineuse.

Les cacaoyers aiment la compagnie

L’exploitation durable des plantations constitue un autre point essentiel du projet lancé par Chocolats Halba.
Avec le cacao, l’agroforesterie, qui combine agriculture et sylviculture, est tout indiquée: «L’association de cacaoyers avec d’autres arbres fruitiers ou de bois précieux est très avantageuse, et pour les cultivateurs et pour l’environnement», déclare Petra Heid.
En effet, en monoculture, les cacaoyers sont productifs pendant 25 ans, alors que dans un environnement naturel – entourés d’arbres tropicaux qui offrent un peu d’ombre (bananiers, arbres à caoutchouc, palmiers) – ils peuvent l’être pendant une centaine d’années. Avec une meilleure récolte à la clé. «Les paysans doivent apprendre à soigner leurs cacaoyers comme le ferait un jardinier ou un fruiticulteur avec ses fruitiers», ajoute la responsable.
C’est le cas du cultivateur de cacao Samson Kobina (45 ans). Plus de trois ans après le lancement du projet pilote au Ghana, il affirme: «Je suis content d’avoir suivi ce conseil. Aujourd’hui, vingt acajous poussent sur ma plantation et donnent de l’ombre aux cacaoyers. Ça leur permet de mieux affronter la saison sèche.» En outre, la vente de bois précieux constituera une source de revenu supplémentaire.

Les fèves fraîches de cacao fermentent entre des feuilles de bananiers.

Pionnière du développement durable

«Le commerce équitable représente la base de notre entreprise», explique Daniel Böni. Cette vision fait également partie de la stratégie globale de Coop, qui s’engage en faveur du commerce équitable des matières premières en provenance de l’hémisphère Sud. Par ailleurs, le détaillant élargit continuellement sa gamme Fairtrade.
Depuis cette année, Chocolats Halba produit son chocolat Coop (sauf la gamme Prix Garantie) exclusivement à partir de cacao arborant le label Fairtrade. C’est la première de la branche à agir ainsi. En 2013, l’association de la Déclaration de Berne avait salué cet engagement dans son enquête sur les fabricants suisses de chocolat. Elle avait qualifié Chocolats Halba de «pionnière» et de «meilleure chocolaterie en matière de comportement éthique et de responsabilité envers les cultivateurs de cacao».

Petra Heid et Daniel Böni (à dr.) de Chocolats Halba examinent les fèves de cacao séchées.

Production de cacao*

Quantité récoltée en 2013/2014

250 actes pour le bien-être de tous

www.des-paroles-aux-actes.ch/188
Toutes les paroles aux actes
Natalia Ferroni

Source: ICCO; infographie Rich Weber

Photo:
Alain Intraina, Heiner H. Schmitt
Publication:
lundi 23.03.2015, 15:30 heure

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