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Pour découvrir les sources de la rivière 100 % vaudoise, il faut se rendre à L’Isle.

Château du XVIIe siècle situé dans un immense parc au bord de la Venoge.

Le château

La Venoge

Bruno Le Bris (49 ans), chef au restaurant Le Grütli, L’Isle

Restaurant Le Grütli, L’Isle

Les fromages de la famille Bory, MM Bory SA, Dizy

La Venoge

Balade La rivière rendue célèbre par le poète vaudois Jean Villard-Gilles traverse des sentiers de campagne paisibles. Portrait d’un terroir.

Carte: Janina Noser

Carte: Janina Noser
Carte: Janina Noser

Faut-il être né dans le canton de Vaud pour appeler «rivière» ce modeste cours d’eau qui, comme le disait si bien Gilles en 1954, «se plaît à traînasser, à se gonfler, à s’élancer» depuis sa source à L’Isle jusqu’à son embouchure dans le Léman? Mais peu importe la définition qu’on lui donne, la Venoge reste un symbole fort dans le canton. Elle incarne son esprit et un terroir bien riche, apprécié loin à la ronde. Plusieurs sentiers de randonnée permettent aux marcheurs de (re)découvrir cette rivière 100 % vaudoise.

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La source à L'Isle

En arrivant à L’Isle, en bus ou en voiture, on découvre tout d’abord son château du XVIIe siècle situé dans un immense parc au bord de la Venoge. Le château est hélas fermé au public mais le bel espace vert avec des coins ombragés invite aux pique-niques. La source, ou plutôt les six sources de la rivière, se trouvent en haut du village. Le Puits et le Chauderon restent les plus spectaculaires. De là, il est possible de rejoindre à pied (2 heures de marche) La Tine de Conflens que le poète vaudois compara à «une vision du Colorado».
Dans un paysage bucolique au milieu de chutes d’eau, la Venoge et le Veyron se rejoignent. On peut également rejoindre La Tine de Conflens depuis Ferreyres (10 minutes de marche) ou La Sarraz (40 minutes de marche).

Les visages de la Venoge

Lors des balades sur les sentiers de campagne praticables par toute la famille et par tous les temps, à travers les forêts et les villages, on croise peu de touristes mais beaucoup d’habitants. Ils vous disent poliment «bonjour», vous orientent volontiers vers votre destination ou discutent avec vous, curieux de savoir «ce qui vous amène dans le coin». Ce sont eux les véritables ambassadeurs de cette région.
Entre L'Isle, Moiry, Dizy, Cuarnens ou Penthalaz, on peut croiser des restaurateurs, des tailleurs de pierre, des pisciculteurs, des éducateurs, des musiciens, des directeurs de festivals, des enfants ou des retraités qui se donnent rendez-vous tous les jours à l’heure de l’apéro. Ils parlent tous de la région avec émotion et expriment leur attachement profond. Voici quatre portraits de personnes et de familles rencontrées sur les chemins de la Venoge, un après-midi d'été. Des rencontres qui nous «déçoivent en bien», comme on dit par là-bas.

Pour les locaux, la Venoge c'est...

Bruno Le Bris (49 ans), chef au restaurant Le Grütli, L’Isle

Bruno Le Bris (49 ans), chef au restaurant Le Grütli, L’Isle
Bruno Le Bris (49 ans), chef au restaurant Le Grütli, L’Isle
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Un profond respect pour le monde paysan»

Bruno Le Bris (49 ans), chef au restaurant Le Grütli, L’Isle

Originaire de Tours (F), Bruno Le Bris a toujours eu la tête dans les casseroles. Après avoir exploré de nombreux métiers de la gastronomie, cet autodidacte reprend le Grütli en 2014 avec son associé Christophe Bovigny. Des produits du terroir avec une touche du Sud, telle est la philosophie de cet enfant de la campagne qui apprécie cette région pour le calme et son authenticité.

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Une rivière ancrée dans l’identité des Vaudois»

La famille Bory, fromagerie MM Bory SA, Dizy

Chez les Bory, la passion du fromage se transmet de père en fils depuis trois générations déjà. Bientôt ce sera le jeune Valentin (à droite) qui reprendra les rênes de l’entreprise familiale, avec sa sœur Amandine, comme bras droit. Leur produit phare, la tomme vaudoise de la Venoge, affiche fièrement les couleurs de la région. «C’est un nom porteur, explique Valentin. Les gens de la région s’identifient à cette rivière grâce au célèbre poème de Jean Villard-Gilles.» Ce nom a en effet porté chance à la famille puisque la fameuse tomme est aujourd’hui vendue au-delà des frontières vaudoises.

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Le calme, la sérénité au cœur du village»

Antoine Durand (30 ans), éducateur spécialisé, L’Isle

En se baladant dans le parc du château de L'Isle, on peut croiser Antoine qui aime se poser sur un banc et jouer de la guitare. Il le fait pour le plaisir d'être dehors dans un lieu paisible, propice à la création. Cela ne fait que quelques mois que ce Français de Besançon a posé son balluchon dans le village vaudois où il rencontre des gens «ouverts et accueillants».

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La moitié du nom Venoge Festival »

Luc Texier (42 ans), codirecteur de l’événement, Penthalaz

Avant de codiriger le Venoge Festival, dont la 22e édition aura lieu du 17 au 20 août, Luc Texier a roulé sa bosse dans le monde informatique en travaillant notamment dans la Silicon Valley (Californie). Français d'origine, il s'est installé dans la région et fait vivre cet événement convivial où quelque 16 000 personnes sont attendues.

Billets à gagner sur: www.cooperation/concours

«La Venoge»

Par Jean Villard-Gilles

On a un bien joli canton:
des veaux, des vaches, des moutons,
du chamois, du brochet, du cygne ;
des lacs, des vergers, des forêts,
même un glacier, aux Diablerets ;
du tabac, du blé, de la vigne,
mais jaloux, un bon Genevois
m’a dit, d’un petit air narquois :
– Permettez qu’on vous interroge :
Où sont vos fleuves, franchement ?
Il oubliait tout simplement
la Venoge !

Un fleuve ? En tout cas, c’est de l’eau
qui coule à un joli niveau.
Bien sûr, c’est pas le fleuve Jaune
mais c’est à nous, c’est tout vaudois,
tandis que ces bons Genevois
n’ont qu’un tout petit bout du Rhône.
C’est comme : «Il est à nous le Rhin !»
ce chant d’un peuple souverain,
c’est tout faux ! car le Rhin déloge,
il file en France, aux Pays-Bas,
tandis qu’elle, elle reste là,
la Venoge !

Faut un rude effort entre nous
pour la suivre de bout en bout ;
tout de suite on se décourage,
car, au lieu de prendre au plus court,
elle fait de puissants détours,
loin des pintes, loin des villages.
Elle se plaît à traînasser,
à se gonfler, à s’élancer
– capricieuse comme une horloge –
elle offre même à ses badauds
des visions de Colorado !
la Venoge !

En plus modeste évidemment.
Elle offre aussi des coins charmants,
des replats, pour le pique-nique.
Et puis, la voilà tout à coup
qui se met à fair’ des remous
comme une folle entre deux criques,
rapport aux truites qu’un pêcheur
guette, attentif, dans la chaleur,
d’un œil noir comme un œil de doge.
Elle court avec des frissons.
Ça la chatouille, ces poissons,
la Venoge !

Elle est née au pied du Jura,
mais, en passant par La Sarraz,
elle a su, battant la campagne,
qu’un rien de plus, cré nom de sort !
elle était sur le versant nord !
grand départ pour les Allemagnes !
Elle a compris ! Elle a eu peur !
Quand elle a vu l’Orbe, sa sœur
– elle était aux premières loges –
filer tout droit sur Yverdon
vers Olten, elle a dit : «Pardon !»
la Venoge !

«Le Nord, c’est un peu froid pour moi.
J’aime mieux mon soleil vaudois
et puis, entre nous : je fréquente !»
La voilà qui prend son élan
en se tortillant joliment,
il n’y a qu’à suivre la pente,
mais la route est longue, elle a chaud.
Quand elle arrive, elle est en eau
– face aux pays des Allobroges –
pour se fondre amoureusement
entre les bras du bleu Léman,
la Venoge !

Pour conclure, il est évident
qu’elle est vaudoise cent pour cent !
Tranquille et pas bien décidée.
Elle tient le juste milieu,
elle dit : «Qui ne peut ne peut !»
mais elle fait à son idée.
Et certains, mettant dans leur vin
de l’eau, elle regrette bien
– c’est, ma foi, tout à son éloge –
que ce bon vieux canton de Vaud
n’ait pas mis du vin dans son eau…
la Venoge !

Participez à notre tirage au sort et gagnez 10 x 2 places pour la soirée du jeudi 18 août au Venoge Festival!

Délai de participation: 15 août 2016 à 15h


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Jasmina Slacanin

Rédacteur

Photo:
Darrin Vanselow
Publication:
lundi 08.08.2016, 14:05 heure



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