Des bactéries aux vers, une terre saine doit grouiller de vie.

La clé du sol

2015: année des sols Les sols doivent être vivants pour être productifs sur le long terme. C’est ce que démontre une étude menée par le FiBL en collaboration avec la Confédération.

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La terre bio accueille bactéries, champignons microscopiques et lombrics »

Paul Mäder, chercheur en pédologie

L’ONU a déclaré 2015 «Année internationale des sols». Dans le monde entier, les sols sont menacés par le bétonnage à outrance, une exploitation contraire aux principes de durabilité, voire l’intoxication. Pourtant, des sols sains et fertiles sont essentiels pour notre alimentation. Paul Mäder (60 ans), de l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL), tend une poignée de terre bio, qui grouille de vie: bactéries, champignons microscopiques et vers dodus.

Produire bio à long terme

À Leimental (BL), le FiBL étudie depuis 36 ans, en étroite collaboration avec la Confédération, cette base de notre alimentation. «Avec l’essai DOK*, nous voulions voir comment le sol réagit sur le long terme à la production biologique, d’une part, et aux méthodes conventionnelles, d’autre part», explique le chercheur en pédologie. Une bonne nouvelle: les sols agricoles se portent mieux dans l’ensemble depuis 1997, année de l’introduction des exigences minimales en matière de protection de l’environnement auxquelles tous les agriculteurs percevant des paiements directs de la Confédération doivent se conformer.
«L’agriculture conventionnelle a repris quelques-unes de nos méthodes. Mais elle a toujours recours à la chimie. Elle en utilise juste moins», explique le chercheur. Beaucoup moins que dans les monocultures pratiquées à l’étranger.
Encore mieux: les sols qui sont exploités selon les principes de l’agriculture biologique sont jusqu’à 20% plus riches en humus, en vers de terre ou en champignons mycorhiziens, qui approvisionnent les plantes en phosphore. Ce n’est pas rien quand on sait que les réserves mondiales de phosphore sont limitées et seront épuisées dans quelques siècles.
L’essai DOK montre que sur les sols bio, les récoltes sont d’environ 20% inférieures. «Mais les agriculteurs bio économisent environ 40% d’engrais, ainsi que beaucoup d’énergie», explique Paul Mäder. Comme les agriculteurs bio utilisent des engrais de ferme et n’achètent ni pesticide ni engrais minéral, le bilan est nul. «Les rendements plus faibles sont compensés», conclut le chercheur.

*Essai DOK: étude comparative de longue durée des systèmes agricoles biodynamiques, organo-biologiques et conventionnels

Le bio a des arguments

D’autres arguments plaident en faveur de l’agriculture biologique et prennent de plus en plus d’importance. Ainsi, Paul Mäder et ses collègues ont démontré que les sols exploités en mode biologique libèrent moins de gaz à effet de serre dans l’atmosphère (jusqu’à 30% de moins par tonne de blé bio). La biodiversité est également nettement plus élevée sur et dans les sols bio. «Ils ne perdent pas leur vitalité, selon Paul Mäder. À l’avenir aussi, ils continueront de nourrir l’humanité.»

Sous nos pieds, Ça grouille…

Un hectare de prairie nourrit en surface environ trois vaches. Sous la surface: 25 tonnes d’organismes vivants – vers de terre, champignons et bactéries – l’équivalent de 30 vaches. Source www.bio-wissen.org

Coop soutient l’agriculture biologique

Pas d’aliments sains sans sols sains. C’est pourquoi 2015 a été décrétée année des sols par l’ONU. Pour Coop aussi, le sol est une préoccupation centrale. C’est pourquoi elle soutient depuis de nombreuses années l’agriculture biologique ainsi qu’un grand nombre de projets innovants visant à maintenir et à améliorer la fertilité des sols. Le FiBL, pionnier dans le domaine de la recherche pédologique, est un partenaire de longue date de Coop, qui le soutient depuis 1993 avec une contribution annuelle d’un million de francs. L’essai DOK est si probant que ses résultats ont fait l’objet d’articles parus dans «Science», la revue scientifique la plus réputée au monde.

Pour Paul Mäder, chercheur au FiBL, «les sols bio ne perdent pas leur vitalité. À l’avenir aussi, ils continueront de nourrir l’humanité.»

www.naturaplan.ch