Aux restrictions de la Seconde Guerre mondiale ont suivi des années de croissance et de consommation effrénées (la photo date de 1950).

La consommation: au fil du temps

Le monde de la consommation change très rapidement et, parallèlement, le comportement des consommateurs aussi. Nous n’avons encore jamais autant consommé qu’aujourd’hui.

Notre consommation suit une courbe ascendante. Celle du courant électrique, par exemple, a plus que doublé depuis 1960, passant de 3342 kWh à 7880 kWh par personne et par an. Depuis les années 1970, la surface d’habitation s’est agrandie de 30 à 41 m2 par personne. Le trafic aérien et automobile a augmenté et, par là, la consommation de carburant. Si tous les habitants de la terre vivaient comme les Suisses, il faudrait 2,8 planètes pour couvrir nos besoins en consommation en termes de déplacements, vêtements, habitat, énergie et nourriture importés de pays lointains. Une personne habitant en Suisse consomme à un tel rythme que les ressources n’ont plus le temps de se renouveler.

L’origine de la société de consommation date du XVIIIe siècle. Plus tard, les magazines de mode et la publicité affichée dans les villes vantaient des produits dans le but d’inciter les gens à acheter. Le graphisme publicitaire a pris son essor aux XIXe et XXe  siècles. C’est aussi au siècle dernier que les premiers grands magasins proposant tout ce que peut désirer le client ont ouvert leurs portes. Toutefois, une partie de la population a dû se serrer la ceinture lors de la crise économique des années 1920 et 1930.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la nourriture était rationnée et beaucoup de gens n’avaient même plus de quoi se payer les produits de première nécessité. La consommation allait cependant reprendre de plus belle au terme du conflit. La relance économique qu’a connue l’Europe à ce moment-là a été accompagnée d’un changement marqué des habitudes de consommation dans les pays occidentaux.

Cette société du gaspillage s’est épanouie jusqu’au début des années 1970. On vivait dans l’insouciance jusqu’à ce que la crise pétrolière de 1973 vienne mettre un terme à cette croissance rapide. La récession qui s’ensuivit n’a toutefois que passagèrement freiné le développement de la société de consommation.

Dans les années 1980, la prospérité et la consommation ont continué à augmenter, «enfantant» les yuppies. Ces jeunes cadres évoluant dans les milieux de la haute finance recherchaient, en grands consommateurs, le confort matériel. A l’opposé, les écologistes prônaient la protection de l’environnement et un mode de vie alternatif. Ce sont ces derniers qui allaient être à la base des labels bio actuels. L’environnement a fini par obtenir une voix sur la scène politique, avec la création des partis «verts».

Actuellement, nous vivons toujours dans une société de consommation. D’autant plus qu’Internet permet d’acheter dans le monde entier et à toute heure. Et comme dans les  années 1980, des mouvements s’élèvent contre la consommation à outrance.

Par ailleurs, de plus en plus de citoyens essaient de restreindre leurs besoins. Parmi ceux-ci, on peut distinguer deux types de consommateurs: les lohas («lifestyles of health and sustainability») et les lovos («lifestyles of voluntary simplicity»). Les premiers essaient de vivre le plus sainement possible et de consommer durable. Ils misent sur les produits bio, les voitures hybrides et font du sport. Les seconds ont leurs propres cultures, sont végétariens, n’utilisent pas la voiture et vivent en communautés d’habitation.

Chacun peut consommer de manière plus réfléchie. Un coup d’œil sur les chiffres montre que 50% de la population suisse est sur la bonne voie pour devenir «consommateur selon le principe du développement durable», c’est-à-dire qui veille à ce que sa consommation soit supportable socialement, écologiquement, et qu’elle soit source de bien-être pour l’individu.

Conseils pour une consommation durable

Alimentation

  • Stocker les aliments de manière à ce qu’ils se conservent le plus longtemps possible.
  • Ne pas acheter plus que l’on n’est capable de manger, afin d’éviter la détérioration de la nourriture.
  • Faire la distinction entre la date de péremption («A consommer jusqu’au/avant le») et la date limite d’utilisation optimale («A consommer de préférence avant le»): un aliment ne devrait pas être consommé au-delà de la date de péremption en raison des risques qu’il fait courir à la santé. En revanche, un aliment muni d’une date limite d’utilisation optimale est encore consommable au-delà de la date en question.
  • Utiliser les restes. C’est l’occasion d’inventer de nouveaux menus.
  • Manger plus de fruits et de légumes, moins de viande.
  • Choisir des produits de saison et de la région.
  • Etre attentif aux labels (bio, fairtrade/équitable, pêche durable, bois FSC, etc.).

Habitat

  • Ne pas habiter plus de pièces que nécessaire.
  • En cas de construction, veiller à une bonne isolation.
  • Pour le chauffage: pompe à chaleur ou bois.


Mobilité

  • Habiter près de son lieu de travail.
  • Acheter une voiture économique/pratiquer l’autopartage ou prendre le train.


Ces conseils proviennent de la Fondation suisse pour la pratique environnementale (Pusch), une organisation qui s’engage pour une consommation raisonnée et propose des cours thématiques pour les enseignants en économie familiale. Ces cours sont soutenus financièrement par le Fonds Coop pour le développement durable.

Fondation suisse pour la pratique environnementale (Pusch)

Fonds Coop pour le développement durable: investir pour l’avenir

 Depuis maintenant dix ans, le Fonds Coop pour le développement durable soutient des projets de recherche dans l’agriculture biologique, la mise au point de métho-des de production respectueuses de l’environnement, des projets de compensation des émissions de CO2, le développement de nouveaux produits et services durables ainsi que la sensibilisation de l’opinion publique au travers d’expositions et d’événements. Coop entend rendre à long terme la consommation plus durable et encourage les initiatives innovantes. Chaque année, elle met à la disposition de son Fonds pour le développement durable 15 millions de francs destinés à une soixantaine de projets différents.

www.coop.ch/fonds
Photo:
Getty Images / Texte Noëmi Kern
Publication:
lundi 02.09.2013, 00:00 heure