Pascal Blum apprécie l’élégance et la cravate qui «fait son homme».

La cravate peut nouer des liens

Pascal Blum fait partie de ces hommes qui aiment les belles cravates, et en possède une cinquantaine. Dans l’hôtel où il travaille, son collègue fait les nœuds de tous les employés.

Sa première cravate, Pascal Blum s’en souvient comme si c’était hier: «C’était mon premier jour d’école, j’avais 6 ans et j’ai insisté auprès de mon père pour porter un costume bleu pâle avec une cravate rouge.» Une lubie? Pas vraiment, puisqu’il a continué de porter des nœuds papillon et des cravates durant toute sa scolarité.  «Je voulais être élégant et me différencier des autres.»
Son père, batelier, portait rarement ce bout de tissu. Son grand-père, syndicaliste à la SNCF, montait régulièrement à Paris avec cravate, béret et serviette pour défendre sa cause. «J’ai hérité de sa serviette. J’aime être chic, et j’opte souvent pour des vêtements de marque.»

«

Je ne défais jamais la cravate pour ne pas avoir à la renouer.»

Pascal Blum, hôtelier

La flemme de refaire le nœud

Depuis deux ans, l’homme de 45 ans est responsable des salons de séminaire et sous-chef de réception à l’hôtel Continental, à Lausanne; un hôtel qui a imposé la cravate avec l’uniforme
officiel. Le propriétaire du groupe Manz, Caspar Manz, décédé en 2010, la portait également lors des événements publics! «Elle représente donc l’identification, l’esprit de cette grande famille que nous formons.»
Il existe plusieurs nœuds, mais par souci d’uniformisation, les hommes de la réception s’arrangent pour porter le même. «Notre collègue sait très bien faire les nœuds larges, et noue les cravates de tout le monde. Je ne défais jamais le mien, pour ne pas avoir à répéter ce geste tous les matins. Comme dans l’hôtel, il y a beaucoup de miroirs, je jette systématiquement un coup d’œil pour vérifier qu’elle soit bien droite.
J’ai de la compassion pour François Hollande et ses cravates tordues!»

De l’audace dans la cravate

Mais si cela ne tenait qu’à Pascal Blum, il faudrait changer de cravate tous les jours, car elle doit s’accorder au caractère et à l’humeur. Dans les années 1990, alors qu’il est gérant d’un hôtel trois étoiles en France, il met un soin tout particulier à aligner les cravates improbables, de Kermit à Bugs Bunny, en passant par des motifs tels que carotte ou abricot. D’où son impressionnante collection de cinquante spécimens, «des folles, des classes, des chères…»
Plus tard propriétaire d’un hôtel, il a tout simplement banni le code vestimentaire, tout en restant classe. Arrivé dans un hôtel cinq étoiles de Gstaad, il redécouvre la rigueur de l’uniforme, avec une exception pour la cravate du dimanche.
Travailleur social, puis veilleur de nuit dans un hôtel, avant d’embrasser complètement la profession, notre dandy préfère, le soir venu, laisser ce bout de tissu symbolique au vestiaire – et au pressing quand nécessaire –, pour le troquer contre des habits de ville, tout en respectant l’exigence de l’élégance qu’il s’est fixée.

L’histoire mouvementée d’un morceau de tissu

Mon histoire commence déjà il y a 400 ans, au XVIIème siècle, du temps du roi Soleil Louis XIV. Il introduit la «cravat» dans la mode masculine au sein de sa cour; une large bande fine de coton, de lin ou de soie que les hommes portaient autour du cou, parfois ornée de dentelles.

A la fin de ce siècle, ma forme et mon nom changent: je deviens alors la Steinkerke. Un nom qui, écrivit Voltaire, plonge son origine dans la bataille de Steenkerke où les soldats anglais, surpris par les troupes françaises, n’eurent plus le temps de nouer correctement leur foulard.

Le point culminant de mon histoire, je l’ai atteint au XIXème siècle quand des dandys ont commencé à me porter, enroulée plusieurs fois autour du cou. Chacun avait une allure différente et c’est ainsi que je suis devenue un accessoire personnalisé. Dès 1860, les ports se sont standardisés et je n’étais plus sujette à de constantes modifications. Par contre, couleurs et motifs ont alors littéralement explosés.

Des femmes portent cravate

Je n’ai toutefois jamais été un accessoire exclusivement masculin. Des femmes de la noblesse portaient déjà au XVIIème siècle des bandes de soie dans différentes variations autour du cou. Ce n’est cependant qu’au XIXème siècle que je deviens un symbole d’égalité entre les sexes. A l’époque, le style vestimentaire masculin est repris notamment par Coco Chanel et Marlene Dietrich. Et j’ai aujourd’hui encore mes entrées dans la haute couture féminine.

Je suis synonyme de classe et l’expression d’un certain statut social. Les temps où un homme n’était pas admis dans certaines manifestations, par exemple au théâtre ou au restaurant, sans moi, sont toutefois révolus. Au cours des quarante dernières années, le «morceau d’étoffe autour du cou» n’a cessé de perdre de l’importance. Mais je ne me suis jamais laissée abattre.

La cravate est de nouveau à la mode

Aujourd’hui, comme beaucoup d’autres choses du passé, je suis de nouveau totalement à la mode: «De nos jours, la cravate est le symbole d’une élégance décontractée et surtout jeune», est-il écrit dans le texte d’accompagnement de l’exposition «LA CRAVATE. Hommes mode pouvoir» du Landesmuseums de Zurich.

Le nœud de cravate «Four in hand»

Noeud simple

Noeud Windsor

Noeud Eldredge

L'art délicat de la cravate

Les conseils de Tanya Lombardi, experte en textiles chez Coop

Il vaut mieux acheter une cravate avec une chemise et un complet car ils doivent former un ensemble. L’homme à la mode joue volontiers avec de petits détails, comme une cravate assortie aux chaussettes.
Parmi les motifs classiques, on retrouve les rayures en diagonale de la gauche en bas vers la droite en haut, de petits motifs de tissage, Paisley ou à pois. La mode est aux cravates étroites et aux couleurs vives, ou aux rayures obliques avec des chemises à pois. La pointe d’une cravate doit toucher
la boucle de la ceinture. Comme elles ont une longueur standard, les hommes particulièrement grands ou petits devraient opter pour des cravates sur mesure. Attention, les modèles étroits font paraître celui qui les porte plus large – et inversement. Pour l’entretien: une cravate ne devrait jamais être lavée ou repassée à la vapeur chaude, faute de quoi elle perd sa douceur et son élasticité. Si nécessaire, l’apporter au nettoyage chimique. Pour qu’elle reste longtemps belle et exempte de points de compression, il faudrait toujours ouvrir le nœud et le refaire lors de la prochaine occasion.
Exposition «La cravate. Hommes mode pouvoir», au Musée national, à Zurich, du 19 septembre 2014 au 18 janvier 2015.

Des cravates chez coop city pour tous les goûts

Unie
Prudence dans le mélange des couleurs. Une cravate unie s’accordera plus facilement.
Strellson, 79 fr. 90 (disponible dans certains Coop City)

Soyeuse
La plupart des cravates sont en soie. Selon la saison, on en trouve en coton ou en laine.
Sergio, 29 fr. 95 (disponible dans certains Coop City)

Classe
Des rayures, de gauche en bas à droite en haut, un choix sûr pour un look «homme d’affaires».
Olymp, 59 fr. 90 (disponible dans certains Coop City)

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Mélanie Haab

Rédactrice

Illustration:   Prisma

Photo:
Darrin Vanselow, Beatrice Thommen-Stöckli, Christoph Kaminski
Publication:
lundi 15.09.2014, 18:30 heure



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