À Lavaux, comme ailleurs en Suisse romande, le millésime 2015 s’annonce sous les meilleurs auspices.

La cuvée 2015 fait déjà rêver

De bon augure Alors que l’on s’affaire à rentrer les dernières grappes, la bonne humeur est de mise dans les caves romandes. La qualité des raisins annonce un grand millésime.

Le canton du Valais a été le premier à voir les sécateurs s’activer dans les vignobles puisque les premières grappes ont déjà été coupées le 8 septembre. Pinot, gamay et chasselas sont en cuve. Fin septembre, on a passé à la récolte du cornalin et de la petite arvine. Pierre-André Roduit, chef de l’Office de la viticulture du canton du Valais, qualifie ces vendanges 2015 de fantastiques: «La qualité sanitaire est au mieux, c’est une année magnifique pour les vignerons. On s’achemine vers un millésime digne de ceux des années 2009 et 2010 qui ont été top dans le canton. Côté quantité, il faut attendre que toute la récolte soit rentrée, mais on voit que les grains sont plus petits. Il a fait très chaud et nous avons connu des périodes de fœhn.»

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Le chasselas, roi des Vaudois

L’optimisme est également de mise dans le vignoble vaudois où le chasselas reste le cépage roi. Selon Jacques Henchoz, chef de la Promotion de l’économie viticole et agricole du canton, la majorité des vignerons ont attendu l’après-Jeûne fédéral pour commencer la récolte qui devrait se poursuivre jusqu’aux alentours du 10 octobre: «Ce millésime 2015 s’annonce sous les meilleurs auspices, d’autant plus que la météo nous promet du soleil et de la bise pour la deuxième partie de la récolte. En deux mots, des conditions idéales.»
La quantité s’annonce toutefois inférieure à la moyenne. Jacques Henchoz y voit deux raisons principales: «La sécheresse qui a marqué l’été dernier et les dommages à certaines vignes dont on suppose qu’ils sont dus à l’usage d’un fongicide. Pour certaines parcelles, les dégâts attribués à ce fongicide peuvent aller jusqu’à 100%.»

La canicule a du bon

Larges sourires également du côté de Neuchâtel où chacun trouve aujourd’hui que la canicule, ça peut avoir du bon. «Tout ce qui rentre est d’excellente qualité et on a tout pour faire quelque chose de remarquable» résume Sébastien Cartillier, directeur de la station viticole. De quoi redonner le sourire aux vignerons neuchâtelois et leur faire oublier la grêle de 2013 et la demi-récolte de 2014.

Satisfaction dans le Vully

Dans le Vully, vignoble à cheval sur deux cantons, les cépages destinés aux mousseux ont été récoltés le 5 septembre déjà. On a toutefois attendu le 20 pour passer aux spécialités blanches et rouges, puis au pinot. «La récolte du chasselas a débuté le 23 septembre et la qualité s’annonce bonne, relève Pascal Krayenbuhl, chef du Service de l’agriculture de Fribourg. Les quantités sont plutôt en retrait, même si tout peu encore évoluer avec les récentes pluies.»

À Genève, c’est l’euphorie

Le merlot et le cabernet mis à part, le gros de la vendange est rentré dans le vignoble genevois, où on est proche de l’euphorie. Même si on estime la quantité inférieure de 20% à la moyenne, la qualité est au rendez-vous. Selon Guillaume Potterat, ingénieur œnologue à l’État de Genève, ce millésime est exceptionnel à plus d’un titre: «On a même battu les records de sucre de 2003, mais avec une acidité plus élevée. C’est plus intéressant pour l’équilibre du vin. Les anciens n’hésitent pas à faire la comparaison avec l’année 1945, restée mythique pour le vignoble genevois.»

De l’art de l’assemblage

L’assemblage est une méthode essentielle à l’œnologue pour influer sur la qualité et le style d’un vin. Il consiste à mélanger plusieurs cépages, millésimes, vignobles et qualités de vins. Par exemple, pour assurer la régularité de saveur du grand classique Veuve Clicquot brut non millésimé, il faut assembler pas moins de trois millésimes et trois cépages, ainsi que de nombreux vins de base issus de plusieurs vignobles. Dans le Bordelais aussi, l’assemblage est pratique courante. Cette technique permet ici de marier la structure et l’acidité du cabernet sauvignon à l’onctuosité fruitée du merlot.
En fait, tous les cépages peuvent être assemblés. Seules les règles imposées par le législateur et le bon goût mettent des limites à l’expérimentation.
Jan Schwarzenbach, œnologue

Race et élégance

L’experte

Marie Linder, spécialiste en vin

Marie Linder, spécialiste en vin
Marie Linder, spécialiste en vin

Région célèbre de l’Espagne, la Rioja possède un vignoble s’étendant sur 55 000 hectares. C’est le premier à avoir obtenu l’appellation D.O.C. Le Marqués de Riscal Reserva est vinifié à base de trois cépages, le tempranillo qui occupe 70% du vignoble, le graciano et le mazuelo. Cet assemblage qui a séjourné 26 mois dans des barriques de chêne américain, offre une belle palette olfactive, avec des notes boisées mais assez subtiles, qui côtoient des senteurs de fruits noirs et de sous-bois. Sa bouche est vigoureuse, équilibrée; un judicieux mélange de race et d’élégance. Déguster aujourd’hui ce millésime 2010 est idéal, car ce temps de garde a permis aux arômes du vin de se développer à loisir.
Il est épanoui, même si quelques années supplémentaires en cave pourraient aussi bien lui convenir.

Rioja DOCa Reserva Marqués de Riscal, 2010  

Prix: 17 fr. 95/75 cl
Origine: Espagne, Rioja
Cépages: tempranillo, graciano, mazuelo
Maturité: 2015-2018
Disponible: dans les grands points de vente ou sur: 
www.coopathome.ch

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www.mondovino.ch
Anne-Marie Cuttat

Rédactrice

Photo:
Keystone
Publication:
lundi 05.10.2015, 14:30 heure

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