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Heidi Buathier a le virus des cactus depuis plus de trente ans. 

Mammillaria Pectinifera

Mammillaria Egregia Cristate: ce "cerveau" change en permanence d'apparence, au gré de ses ex-croissances. 




Les plus petits cactus ne dépassent pas la taille d'un centimètre.

Les poils de la "tête de vieillard" sont très appréciés des oiseaux qui font leur nid.


Le "Chapeau d'Evêque" doit son nom à sa forme conique. Adulte, il mesure moins de dix centimètres.

Certains cactus revêtent un manteau qui les protègent du froid.

La serre se trouve à l'est de Mex, à 1100 mètres d'altitude.

La dame aux cactus  

Dans ses deux serres tout près du village de Mex (VS), Heidi Buathier couve quelque 2000 cactus. 
La plupart des mille espèces qu’elle cultive sont rares. 
A l’occasion de la floraison printanière, on peut visiter sa collection.

Il y en a de toutes les formes, de toutes les couleurs et de toutes les tailles. La longiligne Tête de vieillard côtoie le cossu Chapeau d’évêque, et, tout au fond, l’imposant Coussin de belle-mère. D’origine allemande, Heidi Buathier s’est piquée d’affection pour les cactées très exactement en février 1980. «L’hiver tirait en longueur, et je cherchais de quoi m’occuper en attendant de pouvoir travailler dans mon jardin. Dans un magasin genevois, j’ai trouvé un mélange de graines de cactus. Cela me semblait compliqué, cependant, à ma grande joie, quelques plantes m’ont fait le plaisir de germer, marquant ainsi le début d’une passion.» 

Le Gymnocactus subterraneus (alias «La Pipe») est 
suspendu à une mince tige. 

Pourtant, les cactaceae n’étaient a priori pas vraiment sa tasse de thé. «Je devais avoir 7 ans quand un jour, ma grand-mère m’a montré son cactus qui n’avait encore jamais fleuri en trente ans. A l’échelle d’un enfant, c’est une éternité!» Et pourtant, son Coussin de belle-mère aura mis, lui… trente-huit ans avant que la première fleur ne pointe le bout de son nez. «Je trouve passionnant de pouvoir observer l’évolution d’une graine jusqu’à la plante en fleur. Lorsqu’une plante adulte fleurit pour la première fois, c’est toujours un moment extraordinaire», explique la collectionneuse.

Le Mammillaria goldii doit son nom à Dudley Gold, 
qui a répertorié cette espèce. 

Chaque plante a son anecdote, du lilliputien au cactus géant. Deux mille spécimens se côtoient, représentant un peu moins de mille espèces. Heidi Buathier se concentre sur les espèces rares, difficiles à trouver dans les magasins en Suisse. Elle commande les semis en Allemagne, en Belgique et même aux Etats-Unis, en passant par les clubs de passionnés, qui essaiment partout dans le monde.
Elle a ainsi créé le club valaisan lorsqu’elle est arrivée à Mex, il y a trente ans. Ces rencontres permettent d’échanger des conseils, de présenter ses collections, et, occasionnellement, de partager des semis. Des rencontres ont également lieu ailleurs en Suisse romande, à Prilly (VD) et Genève notamment (lire encadré).

Le Mammillaria laui est particulièrement élégant avec son manteau blanc et ses fleurs roses.

Lorsque la dame de 76 ans souhaite faire de nouvelles graines, elle se «transforme en abeille» et pollinise sa rareté à l’aide d’un pinceau, en récupérant un peu de pollen, qu’elle dépose délicatement sur le pistil d’une plante semblable.
Les bons soins de Heidi Buathier vont plus loin encore. L’an dernier, elle a rempoté 500 cactus, avec un terreau qu’elle a elle-même fabriqué, travaillant tous les jours d’arrache-pied, entre mai et septembre. «Quelques jours après, on voyait déjà reverdir certains cactus», s’enthousiasme-t-elle.
Elle sauve certaines plantes mal en point, en les greffant sur une plante porte-greffe en bonne santé. Pour ce faire, elle maintient le greffon à l’aide d’un élastique qui assure le bon contact des deux parties. Après vingt-quatre heures, la sève permet déjà à la greffe de prendre, et offre une deuxième vie au planton. Il y a quelques jours, elle pelletait la neige du toit de la serre pour que ses protégés reçoivent suffisamment de lumière…

Heidi Buathier pollinise elle-même les cactus qu’elle souhaite reproduire, à l’aide d’un pinceau. 

Elle pourrait parler des heures de ses cactus, mais son histoire à elle est tout aussi passionnante. «Enfant de la guerre» à Berlin, elle fuit avec sa famille dans la région de la Forêt- Noire, à Pforzheim. Le 23 février 1945, à 19 h un terrible bombardement met la ville à feu et à sang (cette nuit-là, environ 20 000 personnes perdront la vie). La maison excentrée de sa famille tient le choc, mais le traumatisme subsistera.
Elle a longtemps vécu avec son mari dans le Pays de Gex (tous deux travaillaient à Genève), avant d’arriver par hasard à Mex. «Quand j’ai vu le terrain, je ne suis même pas sortie de la voiture, car je le trouvais trop pentu. Mais en réalité, c’est un coin de paradis, je pouvais enfin avoir une serre, puis deux.»
Elle a eu plusieurs vies: championne de tir à l’arc en salle pendant dix ans, adepte du vélo et de marche en montagne, collectionneuse d’orchidées, et passionnée de patchwork, un art qu’elle pratique surtout en hiver, quand ses cactus se reposent.

Sous la table, dans les bacs, les jeunes pousses s’apprêtent à remplacer leurs aînées.

Comme chaque année, Heidi Buathier ouvre ses portes durant les quelque six semaines de pleine floraison. Certains cactus mettront encore plusieurs années avant de s’épanouir, alors que leur bienfaitrice arrive au crépuscule de sa vie. Mais à «ça», elle ne veut pas encore y penser. Les bébés cactus ont encore besoin d’elle.

Les serres de Heidi Buathier se visitent tous les jours (y compris les jours fériés), gratuitement, entre 14 h et 16 h 30, jusqu’à mi-mai, à La Chesalette, à Mex, au-dessus de Saint-Maurice (VS).

Infos: vie et mort d’un cactus

  •  Les cactées ont des espérances de vie aussi variées que leurs formes: entre 25 et 200 ans. 
  •  Certains grandissent en bord de mer, d’autres à 4000 mètres d’altitude, et chacun a développé sa méthode de survie. 
  •  Les épines servent à se défendre, mais aussi à récolter l’eau de la rosée. 
  •  Certains cactus ont une mousse qui leur sert de manteau lorsqu’il fait froid. D’autres survivent sans problème à des températures allant jusqu’à –25° C (pour autant que leur sol reste sec).
  •  Les espèces répertoriées proviennent en grande majorité du continent américain. Certaines seraient arrivées en Europe et en Afrique dans le ventre d’oiseaux migrateurs. Christophe Colomb a rapporté des melocactus de son voyage initiatique.

Chez soi
: entretien au quotidien

Hibernation Les cactus sortent à peine de leur hibernation. S’ils ont été dans l’obscurité, il ne faut pas immédiatement les replacer au soleil, on les y réhabitue progressivement.

Arrosage Commencer par un peu d’eau. Dès que le temps reste clément, on arrose copieusement, toutes les deux semaines, jusqu’en octobre; la terre doit sécher entre deux arrosages.
Soins On peut les rempoter, dans un mélange de terre qui leur convient (par exemple 50% de sable à gros grain, 30% d’humus et 20% de terre normale), dans un pot légèrement plus grand, pourvu d’un trou. Défaire la motte. Ne pas arroser durant les deux premières semaines!

Emplacement Au soleil! Idéalement dans une véranda ou dans un coin protégé dans le jardin, voire derrière une fenêtre bien ensoleillée.

Source: Cactus Club Lausanne
Association suisse des cactophiles et liste des clubs locaux sous: www.kakteen.org

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Mélanie Haab

Rédactrice

:

Photo:
Olivier Maire
Publication:
lundi 31.03.2014, 09:00 heure

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