Une quarantaine de personnes se sont retrouvées avec une certaine émotion à Airolo pour évoquer le chantier du siècle.

La grande famille des tunneliers

Cinq ans après Au-delà de la technique et des machines, ce sont des hommes qui ont bâti de leurs mains le nouveau tunnel de base du Gothard. Leur dur labeur sous terre les a soudés: ils se retrouvent régulièrement.

La percée principale dans la galerie est du nouveau tunnel de base du Gothard s’est faite le 15 octobre 2010. Cinq ans plus tard, quasiment jour pour jour, une quarantaine de collaborateurs des entreprises de construction qui ont collaboré au chantier – ingénieurs et cadres pour la plupart – se sont réunis à Airolo (TI) aux pieds de la statue de sainte Barbe. Depuis que les travaux miniers sont terminés, ils se sont dispersés aux quatre vents. Mais ils se retrouvent au moins une fois par an pour se remémorer le bon vieux temps et maintenir les liens.

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Des heures dramatiques

La plupart des participants parlent allemand, de nombreux Allemands et Autrichiens ayant œuvré au percement du tunnel. «Nous nous sommes battus ensemble pendant des années ici», confie Jens Classen, ingénieur, autrefois chef de chantier à Faido et coordinateur de cette réunion de vétérans. Il travaille désormais dans les Abruzzes, en Italie, ainsi que dans le tunnel de base du Brenner.
«Je revois ici des amis avec lesquels nous avons vécu les situations les plus difficiles», souligne Bruno Röthlisberger, ex-chef de chantier sur les tronçons de Bodio et de Faido. Il se souvient des déformations colossales et des glissements de terrain. L’Autrichien Florian Habit (66 ans), désormais retraité, ancien chef d’avancement à la station multifonctionnelle de Faido, se rappelle aussi de l’angoisse qui régnait à cet instant: «Les gens ont bondi de leur lit pensant qu’il s’agissait d’un tremblement de terre.»

Des souvenirs et des émotions

«Le Gothard est un projet historique. En matière de construction de tunnel, il est très rare que l’on travaille aussi longtemps ensemble, pendant dix ou douze ans», révèle Olivier Böckli, ingénieur civil. C’est avec une certaine nostalgie qu’il passe désormais près des chantiers de Bodio et de Faido, là même où se dressaient les baraquements des années durant. Les constructeurs demeurent modestes. «Les tunnels sont là pour rapprocher les gens, pas pour être admirés», indique Jens Classen.
Seules quelques femmes sont venues à ces retrouvailles. Sabina Gutersohn, assistante de la direction du chantier pendant des années à Faido, peine à cacher son émotion: «Tout ce que j’ai vécu ici, les gens que j’ai rencontrés… C’est indescriptible.» Elle se souvient également des heures sombres et tragiques lorsqu’un accident survenu sur le chantier a entraîné la mort d’un collaborateur. Au total, huit personnes ont perdu la vie dans les travaux.
Renzo Simoni, directeur d’Alptransit Gotthard SA, est venu accompagné de son père. Il annonce solennellement que tous les acteurs du projet seront invités le lendemain de l’inauguration officielle du tunnel de base du Gothard, le 1er juin 2016. Les vétérans accueillent cette nouvelle avec reconnaissance, les principaux acteurs étant souvent oubliés lors des festivités officielles.
Pour terminer, le père capucin d’Andermatt, Marzell Camenzind, donne une dimension spirituelle à la rencontre. Il évoque le tunnel comme le «symbole de notre existence». L’homme est souvent en quête de lumière, de clarté et de sécurité. Les constructeurs de tunnels sont là pour le ramener de l’obscurité à la lumière.

René Fedier, instructeur mécanicien sur locomotive

René Fedier, instructeur mécanicien sur locomotive
René Fedier, instructeur mécanicien sur locomotive

Nous tirions à la même corde

À 67 ans, je travaille toujours comme mécanicien. Non plus dans les locomotives du chantier, mais sur des trains à vapeur, ma passion. Pendant les années de la construction d’AlpTransit, j’étais instructeur mécanicien: j’expliquais comment conduire les «petits trains» qui extirpaient du cœur de la montagne d’immenses chargements de débris. Un travail non sans risques si l’on pense que le convoi peut peser jusqu’à 600 tonnes. Chaque leçon sur le freinage et l’accélération est donc importante. Même si la plupart des mécaniciens étaient déjà compétents, la chaleur, l’humidité, les cycles de travail et les chargements imposaient une formation spécifique pour ce chantier. Ensuite, je me concentrais sur l’attention du mécanicien durant le trajet: voyait-il les dangers, savait-il les anticiper? La moindre inattention pouvait en effet être fatale. Malheureusement, je me souviendrai toujours des deux jeunes mécaniciens décédés, ils étaient comme mes fils. Nous étions une grande famille parce que, pour réaliser ce gigantesque projet, nous devions tous tirer à la même corde. NF

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texte:
Gerhard Lob
Photo:
Keystone, Getty Images, Gerhard Lob, SP
Publication:
lundi 09.11.2015, 12:55 heure



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