Pour Guillaume, Sibylle et Valentine, l’important à Noël est de passer un bon moment en famille.

La magie des fêtes bien organisées

Noël II y a ceux qui le préparent longtemps à l’avance et ceux qui s’y prennent au dernier moment. Trois familles aux profils différents nous racontent comment elles s’organisent en cette période de l’Avent.

Noël approche à grands pas. Trop grands pour certains, notamment ceux qui ont tendance à attendre la dernière minute pour organiser fête, repas et cadeaux. Comme le souligne la psychologue Annette Cina (lire l'interview ci-dessous), «c’est souvent quand on s’y prend au dernier moment et qu’on est sous pression qu’éclatent les disputes».
Comme début de solution, cette spécialiste de la famille préconise de «préparer à l’avance ce qui peut l’être». Car d’une bonne organisation dépend en grande partie la réussite de la fête.
Mais le cauchemar de se retrouver sans sapin et de n’avoir que sa bonne volonté à offrir – avec la possibilité de se faire livrer une pizza comme alternative aux boîtes ou aux surgelés –, ne sont pas les seuls soucis qui hantent la période de l’Avent. Que chacun souhaite magique. Chez qui ira-t-on le 24? Sera-t-on suffisamment frais et dispos le 25 chez belle-maman? Et si l’on fêtait chez nous, à la maison? Invitera-t-on les cousins, les filleuls? Et l’oncle Arthur, dont les dérapages bachiques sont toujours redoutés? Comment choisir les cadeaux afin que personne ne se sente lésé?
Tous les couples, avec ou sans enfants, ont été confrontés à ces questions. Elles se posent avec d’autant plus d’acuité quand une partie de la famille vit à l’autre bout du pays et surtout dans les familles recomposées. Celles-ci représentent 6% des 2,1 millions de ménages suisses selon une analyse de l’Office fédéral de la statistique de 2010.
L’une d’elles, du Tessin, ainsi qu’une famille avec enfant de Suisse romande et un couple sans enfants de Suisse alémanique nous donnent leurs recettes pour faire de Noël un moment inoubliable.

Famille avec enfant

Sous le signe de la simplicité

Famille Oehen-Bopp, à Neyruz (FR)
«Nous attendons Noël avec joie», déclare Guillaume (33 ans) qui termine son master en géographie à l’Université de Fribourg. «Je me réjouis surtout de retrouver l’ambiance magique de cette fête et de partager ce moment avec la famille», ajoute Sibylle (32 ans), infirmière dans un cabinet de pédiatrie. Comme pour confirmer les propos de ses parents, la petite Valentine (1 an) nous gratifie d’un lumineux sourire.
Chez les Oehen, on s’organise pour échapper au stress et aux tensions qu’engendre l’approche des fêtes de fin d’année. «Notre principale préoccupation est de trouver des dates pour voir tout le monde», explique Guillaume. «D’ordinaire, nous passons le réveillon chez mes parents, à Lausanne, indique Sibylle. Ma sœur et son ami, tous deux médecins, ont des horaires irréguliers et nous nous organisons aussi selon leur emploi du temps afin qu’ils puissent être présents.»

«

Je me réjouis de l’ambiance magique de cette fête»

Sibylle Oehen-Bopp, infirmière

Chacun donne un coup de main

Afin que Valentine puisse vivre le moment où l’on allume les bougies du sapin et où l’on déballe les cadeaux, le couple Oehen proposera cette année d’avancer un peu l’heure du repas. Ce qui permettrait d’être aussi plus frais et dispos pour le 25, qui est généralement fêté chez les parents de Guillaume, avec ses deux frères aînés, leurs épouses et leurs enfants respectifs. Soit quatorze personnes en tout. «Nous pouvons aussi convenir de nous réunir un autre jour qu’à Noël. Par exemple, le 26 ou le 27 décembre», déclare Guillaume. «Et pour éviter que les grands-mamans ne soient bloquées aux fourneaux, nous donnons tous un petit coup de main. Le repas est savoureux, mais simple», ajoute Sibylle.

La famille est sacrée pour Guillaume, Valentine et Sibylle Oehen-Bopp. D’où l’importance de trouver des dates pour voir tout le monde.

L’essentiel est d’être ensemble

Simplicité est également le mot d’ordre pour les cadeaux. «Nous avons décidé que chaque adulte n’offre qu’un cadeau à un seul autre adulte, tiré au sort à l’avance, précise Guillaume. Ce qui simplifie les choses et permet de faire un présent plus intéressant.»
Les enfants, en revanche, reçoivent des cadeaux des couples présents à la fête. Mais, comme le rappelle Sibylle, ce qui fait le charme de Noël, c’est aussi son côté traditionnel avec toute cette symbolique de paix et de partage en famille. «L’essentiel, conclut-elle, est de passer un bon moment tous ensemble.» À en juger par son petit gazouillis, Valentine est totalement d’accord. PSI

Famille recomposée

Un sujet délicat: les cadeaux

Akira, Ingrid, Lia et Sumi, district de Lugano
À Noël, c’est la famille recomposée qui semble être la plus fragile et la plus exposée aux conflits et aux accrocs. Avec qui l’enfant de «premier lit» doit-il passer le réveillon et les vacances? Comment distribuer de façon équitable les cadeaux entre les demi-frères et demi-sœurs?

«

Nous ne voulons pas décevoir les enfants»

Ingrid, mère de Lia et de Sumi

Une famille recomposée du district de Lugano a accepté de nous faire part de son expérience. Akira S. (35 ans) qui travaille en tant que curateur et tuteur, est marié à Ingrid (46 ans), formatrice au Centre éducatif pour mineurs de Lugano. Ils sont les parents de Sumi (5 ans) et vivent aussi avec Lia (15 ans), qu’Ingrid a eu lors de son premier mariage.

Vers la mi-décembre, Akira, Lia, Ingrid et Sumi (de g. à dr.) commencent à décorer le sapin et la maison. Sumi aide sa maman à préparer les biscuits de Noël.

Un véritable défi d’organisation

«Ingrid et moi avons des parents divorcés qui vivent aussi dans des familles recomposées, précise Akira. De ce point de vue là, notre situation correspond donc à la normalité. Cela nous évite aussi d’idéaliser le mariage. Concernant Lia, il a fallu du temps pour que ma famille et celle de son père, Giovanni, s’entendent bien.» «J’ai la chance que mon ex-mari soit un bon père et quelqu’un de bien, poursuit Ingrid. Même en cas de désaccords concernant Lia, nous réussissons toujours à nous entendre.»
Comment cette famille recomposée s’organise-t-elle pour les Fêtes? «Pour nous, Noël n’a pas de valeur religieuse, nous n’allons pas à la messe de minuit, explique Ingrid. Depuis mon enfance, je fête le réveillon de façon laïque chez ma mère, avec son compagnon et ma famille.»
Et Lia? «C’est simple, raconte la jeune fille de 15 ans, je passe l’après-midi du 24 avec mon père, Giovanni, sa nouvelle famille et mes grands-parents paternels. Par contre, le dîner a lieu chez ma grand-mère maternelle.» Akira ajoute: «Nous sommes en train de réfléchir à un projet, un véritable défi d’organisation: héberger toutes nos familles élargies pour le 24 chez nous.»
La question des cadeaux est un sujet délicat. Pour les familles recomposées comme pour les autres. «Oui, les enfants en reçoivent trop parce qu’il y a beaucoup de gens dans leur entourage», admet Akira. Mais les parents doivent-ils toujours satisfaire les désirs de leurs enfants? «Comme tout le monde, nous essayons de ne pas les décevoir. Toutefois, pour certaines demandes, comme l’ordinateur, nous sommes plus prudents», conclut Ingrid. RON

Couple sans enfants

Quatre fois Noël

Diana Siegwolf et Marco Schöpflin, à Allschwil (BL)
Opérateur en chimie, Marco (31 ans) a des horaires de travail irréguliers. Sa compagne, Diana (25 ans), est étudiante en droit. Leurs parents respectifs étant séparés, Diana et Marco fêtent donc quatre fois Noël. Eux-mêmes organisent chaque année l’une de ces fêtes chez eux. «Étant donné que Marco a des horaires variables, il est toujours difficile de coordonner les festivités», explique l’étudiante en droit. Et Marco d’ajouter: «J’essaie d’avoir congé à Noël, mais cela ne m’est pas accordé tous les ans.»
Les deux fêtes de la famille de Diana ont lieu le 24 décembre chez sa mère et le 25 chez sa tante. «Il s’agit d’une réunion de famille tout ce qu’il y a de plus traditionnel et chaleureux. Cela représente pour moi l’essence même de Noël. Ma sœur et moi retrouvons à cette occasion toutes les sensations de notre enfance.» Marco est présent lui aussi, si son planning d’équipe le lui permet.

Noël «hawaïen»

Dans la famille de Marco, les dates des festivités sont fixées avec beaucoup plus de souplesse: «Ça nous est égal de nous retrouver le 15 ou le 30 décembre pour faire la fête. Le plus important, c’est que tout le monde puisse être là.» Mais il n’est pas toujours facile d’harmoniser les emplois du temps. Sur les douze personnes invitées chaque année, deux sont dans la même situation que Marco. «Cela tient presque du miracle d’avoir jusqu’ici réussi chaque année à organiser une réunion de famille où tous étaient présents», déclare Marco.Chez les Schöpflin, on ne célèbre pas Noël de façon traditionnelle. «Il nous est arrivé de fêter Noël à la mode mexicaine ou hawaïenne», se souvient Marco. «Au début, j’ai eu un peu de mal à m’habituer, avoue Diana. Mais aujourd’hui, je trouve cela super. Surtout que ça me donne l’occasion de préparer un beau menu pour tout le monde. Si, cependant, cela devait être notre seule et unique fête de Noël, j’en serais un peu frustrée.» NKE

«Il faut sentir ce qui se passe»

Annette Cina, docteur en psychologie, mariée et mère de trois enfants de 6, 8 et 10 ans.

Annette Cina, docteur en psychologie, mariée et mère de trois enfants de 6, 8 et 10 ans.
Annette Cina, docteur en psychologie, mariée et mère de trois enfants de 6, 8 et 10 ans.

Harmonie Flexibilité vaut mieux que rigidité dans la planification des Fêtes. Les conseils d’Annette Cina.

A quoi doivent veiller les adultes pour que les enfants ne se sentent pas exclus de la fête?
Il est important de les inclure dès le stade de la préparation. L’idéal serait même de discuter avec eux avant Noël pour connaître leurs attentes et leur expliquer le déroulement de la fête. Les enfants doivent savoir qu’il y aura des moments où ils pourront jouer. Souvent, c’est quand ils s’ennuient qu’ils deviennent désagréables. Ce qui arrive quand les repas durent trop longtemps. Par ailleurs, on peut se demander s’il est absolument indispensable que les enfants restent jusqu’à la fin ou si un peu de souplesse ne serait pas préférable?
Pour éviter que les enfants ne soient trop excités à table, on peut aussi décider d’ouvrir les cadeaux avant le repas. Aux parents de voir ce qui convient le mieux à leur progéniture. Les adultes peuvent aussi consacrer un peu de temps aux enfants, par exemple en écoutant leurs chants de Noël, de la musique ou en les faisant participer à la préparation du dessert. Le fait de savoir comment va se dérouler la fête sécurise les enfants et les prédispose à la gaité.

Comment éviter disputes et tensions à Noël?
C’est tout d’abord une question d’organisation. Préparer à l’avance ce qui peut l’être diminue le risque de stress. C’est souvent quand on s’y prend au dernier moment et que l’on est sous pression qu’éclatent les disputes. Durant la période de Noël, elles apparaissent comme plus graves, car les gens s’imaginent que cette fête n’est pas le lieu de tensions. Cette idée ne correspond pas à la réalité. Si des tensions apparaissent, il ne faut pas hésiter à laisser tomber ce qui n’est pas important. Une planification trop chargée n’aide pas à détendre l’atmosphère et à se ménager du temps pour être avec les autres.
Ensuite, il n’est pas inutile de s’interroger à l’avance sur les expectatives de chacun et de trouver un accord, ou pour le moins un compromis. Par exemple sur la question de savoir comment on veut passer cette fête, si l’on ira ou non à la messe de Minuit ou au culte de Noël, qui l’on va inviter… Ce consensus permet d’éviter que des convives ne se sentent mal à l’aise.

Quand on reçoit pour la fête de Noël, faut-il absolument que tout soit parfait?
Non. Au niveau de la planification, notamment, un peu de flexibilité ne fait pas de mal. Si l’on est parti dans une bonne discussion, qui intéresse tout le monde, on peut repousser le moment de passer à table. Ou alors, on laisse tomber quelque chose, le dessert par exemple (rires). Il faut sentir ce qui se passe et, le cas échéant, rester dans le moment où l’on est bien.

Les solitaires doivent-ils avoir peur de Noël?
Eux aussi doivent être conscients de ce qu’ils attendent de Noël et, s’ils n’ont pas de famille, trouver une solution pour ne pas rester seuls. S’ils se fixent sur l’idée que Noël est la fête de la famille, ils risquent de ressentir douloureusement la solitude. En revanche, s’ils acceptent l’idée que Noël peut aussi se fêter avec d’autres gens, que c’est aussi la fête de l’amitié et de la rencontre, alors ils s’ouvrent à de belles surprises. | PSI

Où fêterez-vous noël?

Sondage réalisé par l’Institut Link sur une population représentative de 707 personnes

Quiz Quelques questions pour la nuit de Noël

 
01
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Solution du quiz (dans la version papier du journal n°49): FETE

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Jean Pinesi

Rédacteur

Photo:
Charly Rappo/arkive.ch, Sandro Mahler, Bettina Matthiessen
Publication:
lundi 01.12.2014, 14:30 heure



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