Les fruits bien mûrs sont un repas de fête pour la petite mouche asiatique.

La petite mouche qui fait de gros dégâts

Moucheron invasif La drosophile du cerisier, Drosophila suzukii, est une petite mouche d’Asie. Apparue en Europe en 2008, sa présence cause des problèmes d’une ampleur sans précédent – et de nombreuses nuits blanches – parmi les viticulteurs et les spécialistes.

Cette petite mouche est responsable d’une pourriture acide qui fait grincer les dents des vignerons. La drosophile du cerisier peut pondre jusqu’à 600 œufs (en une seule ponte!) dans un grain de raisin. Trois jours après au plus tard, les larves éclosent et se nourrissent pendant une semaine de la pulpe du fruit mûr. Une fois le cycle terminé, les fruits se mettent à fermenter et développent une pourriture acide.

Dissémination en Europe

La drosophile du cerisier appartient à la famille des mouches du vinaigre. Originaire d’Asie du Sud-Est, elle a été observée pour la première fois en Europe en 2008, infestant au passage l’Espagne, l’Italie et la France. Le parasite a été identifié chez nous pour la première fois en 2011. Le problème est donc récent, mais n’en est pas moins grave, car la Drosophila suzukii n’appartient pas au biotope européen. Contrairement à ses homologues occidentales, ses goûts la portent naturellement non pas vers les fruits en décomposition, mais vers les fruits sains.

Baies et fruits choisis

Andreas Häseli (57 ans), agronome

Andreas Häseli (57 ans), agronome
Andreas Häseli (57 ans), agronome

Elle a jeté son dévolu sur les fruits rouges. Les variétés de raisins telles que le cabernet dorsa, l’acolon, le dornfelder et le regent, ont été particulièrement touchées l’année dernière. «Plus les fruits sont foncés, plus elle les aime.» Le rôle joué par la couleur doit encore être précisé, comme l’indique Andreas Häseli, de l’Institut de recherche de l’agriculture biologique de Frick (AG).
Quoi qu’il en soit, les raisins ne sont pas les seules victimes de l’infestation: les cerises, les framboises, les myrtilles, le sureau et les pruneaux sont aussi attaqués. Le parasite ne fait pas de quartier.
Jusqu’à présent, les tentatives de lutte utilisant des pièges et le piégeage de masse ont eu peu d’effet. «En 2014, la population était si importante que les tentatives de régulation douces n’ont pas été efficaces», déplore l’agronome. Les scientifiques cherchent donc toujours des méthodes efficaces pour venir à bout de cette mouche perfide. Mais il faut du temps pour trouver des mesures qui ne nuisent ni à l’homme ni aux fruits, d’autant plus que «nous avons été littéralement pris d’assaut par cette bestiole», précise l’agronome.
Le problème étant particulièrement aigu à l’approche de la récolte, l’utilisation de produits phytosanitaires s’avère difficile. «C’est la raison pour laquelle des moyens bio à action rapide ont d’abord été autorisés.»
L’évolution de la situation en Suisse, parfois dramatique, est incertaine. «Nous devons nous résoudre à vivre avec la drosophile du cerisier, indique Andreas Häseli. À l’avenir, l’ampleur du fléau fluctuera selon la météo de l’année.»
La régulation de la mouche asiatique est complexe. L’agronome espère que la fin de l’hiver sera froide, car seules les périodes de températures négatives permettent d’éradiquer la Drosophila suzukii et de limiter sa population.

Les larves de la drosophile du cerisier mesurent 3 millimètres et sont visibles à l’œil nu.

Insectes

Plus grands nuisibles

Dans les vignobles, la terre et les végétaux offrent un habitat idéal à une large variété d’êtres vivants qui s’y développent. Les nuisibles de la vigne sont les espèces qu’on considère comme nocives. Les principaux nuisibles des vignobles suisses sont la larve du cochylis, divers acariens, les cochenilles, les nématodes et la coccinelle asiatique, ainsi que la drosophile du cerisier, apparue récemment et dont il est question dans ces pages. Les viticulteurs tolèrent la présence de ces insectes aussi longtemps qu’elle ne porte pas atteinte à la santé des ceps ou des raisins, et n’a ainsi aucune incidence sur le rendement du vignoble.
Des conditions idéales règnent lorsque la vigne abrite suffisamment d’espèces utiles – insectes ou autres êtres vivants – capables de combattre les nuisibles.
Jan Schwarzenbach, œnologue

Un cépage rare

L'experte

Marie Linder, spécialiste en vin

Marie Linder, spécialiste en vin
Marie Linder, spécialiste en vin

L’amigne fait la fierté du vignoble de Vétroz. Ce plant de maturité tardive, profondément enraciné dans un terrain pauvre composé de schistes, aime vivre en coteau, sur les terrasses très ensoleillées. Dans ces conditions, l’amigne mûrit sans complexe et le vigneron pourra ainsi décider de la vinifier en vin sec, liquoreux ou moelleux comme c’est le cas pour cet incontournable cru de la cave Jean-René Germanier. Une amigne raffinée aux parfums d’agrumes avec une attaque de bouche veloutée, légèrement douce, magnifiquement balancée par une acidité pimpante et un soupçon d’astringence au palais. Cette spécialité emblématique du Valais se déguste à de nombreuses occasions! Fruitée et joyeuse en apéritif, contrastée en accords avec des mets épicés, gourmande avec une tarte aux fruits.

Valais AOC Amigne de Vétroz, Jean-René Germanier, 2013

Prix: 19 fr. 95/75 cl
Origine:
Suisse
Région:
Valais
Cépage:
amigne
Maturité:
2015-2020
Disponible:
dans les grands points de vente ou sur: www.coopathome.ch

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www.coopathome.ch
Plus dʼinfos sur le vin sur www.mondovino.ch
Nadine Bauer
Photo:
Keystone
Publication:
lundi 02.02.2015, 15:45 heure

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