Steve joue avec son fils Leandro pendant que sa femme Laura s’occupe de Jordan.

La smala s’agrandit, branle-bas général

Quand un petit frère ou une petite sœur débarque, c’est le tsunami garanti! Trois familles racontent leurs expériences, une psychologue donne ses conseils.

Héloïse (4 ans et demi) pleure: Esteban (2 ans et demi) l’a défiée un peu fort avec un jouet en plastique. Quelques minutes plus tard, tout est oublié: ils sont en train de se marrer sur le balcon familial, à Renens (VD)! Bagarres, câlins, rires, cris, larmes: entre frères et sœurs, c’est tout ça à la fois.
«Une fratrie permet aux enfants de s’insérer dans un lien qui offre de nombreuses ressources», observe Nathalie Cherpillod, psychologue à Genève. Pour qu’une relation s’installe, il faut y aller petit à petit. En voyant son petit frère ou sa petite sœur pour la première fois, chaque enfant réagit différemment. Il peut dire «non», craindre de l’approcher, ne pas s’intéresser à lui, ouvrir de grands yeux de stupeur ou le couvrir de baisers.

En douceur à la maternité

«Je pense qu’à la maternité, il est bon que le grand frère ou la grande sœur puisse d’abord retrouver sa maman seule avant de faire la connaissance du bébé», encourage la psychothérapeute. Un hôpital peut être angoissant. Si possible, il est préférable que les mamans accueillent leurs aînés sur une chaise plutôt qu’alitées.
Dans deux mois, un bébé rejoindra le quotidien d’Héloïse et Esteban. Leur maman, Karine Maillard (40 ans), sait s’il s’agit d’une petite fille ou d’un petit garçon. Leur papa, Philippe Ernst (41 ans), préfère l’ignorer: «Je crois que je n’ai jamais été prêt pour aucun enfant… Mais j’aime bien les surprises», sourit-il. Pour se préparer à l’arrivée de leurs enfants, «de véritables tsunamis», Karine et Philippe ont lu des livres et suivi des cours de communication non violente. «C’est intéressant, mais pas toujours facile à appliquer», témoigne Philippe. Héloïse et Esteban savent que le bébé qui se trouve dans le ventre de leur maman arrivera bientôt. Pour Nathalie Cherpillod, nul besoin d’en dire beaucoup plus aux enfants en bas âge: «Laissons l’enfant se construire ses propres représentations. Le métier de parents, c’est répondre aux questions des petits mais ne pas trop en dire non plus, afin qu’ils élaborent dans un premier temps leur vision du monde. Un enfant a des années devant lui pour savoir comment on fait les bébés!»


Karine, Esteban, Héloïse et Philippe seront cinq en famille dans deux mois.

Valoriser l’aîné

C’est l’effervescence chez la famille Tulleuda. Laura (34 ans) et Steve (35 ans) ont deux garçons. Leandro, qui aura 4 ans dans deux mois, et Jordan, 4 mois. L’aîné a tout de suite été doux et attentionné envers son petit frère.
Ses parents ont pris garde à bien lui expliquer que quand ils doivent nourrir ou changer Jordan, il doit s’occuper seul un petit moment. «Il comprend qu’on fait la part des choses. Parfois, c’est amusant, il dit à Jordan que maintenant ses parents doivent s’occuper de lui», raconte le couple. Revers de la médaille, Leandro est «un peu plus crapule».
Normal, c’est sa façon de réagir au changement.

Il est fréquent que les aînés régressent un peu lorsqu’un bébé pointe son nez. Ou se manifestent davantage. Chez les Bertossa, Emily (2 ans et demi) cherche à attirer plus l’attention sur elle depuis l’arrivée de sa petite sœur Gioia (4 mois).

Une grande sœur attentionnée, pour le bonheur de la famille Bertossa!

Selon Nathalie Cherpillod, valoriser l’aîné lorsqu’un petit frère ou une petite sœur débarque est une bonne idée: «Il est important de prévoir des moments qu’avec l’aîné. Etre disponible uniquement pour lui durant une vingtaine de minutes par jour sans faire quoi que ce soit d’autre, c’est déjà bien.»

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Conseils: limiter les changements

Une naissance, c’est un bouleversement pour les parents, mais aussi pour les grands frères ou les grandes sœurs. Les manières de vivre cette période dépendent de l’organisation familiale, des forces et des fragilités des enfants. La psychothérapeute Nathalie Cherpillod conseille de bien réfléchir avant de mettre en place des nouveautés: «Si la naissance coïncide avec trop de changements, l’aîné peut mal vivre cette période.»

Autonomiser, négocier

Anticiper les adaptations; les mettre en pratique bien avant l’arrivée de bébé. Ou expliquer en quoi les nouveautés seront des «plus».

Viser l’autonomie: «Si on veut qu’un enfant sache attendre et différer ses souhaits, il faut le faire tôt.»

Habituer son enfant aux séparations en le faisant parfois garder.

Bien négocier les vieux doudous et autres jouets. Même si l’aîné ne les utilise plus, les lui prendre pour les mettre dans la chambre de bébé peut engendrer des crises.

Se méfier des comparaisons. Chaque enfant est différent. Mieux vaut répondre aux besoins spécifiques.

Eviter de donner raison à l’un ou l’autre, donner du sens. Si un cadet casse les constructions Lego de l’aîné, expliquer au grand que c’est parce que son petit frère veut faire comme lui mais qu’il n’y arrive pas.

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Joëlle Challandes

Rédactrice

Photos: Darrin Vanselow, Annick Romanski
Illustration: Jacob Kadrmas

Publication:
lundi 01.09.2014, 15:40 heure



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