Les pandas sont arrivés au zoo de Vienne il y a 13 ans. Depuis, cinq bébés y sont nés.

La survie des espèces menacées

Protection Deux bébés panda sont nés cet été au zoo de Vienne. Le WWF fait le point sur la liste rouge des animaux en danger.

Long Hui, confortablement assis, mange une tige de bambou. Il nous tourne le dos, peut-être pour éviter les flashs de nos appareils photos. Son style de vie détendu – il passe les 80% de son temps à manger et à dormir – est en décalage avec la vie de star qu’il mène depuis qu’il a emménagé avec Yang Yang, une femelle panda, dans le zoo viennois de Schönbrunn (Autriche), il y a 13 ans de cela.
Très demandé, la foule laisse échapper un «ohhhh» ému lorsque ce gros ours  maladroit daigne se retourner et ronger son bambou face à elle. Inutile de le nier, même les plus endurcis d’entre nous sont attendris par cet animal noir et blanc.

La paresse du mâle panda

Régulièrement, Long Hui, solide mâle de 16 ans, doit faire des examens de santé: prise de température, mesure du poids, contrôle des dents, parfois même prise de sang: «Les pandas sont très délicats, explique Eveline Dungl, zoologiste en charge des pandas à Vienne. Nous devons nous assurer qu’ils ne tombent pas malades et qu’ils ne soient pas contaminés par les maladies d’autres animaux du zoo.»
Long Hui monte sur la balance, se met debout, laisse quelqu’un prendre sa température. Il n’y met pas beaucoup d’entrain, sauf quand on lui donne des boulettes de légumes: «Il est un peu plus paresseux que la femelle, sourit la zoologiste. Il ne fait les exercices que si la récompense semble en valoir la peine.» Une fois le test terminé, il retourne manger ses tiges de bambou, assis sur sa queue «qui lui sert de coussin», indique encore Eveline Dungl.

La zoologiste Eveline Dungl est responsable des pandas au zoo de Vienne. Tous les oursons qui y naissent retournent ensuite en Chine à l’âge de deux ans.

Naissances naturelles par surprise

Si la vie de Long Hui ne semble pas trop stressante, il n’oublie pas ses obligations conjugales. Depuis qu’il est à Vienne, il est déjà devenu père de cinq rejetons! Et en août dernier, au terme d’une quatrième grossesse, sa partenaire Yang Yang a mis au monde des jumeaux. «Nous sommes très heureux. D’autant plus que les grossesses ont toutes été naturelles», se réjouit Eveline Dungl.
Le zoo de Vienne est le seul en Europe où des pandas sont parvenus à se reproduire sans recourir à l’insémination artificielle. Un exploit compte tenu que la femelle n’est fertile que quelques jours par an: «Ces succès sont dus à un bon feeling entre les deux pandas, mais aussi aux bonnes conditions dont ils bénéficient ici.» Pour le zoo, chaque naissance a été un peu une surprise: «On découvrait que Yang Yang était enceinte deux semaines avant le terme.» Les pandas mangent une telle quantité de bambou (environ 20 kg par jour) et les bébés atteignant à peine 200 g à la naissance, qu’il est difficile de se rendre compte à l’oeil nu, ou par un autre moyen si une femelle est portante.

Yang Yang avec ses petits derniers nés en août 2016.

Le symbole des espèces menacées

Observer ces mammifères pacifiques attire la sympathie. C’est certainement pourquoi le WWF, plus grande organisation non gouvernementale de protection de l’environnement, a choisi un panda comme logo. Active depuis 50 ans, elle a publié il y a deux semaines la nouvelle édition du Living Planet Report. Le scénario qui y est présenté est peu rassurant: chez les vertébrés, on enregistre un déclin de population de 2% par année, sans signe de tendance contraire. «Les espèces les plus à risque sont celles dont il ne reste que quelques individus vivants dans de petits habitats, déclare Marina Lippuner du WWF Suisse. Elles ont du mal à s’adapter.» Certains animaux, en effet, occupent une forêt bien précise.
Si celle-ci brûle, l’espèce est destinée à disparaître. Le panda, notamment, est menacé par la perte de son ­habitat. D’autres espèces souffrent de la pollution, et ce sous toutes ses formes, comme les abeilles ou les poissons. En milieu marin, la surpêche est une menace importante. De plus, certains animaux sont victimes de braconnage et de commerce illégal (éléphants et rhinocéros). «Sans parler des victimes du changement ­climatique, comme les ours polaires», souligne la spécialiste du WWF.

«

Les grossesses ont toutes été naturelles »

Eveline Dungl, zoologiste au zoo de Vienne

Liste rouge de la biodiversité

Si l’homme est en grande partie responsable de cette situation, il essaie aussi de trouver des solutions. Jean-Christophe Vié, directeur adjoint du Programme mondial des espèces de l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN), dont le siège est à Gland (VD), coordonne une partie des équipes tenant à jour la tristement célèbre liste rouge des espèces menacées. «Jusqu’à présent, il s’agissait surtout de mammifères et d’oiseaux. Depuis une quinzaine d’années, nous tentons de rétablir l’équilibre en évaluant plus spécifiquement les invertébrés (mollusques, insectes…), les espèces aquatiques (poissons…) et végétales (arbres…). Dans la dernière liste (ndlr: publiée en septembre dernier), nous avons évalué près de 83 000 espèces. L’objectif est ­d’atteindre le double. Nous aurons ainsi une bonne représentation de l’état de la biodiversité.»
Mais si les résultats révèlent une détérioration continue, les succès sont plus nombreux qu’on ne le pense. «Dès que nous en obtenons un, nous sommes heureux de le communiquer», nous explique Jean-Christophe Vié. Exemple: le panda. S’il figure toujours au nombre des espèces menacées, le danger d’extinction régresse quelque peu. En Chine, leur population a augmenté grâce à une meilleure protection de leur habitat et des efforts de reboisement. Les autorités chinoises se sont engagées à améliorer le destin de cet animal. «Ce qu’il faut retenir, c’est qu’on obtient des résultats quand la volonté politique est là.»

Fu Bao, né en 2013, avec sa mère Yang Yang.

Bonne nouvelle pour 50 espèces!

En 2008, l’état de «santé» des mammifères a été réexaminé: 50 espèces allaient mieux que par le passé. «Le monde entier est en train de parvenir à un consensus solide sur la direction à prendre. En 2015, les pays membres de l’ONU ont tous adopté les dix-sept objectifs de développement durable et les 195 pays réunis à Paris pour la XXIe Conférence sur le climat ont ­accepté un accord contraignant pour lutter contre le changement climatique.» Selon Jean-Christophe Vié, ces conférences internationales sont importantes: «Les pays y prennent des engagements et doivent répondre de leurs actes. Par exemple, depuis le moratoire sur la chasse à la baleine (ndlr: à partir de 1982), la population de baleines à bosse a augmenté au point qu’elle ne fait aujourd’hui plus partie des espèces menacées!»
Autre bonne nouvelle, 24 pays ont trouvé un accord pour créer le plus grand sanctuaire marin au monde, soit 1,5 mio de km2 protégés dans les eaux de l’océan Austral (Antarctique). L’un des rares endroits encore vierge de notre planète. Les braconniers et trafiquants sont aussi la cible des protecteurs d’espèces menacées: «On n’hésite plus à durcir les peines pour eux. Pensons aux rhinocéros blancs, dont il ne restait que quelques dizaines de spécimens en Afrique du Sud. Aujourd’hui, il y en a à nouveau plus de 10 000!» Idem pour l’oryx d’Arabie: l’espèce n’existait plus à l’état sauvage, mais grâce aux stocks de plusieurs zoos, elle a été réintroduite dans la nature. On chassait l’antilope du Tibet pour sa laine, mais la situation s’est améliorée grâce à un plan anti-braconnage. Lors de la Convention internationale sur le commerce des espèces menacées d’extinction, qui s’est tenue il y a quelques semaines en Afrique du Sud, les pays participants se sont engagés à interdire le commerce des pangolins, ces fourmiliers couverts d’écailles, une des espèces en voie d’extinction les plus braconnées.

Le premier ourson né à Vienne en 2007, Fu Long.

Protéger déjà dans son jardin

Pays et accords internationaux ne sont pas les seuls à pouvoir améliorer les choses. Pour Jean-Christophe Vié, c’est de la société civile que va venir le vrai changement: «Si un projet menace une espèce en Suisse, chacun a le pouvoir de voter contre. Si l’on sait que la traçabilité d’un produit n’est pas garantie, on agit en faveur de l’environnement en renonçant à l’acheter. Il faut avoir le réflexe d’y penser», insiste-t-il. À ce propos, le WWF a rédigé une liste d’éco-conseils, consultables sur www.wwf.ch, pour agir au quotidien. Pour conclure, Jean-Christophe Vié lance un appel à ceux qui ont un jardin: «La disparition des espèces sauvages ne se constate pas qu’à l’autre bout de la planète.» Voici ses conseils simples et à portée de tous: ne pas utiliser de pesticides; planter des arbres indigènes, surtout des fruitiers; limiter l’usage de la tondeuse; installer des tas de bois mort ou un compost; garder son chat à la maison, grand prédateur d’insectes, oiseaux et autres reptiles… À bon entendeur!

  • La lutte contre le braconnage a redonné du poil de la bête au rhinocéros blanc d’Afrique du Sud.
  • La baleine à bosse, grâce à un moratoire sur sa chasse en 1982, ne fait aujourd’hui plus partie des espèces menacées.
  • Bonne nouvelle pour le pangolin et les antilopes du Tibet: un plan anti-braconnage leur redonne des chances de survie!
  • Bonne nouvelle pour le pangolin et les antilopes du Tibet: un plan anti-braconnage leur redonne des chances de survie!
 

Chiffres alarmants pour la biodiversité de la planète

Pourcentage des animaux menacés par classe

Coop et WWF

Unis depuis 10 ans

Pour le WWF, Coop est une entreprise leader tournée vers l’avenir.
Le partenariat entre Coop et le WWF a été lancé en 2006, faisant ainsi de Coop le premier distributeur de Suisse à collaborer à grande échelle avec le WWF. Ce dernier a récemment qualifié Coop d’entreprise leader tournée vers l’avenir. Une appréciation confirmée par les chiffres:

  • 737 000 tonnes de CO2 ont été compensées en collaboration avec le WWF.
  • Dans l’assortiment Coop, la part de papier et de bois durable s’élève à 73%.
  • 100% de nos poissons frais et surgelés proviennent de sources durables.
  • 95% du soja destiné à l’affouragement respecte les critères Réseau soja suisse.
  • 92,7% de l’huile de palme utilisée pour les produits Coop proviennent de sources durables.

La collaboration avec le WWF s’est encore intensifiée depuis 2015. Le WWF recommande, par exemple, le label Oecoplan – une marque de Coop – comme alternative respectueuse de l’environnement pour le ménage,
le bureau et le jardin. De plus, les deux partenaires ont défini de nouveaux objectifs contraignants jusqu’en 2019.

Du 9 au 26 novembre 2016, de sympathiques pandas distribueront des pastilles pour lave-vaisselle Oecoplan dans nos magasins.

www.coop.ch/oecoplan

Visage du braconnage en Suisse

Expo «Morts ou vifs – le trafic d’animaux» présente des objets confisqués par la douane suisse et raconte comment les trafiquants tentent de cacher leur marchandise.

Le trafic d’espèces animales et végétales menacées figure parmi les crimes les plus lucratifs au monde. Il rapporte entre 10 et 20 millards de dollars par an aux organisations criminelles, finançant parfois le terrorisme ou des guerres civiles. Seul les trafics de drogue et des armes rapportent davantage.

Complice malgré nous
Les touristes se font parfois, sans le savoir, complice de ce trafic (voir app dans le prochain onglet). En 2014, la douane suisse a dénombré 785 cas impliquants des espèces animales et végétales menacées, parmi lesquels de nombreux souvenirs de voyages. La même année, 1247 objets ont été confisqués.

L’exposition présente ces objets et permet aux spectateurs de les toucher. Un voyage à travers la problématique complexe du trafic d’animaux; choquant, touchant, stupéfiant et d’une triste actualité. GM

Saviez-vous que:

  • Sur le continent africain, un éléphant est tué toutes les 24 minutes
  • Il y a huit ans, les braconniers ont abattus 13 rhinocéros en Afrique du sud.
    En 2014, ils en ont tué 1215, soit une augmentation de 9346%
  • Il y a moins de tigres dans le monde que d’habitants à Saint-Imier dans le Jura bernois (5000 habitants).
  • Statuettes „made in Hong Kong“ faites avec de l’ivoire de défenses d’éléphants africains. Elles ont été saisies à la douane Suisse.
  • Peaux d’animaux, manufacturées ou pas, saisie à la douane suisse.
  • Colliers en perle d’ivoire et caïmans tannés, saisis à la douane suisse.
  • Pour cacher un animal vivant aux douaniers, les trafiquants ont de l’imagination.
  • Pour cacher un animal vivant aux douaniers, les trafiquants ont de l’imagination.
 

©Lisa Schäublin, Naturhistorisches Museum Bern, 2015

Musée d’histoire naturel de Berne, en français et allemand, jusqu’en mai 2017.

L’apps

Le WWF a mis au point une application qui permet de connaître quels sont les souvenirs issus d'espèces animales ou végétales que l’on peut ramener de voyage en toute légalité.

Télécharger l'application

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Raffaela Brignoni

Rédactrice

Photo:
Daniel Zupanc, Jutta Kirchner, Getty Images, Alamy
Publication:
lundi 07.11.2016, 14:30 heure



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