Pour Lamine M’Boup, un bon percussionniste doit savoir danser, jouer et chanter. Les trois font le musicien.

Lamine M'Boup: «La musique, c’est un fleuve»

Rencontre Lamine M'Boup travaille avec les archéologues fribourgeois et vient de sortir un CD avec son groupe. Il nous parle de la musique, de la nature, de l’Atlantique, de la Suisse.

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Notre musique ne parle que de ça: de paix, de l’humain. Et de rester positif»

Chanteur et percussionniste, Lamine M’Boup partage avec son groupe Foul Fayda son amour de la vie sur l’album de reggae et world music, Porte à porte. Arrivé en Suisse il y a 23 ans, le natif de Dakar pioche dans la mémoire de notre contrée depuis deux décennies avec le Service archéologique de l’État de Fribourg. Installé à Morat avec sa femme et leurs deux filles, le descendant d’une lignée de griots (troubadours africains) chante la paix et la solidarité.

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Lamine M’Boup, qui êtes-vous?
Je suis un Sénégalais né dans une famille de dix-neuf enfants. Une famille de griots et de musiciens. La musique coule dans mes veines. Mes ancêtres se sont promenés un peu partout au Sénégal en chantant et en contant les histoires du pays et des rois.

Qu’est-ce qui vous a conduit en Suisse?
Je suis né au bord de l’océan Atlantique et j’ai toujours regardé les paquebots qui naviguaient au large. En tant que jeune musicien et artiste, je rêvais de voir le monde, voir comment cela se passe ailleurs. Je ne suis pas seulement parti pour des raisons économiques, mais aussi pour me connaître moi-même, me mesurer. «Est-ce que j’arrive à vivre avec les autres ou pas?»

Et vous jouiez de la musique?
Oui, je jouais des percussions dans les rues de Neuchâtel, Bienne, Berne. Cela m’a ouvert des portes. J’ai rencontré d’autres Sénégalais qui dansaient. J’ai aussi connu ma femme Manuela à Berne.  

Votre album «Porte à porte» est une invitation à l’ouverture vers l’autre, à la solidarité entre les peuples…
C’est une métaphore de la porte que j’ai passée en quittant le Sénégal et celle que j’ai ouverte quand je suis arrivé en Suisse. J’ai trouvé des gens avec qui j’ai partagé beaucoup de choses ici. La solidarité lie aussi notre groupe Foul Fayda avec mes musiciens et mon arrangeur Douane Séne. Notre musique ne parle que de ça: de paix, de l’humain. Et de rester très positif. Si on regarde ce qui nous empêche de faire les choses, on ne les fera pas. C’est ce qui m’inspire et où je me sens bien!

Lamine M'Boup devant le bâtiment du Service archéologique de l'’État de Fribourg.

Que vous apportent le rythme et les percussions?
Beaucoup de joie. Dans la percussion, il y a de la musicalité, de la création, de la détente, de la recherche. C’est un truc de fou. Une énergie part de moi et de ce que je joue vers les autres. Il y a aussi un côté thérapeutique. Des rythmes qui sont faits pour soigner, calmer et méditer.

Que représente la Suisse pour vous?
Un havre de paix. Bien organisé, où les gens sont travailleurs. Elle m’a beaucoup appris. La politique des sept Sages et la démocratie directe m’enchantent. C’est un pays de référence au niveau mondial. Il y a la Croix-Rouge. Il y a cette paix que la Suisse apporte dans le monde. Cette culture d’aider les gens qui n’ont pas. C’est le truc qui me marque le plus!

Vous trouvez le temps de cuisiner?
De temps en temps. Mais il est clair que mon épouse Manuela cuisine beaucoup mieux que moi. J’aime beaucoup la viande. Les steaks-frites avec salade, la fondue bourguignonne… La fondue fribourgeoise! Bien sûr, je n’oublie pas la cuisine africaine.

Son album «Porte à porte».

Est-ce que vous skiez?
Non, mais j’accompagne ma femme et mes filles à la montagne. Je fais souvent de la luge au lac Noir et j’aime admirer les paysages. Je suis un contemplatif. Quand j’étais jeune, je jouais beaucoup au foot, c’était mon dada. Il y a deux ans, je m’entraînais avec les vétérans de Courgevaux. Ces temps, je fais du fitness chez moi. Mon boulot est aussi assez physique, parce qu’on pioche, on pelle, on gratte huit heures et demie par jour…

La nature en Suisse, ça a dû être un choc d’où vous veniez?
Les Alpes, les Préalpes, le Moléson, le Creux du Van, les glaciers… Tout cela m’a fasciné. J’adore ce côté alpin. Comme je bosse dans l’archéologie, les parois prennent une autre dimension. Le travail de la pierre, de la molasse, m’a beaucoup marqué.

Quelles sont vos passions?
Regarder un bon match de foot. Aller au bord des rivières et des lacs. Comme je suis une personne assez contemplative, l’eau me parle. Ça reste mon élément. Je pourrais même dire que je ressemble peut-être à l’eau. Ça coule, ça glisse, c’est la paix, c’est la générosité. Pour moi, la musique, c’est un fleuve qui coule. Il faut le suivre, tout simplement!

Qu’aurait été votre vie sans musique?
Parfois, j’ai l’impression que, sur cette Terre, chaque personne a un rôle à jouer. Sans la musique, peut-être que je ne serais pas là!

Son chapelet de prière, offert par son beau-frère.

Quatre dates dans les rythmes d’un percussionniste

1965 Naît à Dakar, Sénégal. Apprend les percussions d’abord en autodidacte.

1992 Arrive à Neuchâtel. De 1994 à 2008, joue dans le groupe de ballet africain Safara (percussion, danse)

2006 Premier prix au Seoul Drum Festival en Corée du Sud avec Safara. En 2012, crée le groupe Foul Fayda.

2015 Sortie de l’album «Porte à porte». En concert avec son groupe dès août: www.foulfayda.ch

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Alain Wey

Rédacteur

Photo:
Charly Rappo
Publication:
lundi 13.07.2015, 11:08 heure



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