À Fribourg où elle est née et où elle fait ses études. Devant la fontaine de Jean Tinguely, qui fut le mari de Niki de Saint Phalle.

Lauriane Sallin: «L’art est une forme de libération»

Miss Suisse 2016 Lauriane Sallin nous parle de son nouveau rôle et de sa liberté. De Niki de Saint Phalle. De Noël et de ses vœux dans l’espoir de la vie.

Elle a 22 ans, des idées qui grouillent, une matu et trois semestres d’uni en littérature et en histoire de l’art. Une voie qu’elle a choisie comme ça, d’un coup de cœur et parce que le contrat d’hôtesse de l’air qu’elle attendait ne venait pas. Elle voulait voyager, découvrir le monde par les airs et c’est une passion pour l’archéologie qui se révèle. Une jeune femme d’enthousiasme et de projets, qui sait la chance de la vie. Et une Miss qui ne manque pas d’en partager les espoirs.

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Mais qu’est-ce qui vous a poussée, vous qui faites des études de lettres, à participer au concours de Miss Suisse?
Je dois avouer que ce n’est pas vraiment un concours auquel j’avais pensé. Disons que je me suis inscrite à Miss Suisse cette année, dans une période très difficile. Ma sœur était malade et elle est décédée d’un cancer ce printemps. J’étais dans un moment de grosse révolution et de remise en question. D’un côté la vie me considérait comme assez mature pour pouvoir gérer ce qui arrivait à ma sœur. D’un tout autre côté, j’étais limitée au fait d’être une femme et souvent on me remettait dans ce rôle. Et je me disais qu’être une femme n’est pas une limite, qu’il faut dans ma vie que je fasse ce qui m’est possible. J’en parlais avec une amie qui m’a poussée dans mes retranchements et qui m’a parlé de ce concours. J’étais sceptique et on a regardé sur Internet la nouvelle ligne qu’avait prise Miss Suisse: mettre en avant un message, soutenir un projet, s’investir vraiment pour des causes qui nous tiennent à cœur. Je me suis présentée et les choses se sont enchaînées.

Dans le fond, à quoi sert d’être Miss Suisse?
C’est une belle opportunité, pour plusieurs raisons. Et tout d’abord, il y a la possibilité pour une jeune femme de se faire connaître et de se confronter, avec ses idées, au monde. C’est assez incroyable. Il y a des gens qui doutent de ce que je peux faire, mais vous voyez: on me tend un micro et il y a des oreilles qui viennent écouter… On peut donc transmettre quelque chose.
Et peut-être qu’à travers ce que j’ai vécu, des gens pourraient être aidés d’entendre que bien qu’on traverse des périodes difficiles, il y a toujours une liberté de choix. Même quand on a l’impression que tout est perdu, qu’on est bloqué de partout, il y a des choses qu’on peut choisir – où on veut être et à quel moment. Si on veut être là et soutenir les autres, ou bien partir.

Votre sœur, c’est elle qui vous a donné ce message de liberté?
C’est plutôt tout ce qui s’est passé avec elle, durant tout ce temps où elle a été malade. Je voyais ma sœur, moi qui n’ai jamais été à l’hôpital, qui n’ai jamais eu mal nulle part, et j’ai compris les chances que j’avais. Et j’en suis arrivée à cette réflexion que tout privilège exige une forme de devoir. Investis-toi, rends ce qu’on t’a donné, en essayant d’aller vers les autres. Si j’ai l’occasion d’avoir un petit message d’espoir, il faut que je le dise.

Vous qui étudiez l’histoire de l’art, un ou une artiste qui vous marque?
Niki de Saint Phalle. Elle a traversé dans sa vie des périodes extrêmement difficiles. Elle a été abusée durant son enfance. Et cette colère en elle, elle l’a transmise dans ses œuvres. Notamment dans ce qu’elle nomme ses «grosses nanas», ces énormes dames, c’est comme un exutoire. Ce qu’elle a vécu a été horrible et elle en a fait des femmes très rondes et très fortes. C’est une preuve que même quand on pense que tout est fichu, à travers l’art l’être humain arrive à faire quelque chose et trouver une forme de libération.

«La boucle d’oreille qui me rappelle mes mois passés en Grèce»

Noël, qu’est-ce que c’est pour vous?
C’est vraiment la famille. Tout le monde attend chaque année cette période où on se retrouve tous ensemble autour d’une énorme table avec tous mes cousins, mes oncles, mes tantes, il y a souvent des grands-oncles et des grands-tantes, on dîne, on discute, on a des liens très forts et c’est dans l’échange que ça se passe.

Et pour 2016, quels sont vos vœux?
De l’optimisme. Pour ma famille déjà, qu’on continue positivement par rapport à ce qui nous est arrivé – d’avoir espoir, plaisir dans la vie. Mais aussi vers tout le monde. Nous vivons des périodes assez troubles, avec le terrorisme, et si on peut rester optimiste, c’est peut-être le meilleur moyen de combattre, de ne pas laisser place à la terreur, de ne pas s’enfermer.

Les photos de famille qu’elle emporte

En 2025, comment vous voyez-vous?
Que j’aie la même envie – parce que là, j’ai des milliers d’envies! Mais dix ans, c’est beaucoup, presque la moitié de ma vie! Si j’aurai déjà des enfants? J’aimerais en avoir quand je serai prête à les accompagner. Ça demande pas mal de compréhension de la vie pour avoir des enfants. Là, maintenant, je me dis que je ne suis pas prête…

4 dates dans la vie de Miss Suisse

1993 Naît à Fribourg. Une sœur aînée (qu’elle a perdue), un frère cadet.

2011 Séjour de cinq mois en Allemagne pendant qu’elle prépare sa maturité au Collège Saint-Michel.

2012 En été, voyage d’un mois avec une amie, où elle découvre l’Afrique, la Côte d’Ivoire, Abidjan.

2015 Durant ses études de lettres, stages en archéo-logie à Athènes. Élue Miss Suisse le 7 novembre.

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Jean-Dominique Humbert

Rédacteur en chef adjoint

Photo:
Charly Rappo
Publication:
dimanche 20.12.2015, 14:25 heure



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