Le kung-fu pour exercer ses réflexes

Le kung-fu est un sport de combat qui a le vent en poupe auprès des adultes, mais aussi des enfants. Reportage à Yverdon-les-Bains.

Dong… Tour à tour, Anoki, Dani, Shems, Mathis et Steve ont le droit de taper dans le gong et d’intimer une posture au groupe. Ils se ruent sur la baguette pour se régaler au plus vite de ces secondes privilégiées!
Ces garçons suivent une heure de cours de kung-fu chaque mercredi après-midi à l’école Saolim d’Yverdon-les-Bains. Steve (8 ans) choisit le «spaghetti tout cuit»! Chacun se couche sur le dos et essaie de relâcher son corps. Christine Klein, l’enseignante, passe auprès de chacun, soulève une jambe ou un bras, afin de savoir s’ils sont parfaitement décontractés. «J’essaie de leur donner conscience de leur corps, qu’ils soient plus à l’écoute de leur ressenti.» Pour y parvenir, elle ébauche avec ses doigts une lettre ou un chiffre dans le dos des enfants, qui doivent en deviner la source. Entre crispations ou manque de concentration, ce n’est pas évident pour tous…

Pendant un enchaînement de mouvements.

Enchaînements de mouvements, exercices d’attaque et de défense ou marche à l’aveugle, le cours est varié. But du jeu: développer ses réflexes, gagner en souplesse, en confiance et en force. «Je ne leur fais ni théorie ni morale. Je m’engage pour qu’ils aient du plaisir à suivre ce cours», précise Christine Klein.

Dani à l’attaque, Shems à la défense.

Cours intensifs en Malaisie

La Vaudoise a eu un coup de cœur pour le kung-fu il y a cinq ans. «On a un jour assisté à une leçon avec ma fille aînée, pour essayer. On a fait du combat dès le premier cours et j’ai adoré! Non seulement je me suis beaucoup amusée, mais en plus, ça défoule tellement!» Depuis, cette femme à la base pas sportive s’est mise sérieusement au kung-fu. Elle a même suivi des cours intensifs en Malaisie, en y accompagnant Jean-Marc Baudat, fondateur de l’école yverdonnoise. Il a entendu le mot kung-fu pour la première fois lorsqu’il était à l’école enfantine. C’était en 1966, année de la révolution culturelle en Chine. «Ça m’a interpellé, je me suis dit que ce devait être un truc de fou», sourit-il. Une fois adulte, il a eu l’occasion de se former à cette discipline et s’occupe aujourd’hui de l’école Saolim.

À chaque coup de gong, une posture différente.

«C’est bien s’il y a des méchants»

«Trois on tourne sur les talons, quatre on avance en attaque, cinq on se retourne en défense…» Les enfants enchaînent les postures. Ils élèvent ensuite les bras ou les jambes pour se défendre face à une attaque de leur enseignante. «En sortant du cours, à chaque fois, je me dis que j’ai appris encore plus», s’enthousiasme Dani (8 ans).
Ses camarades le rejoignent sur le plaisir qu’ils ont à suivre ce cours. Ils évoquent l’intérêt d’apprendre à se défendre – «c’est bien s’il y a des méchants» – et en même temps le fait de se relaxer. «Grâce à leur pureté et à leur sagesse naturelle, les enfants savent mieux méditer que nous adultes, qui croyons tout savoir», observe Jean-Marc Baudat. Dernière inspiration.
Expiration. Le groupe se salue jusqu’à la semaine prochaine!

Steve relâche son corps: il fait le «spaghetti tout cuit»!

L'école Saolim

http://www.saolim.net/ 

Contact: Jean-Marc Baudat

Téléphone: 024 425 03 88

«Un sport très bon pour la coordination»

Quelle est la différence entre le wushu et le kung-fu?
En Chine, wushu veut dire «arts martiaux». «Wu» signifie guerre, «shu» art. Kung-fu se traduit par «travailler dur». Depuis les films de Bruce Lee, on utilise le terme kung-fu en Occident, plus facile à prononcer que wushu.

Corinne Coppey. Vice-présidente de la Fédération suisse de wushu.

Corinne Coppey. Vice-présidente de la Fédération suisse de wushu.
Corinne Coppey. Vice-présidente de la Fédération suisse de wushu.

Pourquoi initier des enfants à un «art de la guerre»?
Il y a ce côté combat qui enseigne des techniques de défense et d’attaque, mais on le développe selon l’éthique martiale, dans le respect de l’adversaire. C’est un sport très riche au niveau de la coordination, de la souplesse et de la force. Il demande de la concentration et de la maîtrise de soi.

Certains inscrivent leurs enfants au kung-fu pour canaliser leur trop-plein d’énergie. Une bonne idée?
Une heure d’activité par semaine ne suffit pas à canaliser l’énergie d’un enfant. Un sport n’est pas là pour résoudre tous les problèmes. Au kung-fu, outre la discipline, l’enfant apprend à respecter des règles, à se défouler et à respirer. Ça ne plaît pas à tous. À chaque enfant son sport.

Un sport À succès

Le kung-fu s’est implanté en Suisse vers la fin des années 1980. Créée dans les années 1990, la Fédération suisse de wushu compte 46 écoles.
En 2010, elle a dénombré 5950 sportifs. Les écoles n’étant pas toutes membres, les adeptes du kung-fu sont encore plus nombreux. Écoles membres de la fédération en Suisse romande:

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Joëlle Challandes

Rédactrice

Photo:
Darrin Vanselow, SP
Publication:
lundi 20.10.2014, 15:50 heure



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