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L’impressionnante installation de Vincent Ganivet qui donne de la couleur à la ville. ©Hilke Maunder - OTAH

Point de vue sur la ville normande avec l’incontournable église Saint-Joseph d’Auguste Perret. ©Ludovic Maisant - OTAH

La plage au coucher du soleil. Pendant la marée basse, se balader pieds nus est un must !

Le Havre souffle cette année ses 500 bougies avec une programmation éclectique.

L’impressionnante installation de Vincent Ganivet qui donne de la couleur à la ville.

On ne se lasse pas de la photographier


L’installation des artistes suisses Lang et Baumann de nuit.

L’église Saint-Joseph de l’extérieur.

Et de l’intérieur avec l’ «Accumulation of Power» de l’artiste japonaise Chiharu Shiota.

Les sièges de l’église rappellent un cinéma.

Les artistes Pierre et Gilles ont utilisé le thème des cabanes de plage du Havre dans leur expo Clair-Obscur actuellement au Muma (Musée d’art moderne André Malraux).




Le temple aux 5000 vœux de La BaZooKa accessible en barque.

Où l’on accroche son vœux.

Le Havre est La ville des architectes. Ici le Volcan du Brésilien Oscar Niemeyer. ©Ludovic Maisant – OTAH

La bibliothèque Niemeyer, véritable lieu de vie des Havrais. ©OTAH

Les Bains des Docks de Jean Nouvel ©Bains des Docks.

Le Havre au fil des arts

Anniversaire Pour fêter ses 500 ans, la ville normande s’est transformée en musée à ciel ouvert. Une occasion unique pour découvrir, le temps d’un été, son architecture fascinante, ses œuvres éphémères et ses habitants si attachants.

http://www.cooperation.ch/Le+Havre+au+fil+des+arts Le Havre au fil des arts

Dès notre arrivée à la gare du Havre, des indications au sol et des affiches un peu partout sur les murs annoncent la couleur. La cité portuaire souffle cette année ses 500 étés avec de nombreuses installations (gratuites) et des événements à découvrir jusqu’au 8 octobre prochain. La ville fondée par François Ier en 1517, détruite à 80% lors des bombardements de 1944, et reconstruite dans l’urgence après la guerre par les disciples de l’architecte Auguste Perret, a su mieux que quiconque renaître de ses cendres.

Un week-end au Havre

Elle s’expose aujourd’hui fièrement, prouvant que son image de ville morne, grise et froide est définitivement enterrée. Aussi bien les touristes que les Havrais peuvent ainsi découvrir sous un jour nouveau cette cité classée depuis 2005 au patrimoine mondial de l’Unesco. Quatre parcours ont été imaginés par le directeur artistique Jean Blaise. Ils permettent d’explorer en quatre temps, quatre lieux géographiques dans une ville qui vit quatre saisons en une journée. Jean Blaise a mandaté des artistes célèbres pour réaliser des œuvres inédites, censées s’inscrire dans l’esprit de cette cité ouverte sur le monde. L’office du tourisme organise des visites guidées gratuites pour découvrir ses installations pas toujours évidentes à comprendre.
Voici ma sélection des incontournables dans ce Havre éphémère, transformé en musée d’art moderne, à voir cet été.
Un billet à 7 euros, pour deux jours, permet d’emprunter les transports en commun pour accéder plus rapidement aux œuvres situées aux quatre coins de la ville. De quoi prévoir dès à présent un week-end prolongé.

La cité des containers

Impossible de manquer «la Catène de containers» de Vincent Ganivet. L’installation détonne dans le paysage uniforme du classicisme structurel d’Auguste Perret et donne du peps à la rue de Paris qui s’étend depuis l’Hôtel de Ville jusqu’au port. Constituées de containers peints dans des couleurs ultra flashy, deux arches monumentales sont érigées dans les airs. L’artiste français s’est inspiré de la technique de la chaînette de Gaudí pour assembler des containers pesant des dizaines de tonnes dans une sculpture élancée, tout en légèreté. Dès que le ciel se pare de bleu, les passants s’emparent de leurs appareils photos ou de leurs smartphones et cherchent les angles les plus photogéniques. L’utilisation du container n’est nullement due au hasard, Le Havre étant le premier port français pour le transport de containers.
Pour découvrir l’histoire de ces derniers, la signifi­cation de leurs couleurs (les containers blancs, par exemple, sont réfrigérés et contiennent des aliments), les coulisses du commerce maritime havrais, il est possible de réserver une visite guidée du port en bateau. Elle ne fait pas partie de cette programmation anniversaire mais vaut la peine. Le retour au port de plaisance avec au premier plan les cabanes de plage portant l’empreinte du Hollandais Karel Martens (photo en page 77) et au deuxième plan la ville qui passe du gris au beige-rose selon l’heure de la journée, avec l’église Saint-Joseph, édifice immanquable, reste un moment magique de cette visite.

Les sons du Havre

À droite de la Catène de containers, au Port Center, se trouve une autre installation qui ne manque pas de poésie. Il s’agit des «Passagers du son» de Charlotte Roux, réalisatrice et productrice à Radio France, originaire du Havre. L’accès y est gratuit. On se rend au premier étage où nous attend une baie vitrée encerclée d’enceintes avec au milieu des poufs colorés qui invitent à se poser. Le voyage sonore se fait en dix escales qui nous plongent dans l’univers des quais, des docks, des propriétaires de cabanes de plage…
On observe le paysage portuaire et les bateaux qui passent. Les nuages défilent en plongeant dans l’atmosphère de la ville au travers de ces petits instants de vie sonores.

Autour du Volcan

Les Havrais ont déjà adopté cette installation aquatique.

«Impact» de Stéphane Thidet fait partie des installations qui resteront après les festivités. Deux polyèdres, éloignés à 60 m l’un de l’autre, laissent jaillir deux jets puissants par intermittence. Les jets sont projetés l’un contre l’autre. De l’impact, un pont aquatique se crée, jamais identique, toujours en mouvement. Et de l’autre côté de la route, se trouve le «Volcan» blanc immaculé de l’architecte brésilien Oscar Niemeyer (1982). Aussi surnommé le «pot de yaourt» par les locaux, ce lieu culturel auquel les habitants sont aujourd’hui très attachés, représente le point de départ des visites guidées.
À l’arrière, le petit Volcan et une partie de la place basse ont été réaménagés en bibliothèque en 2015. Ce lieu de vie design, lumineux, aérien et confortable, où se côtoient toutes les générations, fait partie de mes coups de cœur.
Au-dessus du Volcan se trouvent de nombreux bars et restaurants. Une mention particulière pour le restaurant napolitain Al Dente, ou le traditionnel français Le Grignot.

La magie de l’océan

UP#3 des Suisses Lang et Baumann épouse la plage.

Où que l’on aille la mer (l’océan) n’est jamais bien loin. On y admire actuellement l’installation UP#3 du couple suisse Lang et Baumann. Conçue initialement pour être installée sur la Porte Océane, l’œuvre a été finalement déplacée «pour des questions de sécurité» à quelques mètres de là, sur la plage. On apprécie les différents cadres qu’elle donne à notre vision et son évolution au fil des heures. Lorsque le soleil est au zénith, elle permet de trouver un peu d’ombre sur la plage qui en manque cruellement. Le soir, elle épouse la mer et sublime le coucher du soleil.
Pour se baigner, avant que l’eau atteigne des températures agréables (dès juillet), on peut se rendre à la piscine. Surtout lorsque cette dernière est signée Jean Nouvel! Il s’agit du Bain des Docks, un complexe aquatique inauguré en 2008, inspiré des bains romains. On peut accéder à la piscine pour 4,90 euros (prix adulte) ou aux spa et piscine  pour 12,90 euros. À noter, pour les hommes, que seuls les slips de bain sont admis et les caleçons de bain bannis!
On admire l’architecture (qui mériterait une rénovation) en nageant ou en bronzant. Et comme partout, on discute avec les locaux qui semblent apprécier leur vie au Havre, une ville où l’on prend encore le temps de discuter et de se rencontrer.

Le phare dans la ville

L’œuvre rouge tissée de Chiharu Shiota se reflète sur les parois en béton.

L’œuvre rouge tissée de Chiharu Shiota se reflète sur les parois en béton.
http://www.cooperation.ch/Le+Havre+au+fil+des+arts L’œuvre rouge tissée de Chiharu Shiota se reflète sur les parois en béton.

L’église Saint-Joseph est Le monument qui caractérise Le Havre. Avec une tour de 107 m de hauteur, elle joue le rôle d’un véritable phare dans la ville. Elle permet, par exemple, de s’orienter facilement pour retrouver son hôtel, qui par chance pour ma part se trouvait juste en face (Hôtel Vent d’Ouest). Ce chef-d’œuvre réalisé par Auguste Perret (mort avant la fin de la construction) date de 1957. Faite en béton armé, le matériau de prédilection de l’architecte, l’église est une réelle prouesse technique. Elle ne possède par exemple aucun pilier dans sa partie centrale. Extrêmement solide, elle résiste aux vents (très fréquents) tout en gardant une allure légère. Les claustras inspirés d’Afrique du Nord sont garnis de vitraux blancs à l’extérieur, colorés à l’intérieur. Pour réaliser ces derniers, Auguste Perret a fait appel au célèbre maître verrier Marguerite Huré qui a su donner couleurs et vie à cet endroit envoûtant.
Pour le 500e, la célèbre artiste japonaise Chiharu Shiota, saluée par la critique lors la Biennale de Venise de 2015 notamment, a conçu un tourbillon de laine rouge au-dessus de l’autel. Provocante voire dérangeante pour certains, brillante pour d’autres, cette œuvre ne laisse en tout cas personne indifférent. Elle symbolise le pouvoir spirituel qu’exerce une église; pouvoir que ressentiraient aussi bien les croyants que les non-croyants.
Pour découvrir de près l’architecture de Perret et/ou visiter l’appartement témoin, qui est aménagé dans le style des années 1950, s’adresser à l’office du tourisme.

«The place to be» de cet été

Les propriétaires des quelque 700 cabanes de plage ont, pour une grande partie, laissé l’artiste Karel Martens repeindre leur lieu de loisirs.

Pour se rendre au Havre depuis la Suisse, prendre le TGV en faisant une escale à Paris. Compter deux heures depuis la
capitale. Faites votre programme estival ou réservez des visites guidées sur:

www.uneteauhavre2017.fr
www.lehavretourisme.com
Jasmina Slacanin

Rédacteur

Photo:
Hilke Maunder - OTAH, Stéphane Thidet, Jasmina Slacanin; carte Rich Weber
Publication:
lundi 26.06.2017, 13:20 heure