Manjit Singh (54 ans) produit du coton bio depuis dix-sept ans. Grâce à ce nouvel engrais bio, sa récolte a augmenté d’un tiers.

Le bio en Inde c’est coton mais prometteur

Cultures Des producteurs de coton indiens croient en l’agriculture biologique. Leur rendement est moindre mais leurs dépenses aussi. À l’horizon se profile peut-être un gain.

La demande en produits bio ne cesse d’augmenter: œufs bio, viande bio, légumes bio, coton bio, etc., ont la cote. Si le nombre d’agriculteurs bio est relativement élevé en Suisse, il augmente aussi en Inde, pays d’où provient le coton bio, matière première de la gamme Naturaline de Coop.
Les paysans bio indiens ont un point commun avec leurs homologues suisses: la conviction. «Mais ils ont aussi une famille à nourrir», ajoute Ishwar Patidar. Directeur de recherche de «bioRe Association» en Inde, il collabore à une étude de l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL) de Frick (AG). But: déterminer si l’agriculture bio est rentable.
Les premières analyses de cette recherche, qui s’étend sur huit ans, ont révélé que les cultivateurs bio récoltent entre 7 et 15% de moins, mais que leurs coûts sont sensiblement moindres. «Si nous réussissons à créer des conditions optimales et à transmettre aux agriculteurs le savoir-faire nécessaire à une agriculture biologique efficace, le succès économique sera au rendez-vous», affirme le directeur de recherche.
L’approvisionnement en phosphore (qui sert d’engrais pour le sol) étant particulièrement compliqué dans les cultures bio, l’équipe d’Ishwar Patidar a créé, sous la direction scientifique du FiBL, une mixture constituée de fumier bovin, de babeurre et de phosphates bruts. Mélangés dans les bonnes proportions, les composants de ce compost améliorent sensiblement le rendement. «Sur 100 m2 de sol fertilisé, je peux récolter 19 kilos de coton bio, contre 11 seulement dans un champ non fertilisé», déclare Manohr Lal Karma, producteur de coton bio.

Des variétés testées

Ces dernières années, les semences biologiques font défaut en Inde. Du coup, de nombreux producteurs de semences ont adopté des variétés génétiquement modifiées (OGM). Afin de disposer de semences de qualité en quantité suffisante, Remei, l’entreprise zougoise qui achète le coton bio pour Naturaline, développe sa propre production, avec le soutien de Coop et en collaboration avec l’université indienne de Dharwad et le FiBL. On teste des variétés pour voir si elles sont adaptées à la culture à grande échelle. Si oui, rien ne s’opposera au développement de l’offre de textiles en coton bio.

Comparaison de systèmes

Le bio en vaut la peine

Avec Coop, l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL) réalise depuis 2007 une étude de longue durée sur trois sites au Kenya, en Bolivie et en Inde. En Inde, en collaboration avec la «bioRe Association», il compare le coton, le soja et le blé de cultures conventionnelles, biologiques et biodynamiques. Dans le cas du coton, l’étude est complétée par une variété de semence génétiquement modifiée. Un aspect majeur de ce projet de recherche est l’implication des agriculteurs locaux. Leurs connaissances pratiques et leurs questions concrètes sont intégrées à la recherche. À partir de cette année, Coop concentrera son soutien sur le développement de la culture biologique et la lutte contre les ravageurs du coton bio en Inde. Elle soutiendra également le développement de semences bio de qualité. Cette démarche a pour objectif de continuer à améliorer les conditions de la culture de coton bio en Inde au cours des quatre prochaines années. Les agriculteurs bio bénéficient ainsi d’un revenu assuré et la matière première des textiles en coton bio et équitables de Naturaline est garantie.

Récoltes et Revenus nets