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Cendrillon a aussi droit à sa robe de bal en 2015! Et à des pantoufles… de verre.

Alice a 19 ans dans son pays des merveilles, dans l’œil de Tim Burton (2010).

Une scène de «Trois noisettes pour Cendrillon», un film tchécoslovaque de 1973.

Le conte est bon

Phénomène Une nouvelle adaptation de «Cendrillon» débarque au cinéma mercredi prochain. Les contes fascinent petits et grands depuis la nuit des temps: des festivals leur font la part belle en Suisse romande.

Fées, princesses, sorcières, rois, nains, dragons… Ils traversent les âges et les frontières. «Les contes n’ont jamais quitté notre mémoire collective. Mais ce ne sont pas des pièces de musée, il s’agit d’un art vivant, dont le véritable vecteur est la parole», soutient la comédienne et conteuse Catherine Gaillard.
S’ils sont d’abord racontés oralement, les contes inspirent les écrivains, dessinateurs, metteurs en scène ou cinéastes. Des adaptations d’histoires traditionnelles sortent régulièrement. Mercredi 25 mars, c’est une nouvelle version de Cendrillon qui arrive au cinéma en Suisse romande. Une production américaine signée Kenneth Branagh, avec Lily James dans le rôle de Cendrillon. Coopération a rencontré la comédienne à Londres.

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Nous sommes tous du côté de la fille qui n’a rien et finit par tout obtenir»

Lily James, interprète de Cendrillon

Georges Méliès a réalisé le premier Cendrillon en 1899 déjà, au début de l’histoire du 7e art. «Le cinéma s’est toujours appuyé sur un répertoire populaire pour ses réalisations. Ce médium coûte cher et il n’y a rien de plus risqué pour un studio que de sortir un film dont personne n’a jamais entendu parler, en terme d’histoire ou de personnage», souligne Charles-Antoine Courcoux, maître d’enseignement et de recherche à la section d’histoire et esthétique du cinéma de l’Université de Lausanne.

Le carrosse de Cendrillon dans la toute nouvelle version de Kenneth Branagh.

Standardisation et innovation

Le chercheur observe que le plus souvent, les films qui sortent sont des adaptations de romans, BD, séries, jeux vidéo, contes, pièces de théâtre, ou des suites et des remakes: «Le cinéma dominant se méfie de la nouveauté complète, il s’inscrit dans une logique qui mêle standardisation et innovation.
L’adaptation est au cœur de cette stratégie.» Charles-Antoine Courcoux constate que le film de Kenneth Branagh s’inscrit dans un cycle de productions qui se destinent en priorité à des adolescentes et à des jeunes femmes: «L’industrie a réalisé depuis la fin des années 1990 que le jeune public féminin était très lucratif. Deux films ont signalé ces potentialités: Titanic et Scream. Depuis, des films à gros budget lui sont destinés.»
Les fables initiatiques telles que Cendrillon, Blanche-Neige, Hunger Games ou Cinquante nuances de Grey sont des exemples de productions destinées à ce public. «Je constate que si l’affiche de ces films montre souvent l’héroïne comme un personnage puissant, elle est paradoxalement passive et assujettie à une autorité masculine dans le film», considère l’historien du cinéma, qui assure que le cinéma a un rapport très dynamique avec la société: «Il est forgé par nos représentations et il les influence aussi.»
L’expression girl power (le pouvoir des filles) est emblématique à ses yeux: «C’est un vrai sexisme. Le supplément de pouvoir se paie d’une sorte d’infantilisation qui est absente de l’équivalent masculin man power.» Dans les deux dernières adaptations de Blanche-Neige (Blanche-Neige et le chasseur et Blanche Neige), sorties en 2012, Charles-Antoine Courcoux note que l’autonomie accrue de Blanche-Neige est liée à sa reconnaissance de la supériorité du père. Le chercheur de l’Université de Lausanne observe que certaines productions ne font pas que rejouer cet assujettissement mais le problématisent. Sorties de films à suivre!

Dans «Blanche-Neige et le chasseur» (2012), l’héroïne incarnée par Kristen Stewart a été formée à la guerre.

Une fille qui combat les dragons

Aux yeux de la conteuse professionnelle Catherine Gaillard, il tient à la société de faire en sorte que les contes ne manquent pas d’héroïnes. Elle estime que ce ne sont pas les contes qui valorisent uniquement les héros: «Si une fille va combattre les dragons, ça ne change pas le conte. Mais il va assurément être lu différemment.»
La comédienne était la marraine du festival de contes Les Jobelins, qui s’est déroulé du 5 au 8 mars dernier à Neuchâtel. Elle se réjouit du développement dont bénéficient les contes sur le plan des festivals: «On n’est plus assis devant une cheminée en écossant les petits pois avec tous les villageois qui racontent des histoires de leur répertoire. Mais le conte a su s’adapter. S’il peut se raconter partout, il a su ouvrir les portes de la scène. Les récits traditionnels et contemporains continuent de vivre, de manière éblouissante. Les festivals de contes germent un peu partout.»
Preuve que les contes continuent à vivre en Suisse romande: le défi que s’est lancé l’association L’Arbre à contes pour fêter ses 10 ans: «Dire tout Grimm». Elle a réparti les 201 contes des frères Grimm entre quelque 120 conteurs. Jusqu’en novembre, ces derniers assureront 45 conteries dans tous les cantons romands!

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Les fables initiatiques comme Cendrillon sont destinées au jeune public féminin»

Charles-Antoine Courcoux, historien du cinéma
 

Le nouveau film

Une adaptation fidèle

Après la mort tragique de sa mère, Ella (Lily James) accueille avec bienveillance sa nouvelle belle-mère, Lady Tremaine (Cate Blanchett) et ses demi-sœurs. Mais quand son père adoré disparaît à son tour, la jeune fille se retrouve à la merci de son odieuse famille qui fait d’elle sa servante et la surnomme Cendrillon parce qu’elle est toujours couverte de cendres. Pourtant, Ella respecte la promesse faite à sa mère sur son lit de mort. Elle sera courageuse et bonne, même envers ceux qui la maltraitent. Lorsqu’on lui interdit d’aller au bal organisé par le prince du royaume, elle peut compter sur sa bonne fée (Helena Bonham Carter) pour se rendre au palais. Fidèle au conte, cette adaptation réussie est portée par le charme de Lily James et brille par ses décors et costumes somptueux. CID

Cendrillon ou le triomphe de la bonté

Entretien L’actrice anglaise Lily James (25 ans) campe une Cendrillon stoïque et pleine de compassion dans le nouveau film de Disney.

Que représente pour vous le conte de Cendrillon? Évoque-t-il des souvenirs d’enfance?
Ce sont surtout les chansons du dessin animé de Disney qui m’ont marquée. Je fredonne d’ailleurs A dream is a wish your heart makes à la fin de notre film. J’adore l’idée que le rêve et l’imagination puissent nous transporter ailleurs. Pour moi, cette musique a quelque chose de magique et de romantique.

Votre film fait l’apologie de la bonté. N’est-ce pas une vertu démodée dans le monde d’aujourd’hui?
C’est peut-être cette idée fausse que nous essayons de changer. La bonté ne peut pas être tendance ou démodée. Elle fait simplement partie de la nature humaine. Moi, je préfère les gens bons. Et puis on peut être gentil et considéré mais s’éclater quand même!

C’est vrai que votre Cendrillon s’inspire de Gandhi et Mandela?
Nous avons évoqué ces références avec Kenneth Branagh, le réalisateur du film, sans trop nous y attarder pour ne pas avoir l’air prétentieux! L’idée de ne pas combattre la violence par la violence m’a été utile pour comprendre pourquoi Cendrillon réagit comme elle le fait aux provocations de sa belle-mère. Et puis,j’ai beaucoup pratiqué le yoga et la méditation pour me sentir vraiment présente à mon corps. Cendrillon vit à fond l’instant présent, ce qui n’est pas évident dans la vie quotidienne. Quand je ne faisais pas de yoga pendant une semaine, j’avais du mal à habiter le personnage.

Cette adaptation du conte est très classique…
Elle est traditionnelle mais nous n’avions aucune raison de complètement chambouler l’histoire. De faire porter une épée à Cendrillon ou de la transformer en une fille super-forte, comme c’est souvent le cas quand Hollywood essaye de moderniser les histoires de princesses. Sa force est intérieure et son odyssée est celle de l’outsider. C’est une histoire de persévérance, le récit d’une fille qui, par sa bonté, triomphe à la fin. Je sais que la bonté n’est pas toujours récompensée dans la vie mais notre but est d’inspirer les enfants. Quand j’ai lu le scénario, j’ai été ravie que le conte ne soit pas dénaturé.

Comment expliquez-vous sa pérennité?
Je pense que nous sommes tous du côté de l’outsider, de la fille qui n’a rien et finit par tout obtenir. Et puis il y a du rêve, comme dans tous les contes de fées, beaucoup d’humour, de la magie, de l’amour et de la danse. C’est une histoire magnifique!

Avez-vous l’impression de vivre un conte de fées en ce moment?
Oui, surtout lorsque je me suis retrouvée à la première du film l’autre soir. Ma mère et mes frères avaient fait le déplacement et s’étaient tous mis sur leur trente et un. Je posais pour les photographes sur le tapis rouge, entourée de Cate Blanchett et d’Helena Bonham Carter, deux des plus grandes actrices qui soient. Et je portais une robe signée Dior!

Votre réaction lorsque vous avez décroché le rôle?
J’ai crié! J’avais dû passer une myriade d’auditions et c’est Kenneth Branagh qui m’a téléphoné en personne pour m’annoncer la nouvelle. Il m’a dit que je devais le garder pour moi jusqu’à l’annonce officielle. Je me trouvais sur le plateau de Downton Abbey (ndlr: elle incarne Lady Rose dans la série) et j’ai cru que j’allais exploser tellement je mourais d’envie de le raconter à tout le monde. Le moment venu, nous avons interrompu le tournage d’une scène et mon collègue Hugh Bonneville a annoncé à toute l’équipe: «Notre Lady Rose va incarner Cendrillon!» C’était vraiment adorable.

Propos recueillis par Miguel Cid, Londres

Succès intergénérationnel

Les contes marquent les esprits à tout âge

Dona Plumey, 47 ans, mère au foyer, Marin (NE)

«J’aime aller écouter des contes. C’est du beau parler je trouve, des mots que l’on n’emploie pas autrement. J’en lis aussi beaucoup. J’ai quatre enfants et je lis toutes leurs lectures avant eux pour anticiper leurs questions et les leur poser s’ils ne les posent pas! J’ai eu l’occasion de raconter une histoire devant la classe de mon fils de 8 ans lors d’une nuit de la lecture. Même si j’ai eu le trac, ça m’a plu! Alors je me suis inscrite à un stage pour apprendre à conter.»

Théotim Genoud, presque 7 ans, et sa sœur Solanie, 9 ans, Grandvaux (VD)

«Tous les soirs avant de dormir, on peut choisir une histoire chacun et papa ou maman nous la lit. On choisit les livres à la bibliothèque une fois toutes les trois semaines.» L’histoire préférée de Théotim, c’est celle de Cornebidouille, une sorcière qui vient gronder un enfant la nuit parce qu’il ne mange pas sa soupe. Elle se transforme en citrouille… Quant au coup de cœur de Solanie, il s’agit d’une rencontre entre une fée chipie et un garçon intelligent.

Thérèse Schafroth, 54 ans, réflexologue, Saint-Imier (BE)

«Un jour, j’ai été très touchée par un conte évoquant un arbre de vie. Sa symbolique m’a plu. Je l’ai alors noté et il m’est toujours resté. Depuis, j’ai assisté à plusieurs veillées de contes, qui incluent toutes un moment de partage. Ce sont des soirées très riches. À l’inverse, je regrette que certaines histoires qu’on raconte aux enfants ont été tellement trafiquées que le sens n’y est plus vraiment.»

Patricia Mathez, 48 ans, planificatrice de production, Gampelen (BE)

«Lorsque j’ai découvert les contes à l’occasion d’un festival il y a quelques années, j’ai été subjuguée. Ces histoires m’ont fait rêver. Un conte me plaît à partir du moment où je perds la notion du temps et que le décor se fait dans ma tête. Peu importe son style ou son origine. Petit à petit, j’ai eu envie d’essayer de conter à mon tour. Je commence dans le cadre privé et verrai ensuite ce qui se présente.»

Catherine Gaillard, 52 ans, conteuse et comédienne, Genève

«Les contes sont constitutifs de notre humanité. Ils sont là depuis qu’on a le langage articulé dans les cavernes où l’on faisait brûler les premiers feux. Ce sont des archétypes de l’âme humaine, un savoir populaire transmis par l’oralité, intrinsèquement lié à ce qui nous constitue. De plus, c’est un matériau irremplaçable pour comprendre les civilisations et les cultures.»

Coline Jäggi, 21 ans, maquettiste dans le design industriel, La Chaux-de-Fonds

«Un conte issu du folklore amérindien m’a aidée à comprendre beaucoup de choses car il a une résonance sur mon vécu. C’est l’histoire d’une femme amoureuse d’un ours. Comme cela ne se fait pas, son père décide de tuer l’animal. Elle s’enfuit, se transforme en ours, devient complètement enragée et massacre tout le village… Preuve que les contes ne s’adressent pas forcément aux enfants!»

Dix contes au cinéma ces cinq dernières années

Source: Wikipedia, Mojo, Imdb, ProCinema

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Cendrillon

Nouvelle version de Kenneth Branagh

Rendez-vous à Disneyland Paris

Coop organise avec Disney un grand concours à l’occasion de la sortie du film «Cendrillon». À gagner: 30 week-ends pour 4 personnes à Disneyland Paris, avec une invitation à «Magie avant minuit: le bal». De nombreux autres prix sont en jeu pour les membres du club Hello Family. Participation jusqu’au 11 avril!

Concours Disney

La question de la semaine

Vous souvenez-vous du conte qui vous a le plus marqué? Que raconte cette histoire et que vous a-t-elle apporté?

Partagez vos coup de cœur avec nous!

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Joëlle Challandes

Rédactrice

Texte réalisé avec la collaboration de Mirko Stoppa et Annina Striebel

Photo:
Charly Rappo/arkive.ch, Darrin Vanselow, Disney, Alamy, Imago, SP
Publication:
lundi 16.03.2015, 16:00 heure



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