1 von 11


Le jardin alpin et ses rocailles exigent un important travail de désherbage.

Bouddha pour l'exposition plantes et spiritualités

Insectes pour lutter contre les ravageurs

La chouette géante au coeur des rocailles

Le fameux carrousel du jardin botanique

Le jardin botanique compte plusieurs serres

Le jardin zen avec son torii rouge

Magnifique paon en liberté

Un cerf réalisé avec du bois mort

Un chêne majestueux

Un jardinier en pleine action dans la prairie de fauche

Le jardin botanique mise sur le bio

Écologie Les Conservatoire et jardin botaniques de la Ville de Genève signent une première pour une collectivité publique: depuis le début de l’année, ce magnifique espace vert est certifié 100% bio.

Les habitués du splendide jardin botanique de la Ville de Genève – familles, joggeurs ou passionnés de botanique – n’ont probablement pas remarqué de différence. Pourtant, depuis le début de l’année, la quarantaine de jardiniers des Conservatoire et jardin botaniques cultivent un jardin 100% bio qui respecte les normes de Bio Suisse. Une première pour une collectivité publique helvétique. Seuls les Merian Gärten de Bâle, propriété d’une fondation, avaient déjà fait le pas de la certification bio.

Abonnez-vous ici à la newsletter pour suivre l'actualité de Coopération

«J’ai fait le constat qu’on était presque bio et réalisé que passer au 100% bio pour la partie jardin était possible», explique le jardinier-chef Nicolas Freyre, dans son bureau de la villa Le Chêne, au cœur du parc. «Valentin Irschlinger, étudiant de l’Hepia (ndlr: Haute École du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève) a été mandaté pour voir ce qui nous manquait et mesurer le pas à franchir. Il a effectué son travail de bachelor et a identifié les produits interdits et les techniques à utiliser qui soient compatibles avec le cahier des charges bio.» Le but de la démarche? Protéger l’environnement et améliorer les conditions de travail et la santé des jardiniers. «Nous utilisons des produits beaucoup moins nocifs. Nous avons travaillé sur une approche solutions. Ça a été une des clés du succès et ce changement a été bien accepté par les jardiniers», se réjouit l’ingénieur agronome.

Le jardinier-chef Nicolas Freyre est heureux de ce passage réussi au bio.

Objectifs écologiques

Pendant deux ans, le jardin botanique est en période de reconversion. «Nous avons le droit d’utiliser le fourrage de 2014 encore cette année. Bio Suisse fait preuve d’un bon sens paysan», commente Nicolas Freyre. Le premier contrôle en février dernier s’est très bien passé. «C’est un soulagement et une satisfaction. Nous n’allons pas gagner de l’argent en passant au 100% bio, le budget reste inchangé. Les objectifs sont écologiques. Le but est également de donner une image positive du jardin et de la Ville. C’est le jardin des Genevois! On ne pollue pas le lac juste à côté.»

«

Le bio nous force à mieux comprendre la nature»

De nombreuses techniques et produits sont utilisés pour traiter les plantes et lutter contre les ravageurs tout en respectant le cahier des charges de Bio Suisse, qui fait pas moins de 286 pages! Du savon noir est utilisé contre les pucerons, de l’huile de colza ou une coccinelle australienne contre les cochenilles, des insectes pour parasiter les nuisibles, de la raclure de corne remplace les engrais chimiques. Les engrais bio proviennent surtout du recyclage de matière organique. Plusieurs centaines de m3 de compost sont également utilisées chaque année.

De la poudre avec des insectes auxiliaires est utilisée pour lutter contre les ravageurs.

De la poudre avec des insectes auxiliaires est utilisée pour lutter contre les ravageurs.
De la poudre avec des insectes auxiliaires est utilisée pour lutter contre les ravageurs.

Des insectes bien utiles

Depuis une dizaine d’années déjà, soit bien avant la certification bio, le jardin botanique lutte contre les insectes ravageurs avec des insectes auxiliaires. Démonstration dans la moiteur tropicale du jardin d’hiver. «Dans cette boîte, il y a un cocktail d’insectes prédateurs qui vont pondre dans les insectes ravageurs et les tuer», explique le jardinier Vincent Goldschmid. Il saupoudre des plantes de la serre avec le mélange. Il nous présente ensuite un petit carton avec des œufs collés sur un adhésif: «C’est un hôtel à insectes! Nous abritons énormément de parasites différents donc nous devons utiliser beaucoup d’auxiliaires pour lutter contre les ravageurs. Il y a toujours quelque chose qui va bouffer un bout de feuille! On peut se permettre de ne pas avoir des plantes parfaites mais il doit toujours y avoir un équilibre entre parasites et auxiliaires. On doit y aller à tâtons.» «Ça a remplacé les insecticides. Ça marche bien!» ajoute Nicolas Freyre. «Il faut accepter et trouver un certain équilibre: les pucerons sont nécessaires pour nourrir les larves de coccinelles. Il faut toujours faire attention de ne pas perturber l’écosystème.»
Parfois aucune solution n’est trouvée comme dans le cas de cet insecte qui tue des plantes au joli nom d’hellébores. Nicolas Freyre sollicite alors un étudiant de l’Hepia: «Il essaie de comprendre le cycle de l’insecte et cherche un traitement adapté pour soigner la plante attaquée. Le bio nous force à mieux observer et comprendre la nature. Avant on faisait un traitement chimique et c’était réglé! Cela permet aux jardiniers de redécouvrir une facette de leur métier.»
Depuis la certification, plusieurs techniques sont interdites comme, par exemple, la stérilisation des sols à la vapeur. Cette méthode tue les germes des mauvaises herbes mais aussi tous les microorganismes du sol ainsi traité. L’interdiction implique donc davantage de désherbage. Un procédé surprenant est utilisé pour autant que le temps à disposition soit suffisant: la technique du faux semis. «On prépare le sol, on arrose mais on ne plante pas. Après quelques jours, on peut arracher les mauvaises herbes et planter», explique Nicolas Freyre. Au printemps, cette technique est toutefois peu utilisée: «C’est le rush total. Il y a tout en même temps!»
Pour le jardinier-chef, cette certification 100% bio est importante pour le jardin botanique: «On prouve que le bio, c’est possible. Nous espérons que d’autres espaces verts feront le pas. Nous sommes à disposition pour partager notre expérience.»

Le jardin d’hiver abrite de magnifiques plantes tropicales appréciées des visiteurs.

Infos pratiques

Jardin botanique de Genève

Il se trouve à Chambésy, entre l’ONU et le lac Léman, au nord de Genève. Entrée libre. Visites guidées le mardi, sur inscription, et le jeudi. Site: www.ville-ge.ch/cjb

1) Des flottins dans les rocailles

Le splendide jardin alpin ou jardin des rocailles renferme des plantes de montagne des Alpes mais aussi des Andes ou de l’Himalaya. Quelque 3500 plantes différentes sont ainsi présentées. Le lieu exige un désherbage manuel important de la part des jardiniers. Sandrine Bersier réalise une surprenante autruche avec du bois flotté. «Nous allons disséminer les sculptures dans les rocailles», précise la jardinière. «L’aspect créatif est génial. Ça me plaît beaucoup!» Après le volatile, la jeune femme s’attaque à un soleil avec le bois ramassé au bord du lac Léman. Pour cette réalisation, le jardin botanique a collaboré avec le Théâtre de la Toupine d’Evian (France) qui y réalise le Fabuleux village des flottins chaque année à Noël.

2) Plantes et spiritualités

Les Conservatoire et jardin botaniques de Genève proposent l’exposition temporaire «Plantes & Spiritualités».
Bienfaisantes ou maléfiques, les plantes sont souvent associées aux rituels religieux et représentent des symboles forts. Un jardin zen japonais avec un magnifique torii rouge a notamment été créé pour l’occasion par le menuisier et les jardiniers. Il sera conservé après la fin de l’exposition temporaire conçue comme une promenade interactive dans le jardin botanique. «Nous parlons de l’utilisation des plantes par les différents courants spirituels, des grandes religions aux esprits de la forêt», précise Nicolas Freyre. À découvrir jusqu’au
18 octobre.

3) Élevage de races rares

Le jardin botanique ne cultive et conserve pas seulement des plantes. Outre les magnifiques paons et autres flamants roses appréciés des enfants, des races rares de moutons, chèvres et poules sont élevées en collaboration avec Pro Specie Rara. Les visiteurs peuvent observer des moutons roux du Valais et des moutons de l’Oberland. Ce printemps, leur enclos a été déplacé de l’est au cœur du jardin. «Ici, les moutons ont une meilleure visibilité. Nous élevons des races rares, en voie de disparition, dans un but de conservation», explique Nicolas Freyre. «Nous plaçons régulièrement des adultes chez des éleveurs.» Avec la certification bio, certains compléments alimentaires donnés aux animaux en hiver ont été supprimés et substitués par des céréales bio. La luzerne cultivée localement a remplacé avantageusement le soja sud-américain.

Commentaires (0)

Merci pour votre commentaire

Ce commentaire comprend-il des contenus douteux?

Le texte va être contrôlé et éventuellement adapté ou bloqué.

Votre commentaire

Vous n'avez pas encore écrit de commentaire!

Ce champ doit être complété. Merci.

Champ obligatoire
Ce champ doit être complété. Merci.





Veuillez recopier le code de sécurité:

$springMacroRequestContext.getMessage($code, $text)






Merci de prendre connaissance de notre charte et ne manquez de respect à personne!

Basile Weber

Rédacteur

Photo:
Patrick Gilliéron Lopreno, SP
Publication:
lundi 15.06.2015, 14:50 heure



Login mit Coopzeitung-Profil

Fermer
Fehlertext für Eingabe

Fehlertext für Eingabe

Mot de passe oublié?