Franz von Arx et Elio Müller arpentent la montagne à la recherche de joyaux. Ils ont eu la main heureuse avec cette pierre d’1,5 tonne.

Le plus grand cristal des Alpes

Explorateurs Les cristalliers Franz von Arx et Elio Müller ont mis au jour, en 2008, le plus grand cristal jamais découvert jusqu’à aujourd’hui. Un métier dur comme la roche qui mêle patience et adrénaline. Rencontre.

Aujourd’hui encore, sept ans après, quand je vois ces cristaux, je frissonne et mon cœur se met à battre plus fort», confie Franz von Arx (65 ans), cristallier. Le joyau, 1,5 tonne de cristaux géants qui forme un ensemble de trois mètres par trois, jusqu’à un mètre de hauteur. Un bijou imposant, qui n’a pas été modifié depuis qu’il a été extrait de la montagne. Nous nous trouvons dans le massif du Gothard, au Sasso, dans l’ancienne forteresse d’artillerie de l’armée suisse, entrée dans l’histoire sous le nom de Réduit national. Aujourd’hui, il abrite, entre autres expositions, le plus grand ensemble cristallin jamais découvert dans les entrailles des Alpes.

Abonnez-vous ici à la newsletter pour suivre l'actualité de Coopération

Franz von Arx et Elio Müller (29 ans), tous deux Uranais, ont grandi au pied du massif du Gothard. Leurs passions pour la montagne, la nature et les cristaux les ont rapprochés (Franz von Arx a fait de la recherche de pierres précieuses son métier, Elio Müller est maçon). Ils ont passé plusieurs mois entre joie et douleur, patience et adrénaline, au Planggenstock, le sommet qui domine le lac de Göscheneralp (UR). «Une joie partagée est une double joie», cite Franz von Arx, pour expliquer leur choix de partir à deux à la recherche de cristaux. Le chercheur de minéraux professionnel avait déjà découvert en 2005, avec Paul von Känel, un important ensemble de cristaux au Planggenstock, exposé aujourd’hui au Musée d’histoire naturelle de Berne.

Les connaisseurs savent que si l’on trouve une poche, il y en a très probablement une seconde à proximité. Là-haut, à 2600 m d’altitude, les travaux de recherche ont été prolongés pour quatre étés supplémentaires. Désormais, l’entrée de la galerie porte leurs initiales pour signaler que l’endroit de la découverte leur est réservé.
«Nous travaillons avec un grand système de poches, qui permet d’accéder à des cavités où il pourrait y avoir des cristaux. On peut comparer la roche à un emmental. Quand on découpe une tranche de fromage, il se peut qu’on y découvre un trou», explique Franz von Arx. La difficulté est de les trouver. «Autrefois, les chercheurs de minéraux partaient avec de simples outils dans leur sac à dos, raconte-t-il. Nous possédons aujourd’hui un équipement plus sophistiqué, mais l’effort physique est resté le même et la chance joue encore un rôle décisif.» Qu’ont-ils ressenti lorsqu’ils ont fait, en 2008, pour la deuxième fois une découverte importante? «Nous sommes restés muets, empreints d’humilité et de gratitude, devant cet énorme agglomérat de cristaux: après 18 à 20 millions d’années, nous avons été les premiers à les contempler… Nous avions l’impression d’avoir mis ce joyau au monde», se souvient Franz von Arx.

«

Nous avions l’impression d’avoir mis ce joyau au monde»

Franz von Arx et Elio Müller, chercheurs de cristaux

«Nous pensons que les cristaux sont heureux d’être découverts lorsqu’ils sont aussi beaux: ils brillent autant que nos yeux, poursuit Elio Müller. Il nous arrive aussi de les voir détruits par l’eau ou l’érosion. Les découvertes de bonne qualité ne représentent que 3 ou 4% de ce que nous trouvons.» «Je suis convaincu que les cristaux ont une mission: celui de nous réapprendre à nous émerveiller», sourit Franz von Arx. «Mais après ces découvertes, y aura-t-il encore d’autres chances de trouver des cristaux? Seule la montagne sait combien de cristaux elle cache. Une vieille sagesse veut que l’on ne trouve que ce qui nous était destiné.»

161 jours jusqu’à l’inauguration officielle

www.sasso-sangottardo.ch/fr

Nino Colasacco, responsable des explosifs

Nino Colasacco, responsable des explosifs
Nino Colasacco, responsable des explosifs

Le chirurgien de la dynamite

J’ai passé les dix dernières années de ma carrière dans le Gothard, comme responsable des explosifs. Les tunnels transversaux de sécurité, qui relient tous les 325 mètres les deux galeries principales à voie unique, ont été percés à l’explosif. Les conditions de travail étaient très spéciales: pendant qu’on faisait sauter les charges, les mineurs continuaient à travailler à droite et à gauche de nous. Nous avancions selon un plan de dynamitage qui définissait l’axe des tunnels, la quantité d’explosifs et le temps de détonation. Il s’agissait d’un travail de précision car le matériel ne devait pas pénétrer dans les deux galeries principales. Le tronçon entre Faido et Sedrun s’est avéré le plus difficile, pour des questions géologiques. Je suis très fier de ce que nous avons accompli. Malgré pas mal de péripéties, nous avons effectué notre mission dans les temps. Terminer ainsi sa carrière est une belle récompense! Un autre bon souvenir, c’est de voir à quelle vitesse mon chef, l’ingénieur Jens Classen (voir «Coopération» N° 50) a appris l’italien avec moi. Au début, il ne parlait pas un mot!

Commentaires (0)

Merci pour votre commentaire

Ce commentaire comprend-il des contenus douteux?

Le texte va être contrôlé et éventuellement adapté ou bloqué.

Votre commentaire

Vous n'avez pas encore écrit de commentaire!

Ce champ doit être complété. Merci.

Champ obligatoire
Ce champ doit être complété. Merci.





Veuillez recopier le code de sécurité:

$springMacroRequestContext.getMessage($code, $text)






Merci de prendre connaissance de notre charte et ne manquez de respect à personne!

Natalia Ferroni
Photo:
Nicola Demaldi
Publication:
dimanche 20.12.2015, 14:10 heure



Login mit Coopzeitung-Profil

Fermer
Fehlertext für Eingabe

Fehlertext für Eingabe

Mot de passe oublié?