Les eaux cristallines, où s’ébattent ces truites arc-en-ciel, sont celles d’une pisciculture.

Le poisson cache bien des mystères

Selon une étude de la Protection suisse 
des animaux, commandée par Coop, les pisciculteurs suisses sont très sensibles au bien-être des animaux.

Carpes, truites, tilapia, esturgeons, perches… Autant de noms qui titillent les pêcheurs. Et les papilles des gourmets! Pour les biologistes, ces cinq espèces de poisson n’ont rien en commun. Ce qui n’est pas tout à fait exact: toutes sont élevées en Suisse. Actuellement, on dénombre nonante pisciculteurs professionnels dans notre pays. Ils produisent 1200 tonnes de poisson de consommation par an.
La pisciculture est un art délicat. Les problèmes liés à cette technique d’élevage peuvent être «considérables» si l’on en croit la Protection suisse des animaux (PSA). D’après Sara Wehrli, de la PSA, notre niveau de connaissances sur les poissons et leurs besoins est encore insuffisant.
De plus, l’état de la législation en matière de détention de poissons est pour le moins sommaire. Il n’y a de directives que pour les carpes et les truites. Et encore, elles ne concernent que la densité d’occupation dans le bassin de détention et durant le transport.
La loi prévoit vingt kilos de truites par mètre cube d’eau pour les truites bio. Pour les truites conventionnelles, cette limite est fixée à 100 kilos. Pendant le transport, elle peut monter à 250 kilos. A titre de comparaison, la Tasmanie (la plus grande île d’Australie) ne permet que 80 kilos par mètre cube durant le transport.
Ce serait cependant une erreur de déduire de cet exemple qu’en Suisse, tout reste à faire en matière de pisciculture. «Il y a dans ce pays de bonnes installations qui correspondent à notre conception d’une détention respectueuse des animaux», souligne Sara Wehrli.
Une forte densité d’occupation n’est, du reste, pas forcément une mauvaise chose. «Certaines espèces, comme la perche et la dorade, doivent vivre en bancs quand elles sont jeunes. Elles seront donc détenues avec une densité d’occupation assez élevée. Ce n’est qu’à l’âge adulte qu’elles deviennent plus solitaires.»

Concernant ses besoins, le poisson recèle encore bien des secrets pour les éleveurs. «Il y a beaucoup de travail de recherche à faire dans ce domaine», reconnaît Sara Wehrli. Les saumons, par exemple, sont aussi détenus dans des fermes aquacoles. Rien de grave pour les jeunes qui vivent, à l’instar des dorades et des perches, en bancs à l’état sauvage. «C’est la détention des adultes qui pose problème», explique la spécialiste de la PSA.
Un poisson avec un fort instinct migratoire semble à première vue inadapté pour une domestication. Pour certains animaux, comme les oiseaux, la migration est une nécessité. «Ces déplacements représentent toujours un stress; ce ne sont pas de simples promenades de santé. Un saumon dont les besoins sont comblés n’aura peut-être pas besoin de migrer», précise Sara Wehrli. C’est là notamment que la science a un rôle à jouer en déterminant à quel point l’instinct de migration est ancré génétiquement chez le saumon.

Les poissons d’élevage sont le plus souvent ceux appelés «opportunistes»: il s’agit d’espèces «non exigeantes» pour lesquelles la qualité de l’eau ou de l’alimentation n’est pas primordiale. C’est le cas du bar commun (ou loup), du pangasius et de la carpe.
Au niveau mondial, on élève chaque année soixante-quatre millions de tonnes de poisson, alors qu’on capture nonante millions de tonnes de poisson sauvage.

«Coop ne veut vendre que des poissons élevés dans le respect de l’espèce»

Reto Kaufmann, acheteur Poisson frais chez Coop.

Coopération. Coop a commandé une étude sur les piscicultures. Pourquoi?
Reto Kaufmann. La pisciculture a connu une expansion spectaculaire ces dernières années. Pour Coop, il est important que les poissons soient détenus dans des conditions répondant aux besoins de leur espèce. Nos clients doivent toujours pouvoir choisir la conscience tranquille dans notre grand assortiment de poisson.

Satisfait des résultats?
Oui. Nous allons évaluer notre assortiment de poisson d’élevage en collaboration avec la Protection suisse des animaux. Nous voulons également élaborer des directives pour l’achat de poissons d’élevage.

Qu’est-ce qui changera dans l’assortiment?
Nous allons déjà très loin en matière de bien-être des animaux dans l’assortiment actuel. Une analyse montrera où des mesures concrètes s’imposent. Il y beaucoup d’arguments pour qu’on continue d’élargir le choix de poissons d’élevage. Il y a beaucoup de populations sauvages menacées; la longueur du transport pourrait être raccourcie et les conditions de production mieux contrôlées.

Guide d’achat: évaluation par le WWF

Partenaire du WWF Seafood Group, Coop s’engage depuis des années en faveur de la protection des mers et adapte progressivement son assortiment aux critères de développement durable. Ainsi, 98,7% de l’assortiment Coop provient de ressources durables (certifiées ou pas inférieures au niveau «acceptable»; couleur jaune du guide d’achat du WWF). Dans cet assortiment, 38,1% des poissons d’élevage satisfont déjà aux sévères
directives de Bio Suisse et 55,1% des poissons sauvages sont conformes à la norme MSC pour une pêche respectueuse de l’environnement.
Au total, 44,8% des poissons et fruits de mer proviennent de productions certifiées durables. Le guide d’achat «Pour les poissons et les fruits de mer» du WWF donne un aperçu de l’assortiment de Coop.

Téléchargement gratuit depuis le site:
www.coop.ch/poisson