Le président musicien a même des billets de banque à son effigie…

Le président de Kadebostany

Musique Il est président d’une république imaginaire où il crée librement. Et il est donc le fondateur du groupe Kadebostany, qui repart en tournée. Sa chanson «Castle in the Snow» a été vu plus de 15 millions de fois sur Youtube.

Kadebostany. Le nom de cette république ne vous dit rien? Sa création résulte d’une idée fantasque de son chef d’État, qui n’est autre qu’un artiste romand. Se faisant appeler «président» pour préserver son anonymat, ce dernier a érigé un pays à l’image de ses créations musicales, aussi métissées que singulières. Avec son deuxième album, Pop Collection, le groupe Kadebostany a tourné dans l’Europe entière et jusqu’en Russie, atteignant plusieurs fois le sommet des charts. La tournée vient de reprendre – Russie, France, Suisse…

Cher président, comment allez-vous?
Après trois ans de tournée intensive avec notre album Pop Collection, nous sommes repartis sur des créations cette année. Je me sens donc toujours très excité de les partager avec notre public.

Cette année est marquée par un nouvel album et un nouveau show. À quoi le public de Kadebostany peut-il s’attendre?
Tout au long de l’année, nous allons sortir ponctuellement des singles accompagnés de vidéos. L’album sera dévoilé quand on sentira que le public le réclame vraiment. Côté musique, nous allons pousser encore plus loin le concept de la république de Kadebostany, car le public a bien adhéré. J’ai pris un maximum de risques pour proposer des nouveautés surprenantes.

«

J’aime procurer des émotions fortes»

Votre opus «Pop Collection» a connu un succès planétaire, vous hissant plusieurs fois au sommet des charts. Vous attendiez-vous à cela?
Ce n’est pas arrivé du jour au lendemain. Avant Pop Collection, nous avions fait un premier album, Songs from Kadebostany, en faisant participer des invités. Nous avions déjà beaucoup tourné dans des lieux moins populaires comme des centres d’art. Pop Collection nous a propulsés sur des scènes bien plus connues telles que le Paléo Festival ou le Montreux Jazz. Tout ça s’est déroulé en huit ans. C’est une évolution de carrière. Je ne veux pas dire que je m’y attendais au risque de paraître arrogant. Mais on a tellement travaillé que finalement
on se sent privilégié d’avoir cette reconnaissance.

De la république, on ne connaît que la musique au style hybride mêlant fanfare, tambours, électro et pop. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce coin de terre?
Géographiquement, le pays se trouve au nord de l’Italie, à l’est de la Suisse et à l’ouest de la Turquie. C’est un carrefour de cultures et de civilisations. Depuis 2008, le pays a grandi et dépasse les contours que je lui avais d’abord donnés.

Pourquoi l’avoir inventé? La Suisse ne vous convenait pas?
L’important pour moi était de ne pas être étiqueté ou classé dans tel ou tel style. L’art est mondial et en définissant les frontières de mon propre pays, j’ai gagné en liberté. L’idée est de faire une musique ouverte, décomplexée et singulière. Aussi grâce à la république de Kadebostany, nous avons créé une identité forte avec des visuels et des drapeaux. Ça ne laisse personne indifférent. J’avais simplement envie de faire les choses autrement, pas seulement former un groupe de musique mais aussi faire rêver les gens. D’ailleurs, ça fonctionne très bien car la république attise les curiosités.

Endosser ce rôle de président est aussi un moyen de préserver son intimité…
Évidemment, car en étant président, je fixe les règles du jeu. L’objectif est d’échanger sur notre musique, le reste m’importe peu. Mon personnage me permet donc de détourner certaines questions intimes qu’on ne pose pas à un chef d’État. (Rires) Je peux ainsi naviguer entre réalité et fiction. J’aime entretenir ce flou avec le public. Les gens rêvent bien plus quand ils ne savent pas tout.

Jamais sans le jeu «Oblique Strategies»

Vous-même devez vous y perdre!
Oui, et c’est important de se perdre soi-même. C’est d’ailleurs en s’abandonnant complètement que surgit la création.

Qu’est-ce que vous apporte la musique?
Lors de la création, je prends beaucoup de plaisir, ce sont des sentiments très égoïstes. Ensuite, le public s’approprie les morceaux et en profite à son tour. Je trouve incroyable quand quelqu’un vous dit qu’il a écouté un titre en boucle pendant trois mois et que ça l’a aidé à avancer dans la vie… J’aime procurer des émotions fortes.

Une liasse de billets de Kadebostany

La principale qualité du président?
Je ne suis que qualités! Donc de toute évidence, l’humilité. (Rires)

Il y aura bien un petit défaut…
Je suis maniaque. Artistiquement, je ne peux pas laisser passer quelque chose qui ne satisfait pas mes exigences. Et ça peut être pénible pour l’entourage.

4 dates dans la vie du président musicien

2008 Le 3 mars, l’idée du groupe et du pays Kadebostany lui apparaît. Troisième album en 2016.

2010 Festival international de Cervantino, au Mexique, le 30 octobre. Un concert d’une puissance inoubliable.

2012 Premier concert de l’album «Pop Collection», le 6 juin, au Montreux Jazz Festival.

2015 Le Red Bull Secret Gig, dernier concert de la tournée «Pop Collection», est donné dans la région lausannoise.

Dates de la tournée
Chaîne Youtube de Kadebostany

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Sophie Dorsaz

Rédactrice

Photo:
Charly Rappo
Publication:
dimanche 01.05.2016, 13:55 heure



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