Le rosé gagne du terrain

Tendance De plus en plus soignée, la production du rosé conduit à une qualité jusque-là inégalée, en Provence où il serait né, comme en Suisse.

Très prisé en été à l’apéritif ou lors de grillades, le succès du rosé est incontestable. «Il est de plus en plus demandé, surtout à la belle saison», confirme Carole Matthey, caviste à Changins, le centre
de formation national des métiers de la vigne, du vin et de l’arboriculture situé à Nyon (VD).
Selon l’entreprise Nielsen, spécialisée dans les études de consommation, le rosé représente 18,3% des vins vendus en grande surface l’an dernier en Suisse, c’est-à-dire 1,5% de plus par rapport à 2014.
Et à en croire le Conseil interprofessionnel des vins de Provence, nos voisins Français consomment trois fois plus de rosé qu’il y a 25 ans.

Carole Matthey (33 ans), caviste à Changins

Sans prise de tête

31% des vins bus en France seraient rosés, contre 10,8% en 1990. «Le discours très académique autour du vin énerve de nombreux consommateurs. Ceux qui ont mis le rosé sur un piédestal nous disent l’apprécier parce qu’il est convivial, plus facile d’accès et moins intellectuel que d’autres vins», observe Gilles Masson, directeur du Centre de recherche et d’expérimentation sur le vin rosé, à Vidauban, dans le Var.
On associe la Provence aux vacances et au rosé. Une maxime dit même qu’il y serait né. 88,5% de la production 2015 des vins de Provence a servi à faire du rosé!
Il se caractérise par sa couleur pâle, sa rondeur et son côté très fruité. «Notre rosé a pour ainsi dire toujours existé, mais son succès est très visible depuis quelques années seulement. C’est grâce à une recherche de qualité œuvrée par des vignerons qui ont dédié leurs connaissances et leur énergie à ce vin», indique Gilles Masson. La tendance se concentre actuellement sur les rosés de garde ainsi que sur un rosé effervescent.

Spécialiste historique du rosé, la Provence exporte de mieux en mieux ses vins: 9 millions de bouteilles en 2005, 31 millions en 2015! Les vendanges y démarreront à la fin du mois.

Qualité de mise

Longtemps considéré comme un vin de piètre qualité, le rosé a gagné ses lettres de noblesse chez nous aussi. «Sa mauvaise réputation vient de l’époque où les encaveurs produisaient du rosé juste parce qu’ils avaient atteint leurs quotas de rouges. Aujourd’hui, on ne produit plus de rosé par dépit! On travaille avec du raisin très sain, pour obtenir des vins de qualité qui font plaisir à déguster», assure Carole Matthey, qui est également titulaire du Brevet fédéral de sommelier.
Le rosé est élaboré avec du raisin rouge, comme le gamaret ou le gamay en Suisse. «Le cépage va être à l’origine des diverses notes de dégustation. Le raisin quant à lui détermine la qualité du vin. La couleur est principalement esthétique», précise Carole Matthey. La caviste évoque le succès du Neuchâtel Œil-de-Perdrix, un rosé de pinot noir qu’elle qualifie de «rosé de gastronomie»: «C’est une réussite, il est rond et gras, avec beaucoup d’arômes. Il se déguste très bien en mangeant tout au long de l’année.»
Directrice de Neuchâtel – vins et terroir, Violaine Blétry-de Montmollin précise que «l’Œil» accompagne particulièrement bien un repas de viande blanche ou de cuisine asiatique. «Son succès est lié à son histoire, qui remonte au XIXe siècle. C’est un vin emblématique de Neuchâtel», analyse la directrice.
La typicité fait la force du rosé. «Il faut éviter à tout prix sa standardisation», insiste Gilles Masson.

Frais, vif et léger

L’experte

Marie Linder, spécialiste en vin

Marie Linder, spécialiste en vin
Marie Linder, spécialiste en vin

Une bouteille surprenante qui ne manquera pas d’aviver le débat autour de son esthétisme cubique qui plaira ou non à vos convives. Mais comme dit plus ou moins le dicton, peu importe le flacon, c’est le contenu qui nous intéresse. La robe de ce vin est d’une teinte corail, son nez expressif et exotique sur des notes de pamplemousse, tout à fait en corrélation avec son goût, frais, vif et léger. On pourrait le qualifier de vin d’été, en référence à cette fraîcheur et cette légèreté joyeuse, un cru assez simple mais plaisant, que l’on appréciera déguster en apéritif, les pieds dans l’eau avec des carrés de pastèques à grignoter, tout en oubliant que les vacances arrivent bientôt à leur fin.
Situé au cœur de la Provence, le Château de Berne est aussi un haut lieu œnotouristique.

Côtes de Provence AOC Rosé Terres de Berne Château de Berne

Prix: 11 fr. 95/75 cl
Origine: France
Région: Provence
Cépages: cinsault, grenache
Disponible: dans les grands points de vente Coop ou sur:

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www.mondovino.ch
Joëlle Challandes

Rédactrice

Photo:
Alamy, DR
Publication:
lundi 22.08.2016, 13:20 heure

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