Échanger, créer, partager: tricoter, tout un art qui a aussi des vertus apaisantes. Deux passionnées à l’œuvre: Mélanie Menétrey (à g.) et Laurence Schmoutz.

Le tricot 2.0

À l’endroit, à l’envers Ça chauffe côté tricot! Communautés dédiées, groupes sur Facebook, vidéos sur Youtube, photos sur Instagram..., cette discipline a su se réinventer pour séduire la jeune génération. Rencontre avec des tricoteuses 2.0.

http://www.cooperation.ch/Le+tricot+2_0 Le tricot 2.0

A près avoir appris le tricot à l’école, nombreux sont celles et ceux qui ont abandonné. Depuis quelques années cette discipline connaît un regain d’engouement. Pierrette Girard (47 ans) se souvient qu’elle n’aimait pas tricoter à l’école. Elle a repris il y a une vingtaine d’années, sans jamais s’arrêter. De son côté, Manuèle s’est remise au tricot alors qu’elle était enceinte de son troisième enfant: «J’apprécie la «portabilité» du tricot. On peut le faire dans le train, en surveillant des enfants, s’arrêter et reprendre facilement, et comme je suis vraiment expérimentée, je peux même lire en tricotant!»
Avec Internet, beaucoup ont vu leur pratique changer. Adepte de tricot et de crochet, Angèle a constaté que la plupart des tricoteuses, de tout âge, utilisent maintenant Internet, pour trouver des tutoriels vidéo et des modèles. Elles publient aussi très souvent leurs réalisations sur les réseaux sociaux. Manuèle ose un parallèle: «Internet est un nouveau réseau de fils intangibles, qui me permettent de croiser et interagir avec d’autres personnes sur tous les continents.»
Les créatrices y sont naturellement très présentes, comme Françoise Danoy, tricoteuse et créatrice internationale, qui utilise les réseaux sociaux pour communiquer avec ses fans: «C’est très important d’établir une communauté. Beaucoup de tricoteuses sont sur Facebook et Instagram. Il est très facile d’échanger de cette manière.»

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«

Tricoter permet de retrouver son calme»

Carole Jaquier

Autour d’une passion commune

Dans le monde du tricot, quand on parle de communauté, le site Ravelry revient souvent. Il compte plus de 6,6 millions d’utilisateurs dans le monde entier. Près de 275  000 modèles y sont proposés. Pour chacun d’entre eux, les fils y sont conseillés. Un forum permet aussi de discuter avec des personnes qui ont choisi le même modèle. C’est aussi un espace d’échange. «Ça m’a permis de connaître des gens en Suisse qui tricotent, de nouer des amitiés qui n’auraient certainement jamais vu le jour autrement.» Et la créatrice jurassienne Nadia Crétin-Léchenne de constater que c’est aussi une formidable opportunité de se faire connaître.

Du virtuel au réel

Toutefois, pour beaucoup le tricot en mode 2.0 ne suffit pas. Le monde virtuel a ses limites. Laurence Schmoutz (41 ans): «Quand j’ai repris le tricot, j’ai commencé en regardant des vidéos sur Youtube. J’y ai appris certains points. Il faut souvent arrêter et remettre en arrière. Mais on ne peut pas poser des questions. Rien ne vaut le contact humain!» Alexandra Macchione ajoute: «En plus, ce n’est pas toujours facile pour nous, Suissesses, de comprendre les vidéos parce que les Françaises ne tricotent pas comme nous, elles bloquent une aiguille sous le bras.»
Au sein du Cercle des tricoteuses, comme elles aiment à se nommer, elles sont une petite dizaine à se retrouver une fois par semaine autour d’un thé. Pendant une soirée, elles tricotent, s’entraident et papotent. Nadia Crétin-Léchenne, elle aussi, apprécie ces échanges: «Je rencontre plusieurs fois par année un petit groupe de tricoteuses suisses. Elles viennent de Bâle, Neuchâtel, Monthey, Vevey, etc. Nous nous réunissions souvent à Bienne, le temps d’une journée, pour tricoter ensemble, échanger, etc. Ce sont des moments précieux!»

Quand le tricot devient thérapie

Qu’elles se retrouvent autour d’un thé pour tricoter ou qu’elles tricotent seules, elles s’accordent à le dire: tricoter calme leur stress. «Je suis très nerveuse, confie Carole Jaquier. Tricoter me calme. Quand je tricote, je ne réfléchis pas.» Lors d’une rencontre du Cercle des tricoteuses à Romont (FR), le terme de «thérapie» est même rapidement lâché. Mélanie Menétrey (32 ans) constate que plusieurs d’entre elles travaillent dans le milieu médical: «Nous avons besoin de tricoter pour décompresser.» Le mot «tricothérapie» est plutôt bien employé. Aux États-Unis, certains médecins prescrivent cette activité à leur patient, au même titre que le yoga, le taï-chi ou le jogging. Le Dr Herbert Benson a rapidement constaté que le tricot offrait une réponse au stress. Il estime que cette activité peut, comme la méditation, favoriser une diminution de la pression artérielle, de la fréquence cardiaque et respiratoire par exemple pour combattre l’insomnie ou les douleurs chroniques. Se concentrer sur son tricot évite de penser à autre chose et permet de s’apaiser. À vos aiguilles!

Liens

Apprendre à tricoter et s’améliorer, plusieurs étapes en vidéos

Application Geeknit: application qui offre la possibilité d'inventorier ses aiguilles à tricoter et de gérer ses projets. Elle inclut une fonction pour compter les rangs. Il en existe des dizaines d'autres, en français ou en anglais

Mais aussi Instagram, Pinterest,… avec la recherche du terme «Tricot»

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Jasmina Slacanin

Rédacteur

texte:
Hélène Lelièvre
Photo:
Charly Rappo
Publication:
lundi 06.03.2017, 16:01 heure

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