Dan et Sandra Schaefler en balade avec Gilli, un de leurs trois chiens. Ils partagent leur grande maison avec encore quatre chats et… trois enfants!

Les Suisses et leurs animaux domestiques

Bons soins De plus en plus de ménages adoptent un animal domestique. Et bonne nouvelle, les refuges enregistrent moins d’abandons. Conseils pour bien vivre avec son compagnon.

Près d’un ménage suisse sur deux (44%) a un animal domestique. En 2012, ils n’étaient que 39%. Et les chats sont nos chouchous: 30% de ces foyers détenteurs d’animaux domestiques ont choisi un félin pour partager leur canapé, tandis que seuls 12% ont préféré un chien. Viennent ensuite, à 4% ou moins, les rongeurs, lapins, poissons, reptiles et les oiseaux. À noter que dans certains pays, tels que le Portugal, le Danemark ou le Royaume-Uni, les chiens sont préférés aux chats. Question de caractère?
La famille Schaefler possède quatre chats et trois chiens. Tous proviennent d’un refuge animalier. Chez eux, à Pragg-Jenaz dans les Grisons, les animaux domestiques ont la belle vie; ils disposent d’un cadre idéal dans une région campagnarde et un environnement préservé. Les nombreuses chambres de la maison permettent aux chats de se retirer hors de portée des trois enfants et des chiens avec lesquels ils partagent leur territoire.
Sandra Schaefler (30 ans) a aménagé ces lieux elle-même, recyclant des boîtes en carton ou de vieux vêtements. Elle travaille à la Protection suisse des animaux (PSA). Zoologue diplômée, elle s’occupe du service Animaux de compagnie et chevaux. Selon ses informations, le nombre d’animaux recueillis par les refuges en Suisse a diminué ces dernières années, passant de 22 344 en 2009 à 18 645 en 2015. «C’est une évolution positive, mais il y a malgré tout toujours trop d’abandons.»

Sandra Schaefler avec la chatte Chiara: «Les chats ont besoin de plusieurs heures d’attention par jour.»

Sandra Schaefler avec la chatte Chiara: «Les chats ont besoin de plusieurs heures d’attention par jour.»
http://www.cooperation.ch/Les+Suisses+et+leurs+animaux+domestiques Sandra Schaefler avec la chatte Chiara: «Les chats ont besoin de plusieurs heures d’attention par jour.»
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Il y a toujours trop d’abandons d’animaux»

Sandra Schaefler (30 ans), spécialiste à la Protection suisse des animaux (PSA)

Comme chien et chat

D’après elle, les gens sous-estiment l’engagement en temps et en argent nécessaire pour bien s’occuper d’un animal à la maison. «En règle générale, les chats ont besoin de plusieurs heures d’attention par jour. Ils aiment qu’on les caresse et qu’on joue avec eux», explique-t-elle. Suivant la race, il faut les brosser quotidiennement. Leur litière doit aussi être nettoyée chaque jour. Et les chats aiment les horaires réguliers: si vous les nourrissez un jour à 17 h et les faites attendre jusqu’à 23 h le lendemain, vous vous exposez à des protestations assourdissantes, et une bouderie en ordre!
La cohabitation entre chiens et chats se passe bien chez les Schaefler, entre autres parce qu’il y a suffisamment d’espace pour tout ce petit monde et que les animaux peuvent facilement être séparés si nécessaire. Les parents veillent en outre à ce que les chiens et les enfants ne soient jamais ensemble sans surveillance. Non que la spécialiste se méfie des chiens, mais «on ne sait jamais».
Les enfants doivent apprendre comment approcher les animaux, ce qui exige du temps et de la patience. En jouant, ils peuvent fatiguer ou effrayer les animaux, même leur faire mal, sans le vouloir. Pour éviter ces situations délicates, des barrières grillagées permettent de diviser le séjour afin qu’enfants et animaux aient chacun leur espace.

Cornelia Remund ne manipule ses gerbilles que pour vérifier qu’elles se portent bien. «Il ne faudrait pas les caresser», explique-t-elle.

Des souris pour les yeux

Cornelia Remund (28 ans) de Bâle a opté pour des gerbilles. À l’âge de 10 ans, elle voulait des rats, mais sa maman s’y opposait. Les gerbilles ont constitué un bon compromis. Son grand-père a construit la cage qui se trouve encore dans sa chambre à coucher. Il s’agit en fait de trois cages superposées, abritant chacune deux à quatre souris.
Ces petits rongeurs ont besoin d’une grande liberté de mouvement et d’une litière suffisamment profonde pour pouvoir y creuser des passages. La loi prescrit une surface minimale de 0,5 m2 pour deux à cinq gerbilles. Une fois les cages aménagées, le temps à consacrer aux animaux est limité. «Environ une demi-heure par jour», explique Cornelia Remund en ajoutant que les cages doivent être nettoyées de fond en comble tous les trois à quatre mois, et la litière changée. «Il faut également veiller à ce que la roue dont les souris disposent pour courir soit assez grande.» Elle déconseille aussi de placer plus de deux ou trois animaux dans une même cage car il arrive que les gerbilles se battent, allant parfois jusqu’à s’entretuer.
Selon elle, il ne faudrait pas les caresser, bien qu’il soit difficile de résister à la tentation, tellement elles sont mignonnes. Si elle sort parfois ses souris de la cage, c’est uniquement pour vérifier qu’elles se portent bien. Cornelia Remund ne cherche pas à apprivoiser ses animaux. Ce qu’elle aime, c’est les observer: «Elles creusent des passages, courent dans une roue, se construisent des nids, grimpent. Il y a toujours quelque chose à voir.»

La femme aux oiseaux

Martine Roessli (57 ans), infirmière, responsable de formation à Lausanne, vit avec une femelle cacatoès, des perruches ondulées, des perruches catherine, des inséparables, des calopsittes et un chien, Rasta. «J’ai aussi un cheval en campagne. J’aime tous les animaux, même les araignées.» Elle a d’abord élevé des oiseaux suite à une aventure qui lui est arrivée avec… un moineau. «Je l’ai trouvé dans mon jardin, il avait une semaine. Je l’ai nourri – en cherchant bien, on trouve toutes les infos fiables sur Internet – et il est reparti.» Quand Martine rentrait le soir après son travail au CHUV, elle appelait celui qu’elle avait nommé Tipia. Et ce dernier venait lui rendre visite dans son jardin. Mais un jour, le chat du voisin l’a dévoré. «Je me suis dit: je veux un oiseau pour moi.»
Son premier perroquet est acheté dans un petit élevage familial puis les autres ont suivi, tous récupérés chez des gens qui n’en voulaient plus. Seule sa cacatoès est apprivoisée et entre dans la maison. Tous les autres vivent dans une grande volière installée dans le jardin. «Ils peuvent résister à des températures allant jusqu’à –10 °C, pour autant qu’ils soient à l’abri des courants d’air, précise-t-elle. C’est important d’avoir de la place pour une grande cage.» Les oiseaux non apprivoisés tiennent ainsi compagnie à sa cacatoès, nommée Tara, pendant son absence. Et qu’en est-il de l’inséparable et de la perruche qui tournent autour de son chapeau? «Mes oiseaux non apprivoisés font des petits. Je ne peux pas les garder tous. Je dois en revendre certains. C’est plus facile s’ils sont apprivoisés et nourris à la main. Mais ce n’est pas un but en soi.» Élevés ensemble, les deux oiseaux se sentent comme frère et sœur, bien que n’étant pas de la même espèce.

À cheval avec le cacatoès

Comme un chien, les oiseaux apprivoisés ont besoin de compagnie. «C’est pourquoi il faut qu’ils soient toujours au moins deux ensemble.» Martine consacre quatre heures par jour à ses animaux. «Pour gagner du temps, on fait des choses ensemble. Je monte à cheval avec Tara. Rasta suit aussi la balade.»
Également présidente de Calao, le Club amateur lémanique amis des oiseaux, Martine n’est pas «gaga» de ses protégés: «Je pourrais m’en passer. Dans huit ans, quand je serai à la retraite, je compte voyager et travailler dans l’humanitaire en Afrique. Il faudra que je place mes pensionnaires. C’est une autre vie qui m’attend, je n’aurai plus le temps pour eux.»
Elle gardera cependant sa cacatoès de 36 ans (elle peut atteindre les 80 ans aisément): «Elle a eu trop de propriétaires différents. Les précédents lui ont cassé les ailes pour qu’elle ne puisse plus voler. C’est horrible. Elle voyagera avec moi. Jusqu’à 5 kg, on peut prendre son animal en cabine!»
Il y a quelques semaines son ara, nommé Wasabi, est décédé des suites d’une méningite. «Il était extraordinaire. Il volait librement dans tout le quartier. Les voisins le connaissaient.» Le soir, elle l’appelait: «T’es où?!» Comme moqueur, il lui répondait «T’es où» également, perché dans un sapin voisin.
Pourquoi, selon elle, les Suisses ont-ils de plus en plus d’animaux domestiques? «On refuse plus difficilement un animal à un enfant qu’avant. Les personnes âgées ont souvent un chien ou un chat pour avoir de la compagnie. C’est aussi un signe que nous vivons dans une société riche.»

L’interview décalée de Tara, une femelle cacatoès alba à huppe blanche lausannoise de 36 ans

D'où venez-vous avec ce plumage couleur endive?
Endive vous-même blanc-bec! Je suis un perroquet australien. Je suis un peu le pigeon de ce continent. Nous vivons en bande et certains ne nous apprécient pas trop…

Parce que vous déféquez partout?
Peut-être. Ce sont surtout les paysans qui n'apprécient pas que l'on mange leurs graines.

Je comprends s'ils les plantent c'est un peu énervant…
C'est surtout que nous sommes très intelligents que l'on arrive à ouvrir les cadenas de leurs silos à grains avec notre bec. On se tape de ces banquets!

C'est malin. Et comment réagissent-ils?
Certains nous zigouillent en nous écrasant sous les roues de leurs tracteurs… Pas tendre les rednecks!

Effectivement. Et comment ça va votre vie à Lausanne?
Plutôt pas mal depuis que j'ai rencontré Martine. Mes maîtres précédents m'avaient cassé les ailes pour m'obliger à rester au sol, près d'eux.

C'est horrible!
De la maltraitance oui! Mais c’était, il y a longtemps, heureusement les mentalités évoluent.

Que faut-il pour bien vous accueillir?
Une très grande cage, des compagnons – je m'entends bien avec les autres oiseaux – et surtout de l'attention des humains avec qui je vis. Je suis comme le chien Rasta, en moins frisé: il faut que l'on s'occupe de moi, sinon je m’arrache les plumes.

  • Notre journaliste en interview avec le cacatoès lausannois Tara.
  • Quand Tara hérisse ses plumes sur la tête, c’est qu’elle a une émotion.
  • Si elle assiste à l’ouverture des factures, c’est encore Martine qui les paye!
  • Ouh! Des graines pour dîner.
  • Dans la grande volière partagée avec d’autres oiseaux.
 

On pourrait vous accueillir dans un immeuble par exemple?
S'il y a de la place et des copains oui. Mais si les gens sont absents trop longtemps, je m’ennuie et crie très fort et ça dérange les voisins. Après les gens nous abandonnent ou nous élèvent dans leur garage.

Mais vous savez être propre?
On peut m'apprendre à faire mes besoins à certains endroits, mais il ne faut pas non plus me stresser avec ça! J'ai aussi, comme tous les perroquets, de la poussière sur les plumes, je trie mes graines et et prends beaucoup de plaisir à en mettre partout. Ça salit un peu. Il ne faut pas être trop à cheval sur la propreté!

Et vous coûtez cher?
À l'achat pas tellement. Il ne faut pas aller dans une animalerie, mais chez des éleveurs consciencieux ou des refuges. Ensuite je ne coûte pas trop à l'entretien. Mais si je tombe malade, le véto, c'est plutôt cher!

C'est bizarre que vous parliez.
C'est surtout vous qui vous racontez des histoires dans votre tête. Mais si on prend le temps, je peux apprendre beaucoup de chose. J'ai le QI d'un enfant de 3 ans.

Et cette houppette sur votre tête, je me l'invente aussi?
Non ça c'est quand j'ai une émotion. Je dresse les plumes sur ma tête.

Ah bon, je vous fais de l'effet?
Dans vos rêves!

Tant pis, je vais aller caresser un peu Rasta le chien. Il a l'air de meilleur poil que vous.

Quel animal avaient-ils choisi?

En 2016, 44% des ménages suisses détenaient au moins un animal domestique. En 2012, ils n’étaient que 39%.

Source VHN, société pour l’alimentation des animaux familiers, sondage auprès de 3000 personnes; infographie Caroline Koella

Un vrai engagement

Conseils De plus en plus de foyers ont un animal domestique. Un phénomène qui peut s’expliquer par la hausse du nombre d’aînés et l’importance accordée aux souhaits des enfants.

http://www.cooperation.ch/Les+Suisses+et+leurs+animaux+domestiques Les Suisses et leurs animaux domestiques

Pourquoi autant de Suisses possèdent-ils un animal?
Détenir un animal est enrichissant pour son propriétaire. Les animaux nous tiennent compagnie, ce qui peut être important pour les enfants et les personnes âgées. Les chiens facilitent souvent les contacts sociaux, de plus l’exercice accompli lors de promenades est aussi bénéfique. Enfin, certains sont motivés par l’intérêt qu’ils portent à une espèce et à ses comportements.

Quelles sont les mauvaises raisons d’acquérir un animal?
Il ne faut pas acheter un animal seulement parce qu’on le trouve beau ou parce qu’il nous confère un certain statut. Il faut réfléchir aux efforts qu’exigera son entretien et à la responsabilité que l’on s’engage à assumer pendant des années! Posséder un animal, c’est investir du temps et de l’argent pour son bien-être, pendant toute sa vie. Le propriétaire doit être prêt à s’adapter aux besoins de l’animal.

Pourquoi tant d’enfants veulent-ils un animal?
Souvent parce que l’animal est mignon ou un camarade de classe en a un. Il faut commencer par découvrir quelle est la motivation de l’enfant, dont les envies sont parfois éphémères. S’il veut un animal à caresser, il est bon de savoir que seules certaines espèces s’y prêtent. Et parmi elles, il faut choisir un individu qui aime particulièrement le contact.

Qu’est-ce que les enfants peuvent apprendre des animaux?
Bien guidés, ils apprennent à être attentionnés mais aussi à prendre des responsabilités. Ils aiment en outre observer et nourrir les animaux. Cependant, ce sont les parents qui doivent s’engager à s’occuper correctement de l’animal, toute sa vie.

Des animaux conviennent-ils mieux à certains caractères?
C’est un choix individuel qui dépendra de vos conditions de vie et d’habitation, ainsi que de votre situation professionnelle. Qui aime la nature et les longues marches fera sans doute un bon propriétaire de chien, par exemple.

Quel est le meilleur endroit pour acheter un animal?
Le mieux est de commencer par un refuge. Sinon, il faut s’adresser à un magasin spécialisé sérieux ou à un éleveur compétent. N’achetez en aucun cas un animal par le biais d’annonces anonymes sur Internet. La prudence est aussi de mise pour l’achat de chiens ou de chats à l’étranger. LVK

Bien renseigné

http://www.cooperation.ch/Les+Suisses+et+leurs+animaux+domestiques Les Suisses et leurs animaux domestiques

La Protection suisse des animaux (PSA) et l’Office fédéral des affaires vétérinaires ont publié des brochures sur la détention respectueuse des animaux.
À télécharger en PDF ou à commander sur: www.protection-animaux.com

 
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Gilles Mauron

Rédacteur

Avec la collaboration de Katalin Vereb

Photo:
Yannick Andrea, Heiner H. Schmitt, Darrin Vanselow
Publication:
lundi 17.07.2017, 14:00 heure



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