Rolf et Marielle Loosli enlèvent les mauvaises herbes parmi les plantes de pois mangetout. «Nous n’appliquons aucun traitement, nos légumineuses poussent le plus naturellement possible.»

Les abeilles aiment la variété

Biodiversité À partir du mois de juin, les abeilles voient leur nourriture diminuer d’un coup. La grande diversité de fleurs des cultures biologiques leur permet d’affronter les mois suivants en bonne santé.

Où sont passées les prairies d’antan? Ces champs où l’herbe était si haute qu’on pouvait y jouer à cache-cache. Ces campagnes qui explosaient de couleurs au printemps et où, de mars à octobre, une multitude d’abeilles et d’autres insectes s’enivraient de pollen et de nectar de fleurs. Est-ce un rêve ou simplement un souvenir d’enfance?
Le fait est que ces dernières décennies, l’agriculture intensive, entre autres, a fortement réduit les surfaces riches en diversité florale. De nombreux insectes, à l’instar des abeilles domestiques (à miel) et des abeilles sauvages, ont été contraints de déménager.

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Réserve d’énergie

«En juin, nous parlons de désert vert», relève Salvador Garibay (53 ans), spécialiste des abeilles à l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL), que soutient notamment Coop. «Après l’intense floraison du colza en mai et en juin, tous les insectes pollinisateurs perdent leur garde-manger une fois les champs fauchés. Or, c’est précisément à cette période qu’il est important pour les abeilles de faire des réserves d’énergie.»
Une population d’abeilles de 10 000 individus en moyenne à fin janvier, devrait en compter 25 000 début mai et 40 000 à la fin de l’été. À ce moment-là, les insectes ont faim.
«Plus les abeilles doivent voler loin pour trouver du pollen et du nectar, plus elles ont besoin d’énergie», explique Salvador Garibay, apiculteur lui-même depuis 2001, certifié bio depuis 2004 et Demeter depuis 2008. «À cause du manque de nourriture et des longues distances parcourues, les abeilles entrent en période de repos affaiblies et sont ainsi plus exposées aux maladies», poursuit le chercheur.

Indicateur bio fiable

La capacité pollinisatrice des abeilles sauvages est fortement sous-estimée. Pourtant cet insecte est un indicateur biologique fiable: plus il y a de sortes et d’individus d’abeilles sauvages à un endroit, plus la variété écologique y est élevée. Dans les exploitations bio, on trouve 50% à 70% de surfaces supplémentaires proches de l’état naturel. La biodiversité peut s’épanouir et les abeilles trouver une réserve de ressources durables. «Planter des bandes fleuries aux bords des champs, avec un mélange de fleurs, par exemple, est un bon début, suggère Salvador Garibay. Certains agriculteurs bio préservent volontairement une grande variété de fleurs dans leurs champs.»
Les herbes sauvages qui n’entravent ni la culture ni les récoltes de plantes cultivées peuvent aussi être conservées. On a ainsi redécouvert des plantes aux noms poétiques, comme le mouron des champs, l’adonis d’été ou le miroir de Vénus. Certaines fleurissent encore tard en automne. Dans la rotation des cultures, planter de la moutarde, du colza, des fleurs de tournesol ou du sarrasin peut également enrichir la variété de fleurs.
Analysées par le FiBL, ces méthodes ont très bien marché. Preuve a été faite que sur des champs bio, on dénombre trois à quatre fois plus de sortes d’abeilles et sept fois plus d’abeilles en chiffre absolu. La biodiversité aide ces pollinisatrices à rester vigoureuses et en bonne santé. «Sans elles, de nombreux fruits et légumes ne seraient plus qu’un souvenir», rappelle Salvador Garibay.

Les abeilles abondent quand le soleil est haut

Le cycle annuel d’une population d’abeilles

Sources Matthias Lehnherr, FiBL; infographie Jacob Kadrmas;

Des actes pour le bien-être de tous

www.des-paroles-aux-actes.ch/82
Toutes les paroles aux actes
Markus Kohler
Photo:
Getty Images, DR
Publication:
lundi 30.05.2016, 13:30 heure

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