Connue dans le monde entier, l’ÉCAL forme entre autres les designers de demain.

Les architectes de nos objets usuels 

Création Avec la gentrification et l’énergie créatrice de la jeune génération, le design s’invite dans nos quotidiens. À quoi sert-il? Rencontres à l’École cantonale d’art de Lausanne (ÉCAL).

Le XXe siècle est incontestablement le siècle du design. Il a ouvert une porte vers une galaxie jusqu’alors inconnue et permet depuis de jouir au quotidien d’innovations souvent insoupçonnées, fruits d’intenses recherches, d’échanges, de discussions et d’émulsions intellectuelles tous azimuts. Pour comprendre – en partie – ce qu’est le design, c’est à l’École cantonale d’art de Lausanne, la célèbre ÉCAL, qu’une immersion s’impose. Et que l’on ne s’y trompe pas: si d’aucuns seraient tentés de penser que ce type de structure ne débouche sur aucun avenir professionnel, ils se trompent lourdement: près de 85% des élèves sortant de l’ÉCAL diplôme en poche intègrent le monde du travail durant l’année qui suit.

Abonnez-vous ici à la newsletter pour suivre l'actualité de Coopération

Arthur Monnereau (23 ans) design industriel
Designer coup de cœur: Industrial Facility
Matériau préféré: bois
Origine: Reims, France

Arthur Monnereau (23 ans) design industriel
Designer coup de cœur: Industrial Facility
Matériau préféré: bois
Origine: Reims, France
Arthur Monnereau (23 ans) design industriel
Designer coup de cœur: Industrial Facility
Matériau préféré: bois
Origine: Reims, France
«

Le design est parfois là où on ne l’attend pas»

Arthur Monnereau

Aurélie Vial (23 ans) design industriel
Designer coup de cœur: Achille Castiglioni
Matériau préféré: bois
Origine: Neuchâtel

Aurélie Vial (23 ans) design industriel
Designer coup de cœur: Achille Castiglioni
Matériau préféré: bois
Origine: Neuchâtel
Aurélie Vial (23 ans) design industriel
Designer coup de cœur: Achille Castiglioni
Matériau préféré: bois
Origine: Neuchâtel
«

Qu’est-ce que le design? Une recherche de solutions»

Aurélie Vial

Lionel Dalmazzini (23 ans) design industriel
Designer coup de cœur: Konstantin Grcic
Matériau préféré: acier
Origine: Saint-Tropez, France

Lionel Dalmazzini (23 ans) design industriel
Designer coup de cœur: Konstantin Grcic
Matériau préféré: acier
Origine: Saint-Tropez, France
Lionel Dalmazzini (23 ans) design industriel
Designer coup de cœur: Konstantin Grcic
Matériau préféré: acier
Origine: Saint-Tropez, France
«

Un objet doit être réfléchi concrètement»

Lionel Dalmazzini

Déstructurer pour restructurer

Mais alors qu’entend-on par design? De l’épuré et du très cher? «Pas du tout», réagit Aurélie Vial (23 ans) en 3e année Bachelor Design Industriel. «Le design est une recherche de solutions. Prenez la chaise pliante de musée sur laquelle je travaille. L’idée est de déstructurer l’existant pour reconstruire quelque chose de plus fonctionnel, plus esthétique, moins cher, et nécessitant un minimum de contraintes de production. La chaise actuellement sur le marché est lourde – 2 kg –, alors que le visiteur est censé se déplacer avec. Et son coût pour les galeries est conséquent – 140 euros la chaise et 800 euros le module de rangement pour vingt pièces. D’autant que les lieux culturels d’exposition sont dans l’obligation d’en posséder. Mon travail consiste à la repenser de A à Z.»
Le design peut même prendre un chemin inattendu: celui de la préservation de l’environnement. À l’instar de cette ruche retravaillée par Arthur Monnereau (23 ans) lui aussi en 3e année Bachelor Design Industriel. L’idée? Rendre accessible à tous, enfants inclus, l’apiculture urbaine et développer les liens sociaux. «Cette ruche est une invention australienne à la base. Elle possède un ingénieux système de récolte du miel qui consiste à tourner une poignée extérieure. Plus besoin de s’équiper de la tête aux pieds, de sortir les cadres et de les placer dans un extracteur. À une époque où la campagne part à la reconquête de la ville, ce projet m’a de suite parlé. J’aimerais repenser cette ruche de manière à la proposer à petit prix, environ 250 fr. l’unité. Et pourquoi pas avec différentes tailles et couleurs.»
Écoles enfantines, toits des immeubles, quartiers, particuliers, les publics potentiels sont légion. «C’est le genre d’objet que l’on ne pense pas forcément rencontrer à l’ÉCAL. Le design est parfois là où on ne l’attend pas. Pourtant son rôle consiste surtout à mettre des objets à la portée de tous.»

Les échanges entre étudiants sont l’une des clés de la création artistique, technologique et industrielle.

Œuvrer dans le concret

Qu’est-ce qui pousse ces jeunes à intégrer une filière design, d’autant plus à l’ÉCAL? La question est posée à Lionel Dalmazzini (23 ans), 3e année Bachelor Design Industriel, originaire de Saint-Tropez. «Il faut tout d’abord comprendre que le designer est un pont entre une idée, un scénario d’utilisation et une industrie. Ce sont des architectes d’objets à petite échelle. Partant de là, il est impératif de trouver une école qui propose de travailler sur des objets concrets, en partenariat avec des entreprises et des artisans. C’est le cas de l’ÉCAL connue internationalement pour la qualité de ses formations.» 

En optant pour la création d’un objet selon une technique, à savoir l’emboutissage, Lionel Dalmazzini a élaboré des lunettes à la frontière entre design industriel et mode.

En optant pour la création d’un objet selon une technique, à savoir l’emboutissage, Lionel Dalmazzini a élaboré des lunettes à la frontière entre design industriel et mode.
En optant pour la création d’un objet selon une technique, à savoir l’emboutissage, Lionel Dalmazzini a élaboré des lunettes à la frontière entre design industriel et mode.

Former les designers de demain, ceux qui inventeront les objets qui prendront place dans nos salons, cuisines, voitures, etc. Voilà un défi de taille. Car le design, loin de s’imposer comme une vague notion esthétique pour un public élitiste, incarne les avancées technologiques de notre société. Et par là même nos conforts de vie à des niveaux dont nous n’imaginons pas toujours l’importance. Vous ne regarderez plus jamais vos objets du quotidien comme avant…

www.ecal.ch/fr/100/homepage

Un Vaudois à Boston

«

Le rapport au design est propre à chaque culture»

Christophe Guberan, né à La Praz (VD), 30 ans, designer industriel basé entre la Suisse et les États-Unis.

Christophe Guberan, né à La Praz (VD), 30 ans, designer industriel basé entre la Suisse et les États-Unis.
Christophe Guberan, né à La Praz (VD), 30 ans, designer industriel basé entre la Suisse et les États-Unis.

En quelques mots, quel est votre pacours ?
Je suis un designer industriel basé entre la Suisse et les Etats-Unis. J’ai tout d’abord commencé une formation professionnelle de dessinateur-architecte que j’ai terminée en 2006. Elle m’a permis de m’initier aux vécus des formes et des espaces. A partir de 2008, j’ai préféré une réalisation et une conceptualisation d’objets à une échelle plus réduite. Mon parcours s’est donc ré-orienté avec un bachelor en design industriel à l’ECAL que j’ai obtenu en 2012.

Comment passe-t-on de l’ECAL au MIT (Massachussets Institute of Technology) de Boston?
Dans le cadre de mon bachelor, mes objets ont été présentés lors d’expositions telles que le Salon du Meuble et le Salone Satellite à Milan. Ils ont été produits par des entreprises comme Alessi. Tout cela a été un tremplin. Mon projet Hydro-Fold, qui consiste à faire se plier du papier avec de l’eau à l’aide d’une simple imprimante de bureau, a reçu une large attention académique et publique. C’est ce projet qui a abouti à la collaboration au MIT (Massachussets Institute of Technology) de Boston.

Hydro-Fold, ECAL 2012 © Christophe Guberan

Le déclic?
Lorsque j’ai eu la chance de pouvoir présenter mon projet Hydro-Fold au Salon Satellite à Milan en 2012, plusieurs articles sont parus dans les journaux et sur internet. Un professeur du MIT a vu mon travail et m’a proposé de venir faire une conférence à Boston. Par la suite, il m’a invité à venir collaborer au sein de son laboratoire. Aujourd’hui je collabore en tant que designer indépendant avec son laboratoire. Cette pratique du design qui se situe à la croisée «des arts» et de la technologie est primordiale à mes yeux. L’innovation de nouveaux matériaux ainsi que l’arrivée de nouveaux processus de fabrication ont toujours été étroitement liées à celle de l’histoire du design.

Une inspiration familiale vous a conduit à cet univers?
J’ai grandi à la campagne avec deux parents éducateurs. Ils m’ont dès mon plus jeune âge emmené dans des expositions, des musées, etc. Cela m’a sensibilisé au monde de l’art et de l’objet en général.

Pourquoi le choix de travailler dans le design?
«Des objets qui sont le fruit d’expérimentations à partir de simples matières et d’observations.» Cette formule, je l’ai toujours cultivée. J’aime les matériaux, les formes et les objets. Cela m’a toujours fasciné de voir comment les gens interagissent, utilisent, vivent avec les objets. Le rôle du designer est justement de réfléchir à ces aspects et d’innover.

Workshop en Inde, ECAL 2012 © Christophe Guberan

Workshop en Inde, ECAL 2012 © Christophe Guberan
Workshop en Inde, ECAL 2012 © Christophe Guberan

Comment s’articule le design ailleurs?
Le rapport au design est propre à chaque culture. Cela m’a donc toujours paru être une évidence d’aller voir comment cela se passait en dehors de nos frontières. Durant mes études à l’ECAL, j’ai eu la chance d’aller faire un workshop en Inde. Je me suis rendu compte combien le rôle et les visions du designer pouvaient être différents.

En quoi consiste votre travail concrètement?
Une partie de mon travail consiste à designer des objets pour diverses entreprises et start-up.
L’autre partie est plus axée sur la recherche en collaboration avec un laboratoire au MIT. Nous travaillons de manière indépendante et également sur mandats avec des compagnies afin de développer de nouveaux processus de fabrication et de nouveaux matériaux. Nous essayons d’exploiter le potentiel des nouvelles technologies (telle que l’impression 3D) pour la réalisation d’objets qui nous entourerons demain.

Modèle de chaussure, 2015 © Christophe Guberan et Carlo Clopath

Modèle de chaussure, 2015 © Christophe Guberan et Carlo Clopath
Modèle de chaussure, 2015 © Christophe Guberan et Carlo Clopath

Quelques exemples de réalisations?
Nous travaillons avec une compagnie américaine de vêtements de sport afin de développer un textile dit «actif» qui soit capable de s’adapter aux différents utilisateurs. Nous travaillons également avec une marque de chaussure pour créer un modèle qui soit capable de s’adapter à chaque forme de pied. L’approche consiste à faire du sur mesure grâce à des matériaux qui sont sensibles à la chaleur. Nous collaborons également avec une compagnie de mobilier pour appliquer des découvertes afin de faciliter la distribution d’objets vendus à plats qui soit capable de se mettre en forme par lui même chez vous.

www.christopheguberan.ch

Les grandes dates du design

1851 1re exposition universelle à Londres

1851-1914 Révolution industrielle

1890-1914 Art nouveau

1919-1933 Les ateliers du Bauhaus

1920-1939 Art déco

1929-1950 Streamline

1929-1954 Union des artistes modernes

1935-1957 Le modernisme scandinave

1945-1965 Le modernisme américain

1949-1987 Formes utiles

1966-1973 Design pop

1973-1985 Design alternatif

1. Dessinée par Ettore Sottsass et Perry A. King, la célèbre machine à écrire rouge Valentine a été conçue pour quelle firme?
D.    IBM
E.    Remington
F.    Olivetti

2. À quel prix Arthur compte-t-il développer sa ruche urbaine?
A.    100 francs
I.     250 francs
M.    600 francs

3. Quel est le designer tessinois qui a créé le célèbre lampadaire Shogun Terra pour Artemide?
B.    Mario Botta
L.    Philippe Starck
S.    Naoto Fukasawa

4. Quel est le matériau préféré de Lionel?
A.    Le plastique
H.    Le cuir
R.    L’acier

5. Cette célèbre chaise moulée en fibre de verre a reçu le second prix du Concours international pour le design de meubles bon marché du Museum of Modern Art de New York en 1948. Quel est le nom de son créateur?
A.  Sonia Rykiel
E.  Charles Eames
S.  Herzog

Réponse: FIBRE

Isabelle Schwalbe, responsable des achats meubles chez Toptip

Isabelle Schwalbe, responsable des achats meubles chez Toptip
Isabelle Schwalbe, responsable des achats meubles chez Toptip

Quels objets design ont du succès auprès de la clientèle?
La ligne Flora est très demandée. Ces meubles associent la sobriété du style nordique à la forme typique des années 1960. Nos réinterprétations des classiques du design connaissent aussi un grand succès, à l’instar de nos chaises Cardinal et Miami ou de notre fauteuil Airness.

Quelle est la tendance actuelle en design et en matériaux?
Les années 1960 font un retour en force, mais cette tendance ne doit pas être poussée à l’extrême. Le design doit être adapté aux attentes des clients. Pour reprendre l’exemple des meubles Flora, les pieds ne sont plus aussi hauts qu’à l’époque. Nous accordons beaucoup d’importance à la fonctionnalité et au prix du mobilier proposé. Côté matériaux, le bois massif reste une valeur sûre, de même que le cuir, mais aussi le tissu pour
les chaises et les canapés. Chez Toptip, beaucoup de meubles sont personnalisables: modèles, coloris et matières peuvent être adaptés à presque toutes les demandes.

Comment décide-t-on de ce qui plaira en réédition vintage?
C’est une décision qui tient compte de plusieurs facteurs: le prix, la qualité et la fonctionnalité, ainsi que les matières qui doivent être conformes au goût du jour. Et puis il faut garder un œil sur les nouveautés présentées dans les foires, les magazines d’ameublement et les revues de mode. En général, le design des meubles s’inspire des tendances de la mode vestimentaire.

www.toptip.ch

Commentaires (4)

Merci pour votre commentaire

Ce commentaire comprend-il des contenus douteux?

Le texte va être contrôlé et éventuellement adapté ou bloqué.

Votre commentaire

Vous n'avez pas encore écrit de commentaire!

Ce champ doit être complété. Merci.

Champ obligatoire
Ce champ doit être complété. Merci.





Veuillez recopier le code de sécurité:

$springMacroRequestContext.getMessage($code, $text)






Merci de prendre connaissance de notre charte et ne manquez de respect à personne!

Sophie Dürrenmatt
Photo:
Nicolas de neve, SP
Publication:
lundi 09.11.2015, 15:00 heure



Login mit Coopzeitung-Profil

Fermer
Fehlertext für Eingabe

Fehlertext für Eingabe

Mot de passe oublié?