Ils ont défendu politiquement le tunnel durant tout le projet: Adolf Ogi, Moritz Leuenberger et Doris Leuthard (de g. à dr.).

Les bâtisseurs: sans eux point de tunnel 

Magistrats Trois conseillers fédéraux ont œuvré à la réalisation du tunnel de base du Gothard: Adolf Ogi l’a planifié, Moritz Leuenberger l’a percé et Doris Leuthard l’a achevé.

La construction d’un tunnel transcende les générations. D’une longueur de 57 km, le tunnel de base du Gothard a vu se succéder trois ministres suisses des Transports à ses commandes. L’ancien conseiller fédéral Adolf Ogi, chef du Département fédéral des transports et de l’énergie (DFTE) en 1990, se souvient: le plus long tunnel ferroviaire au monde était la réponse de la Suisse aux exigences croissantes posées par le trafic européen. «Nous avons subi de fortes pressions après la construction du tunnel routier qui agissait comme un aimant vis-à-vis du trafic européen», explique Adolf Ogi.

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Fort du succès de la votation sur la nouvelle ligne ferroviaire à travers les Alpes (NLFA), c’est en 1992 qu’il donne simultanément le coup d’envoi des travaux de planification pour les projets du Gothard et du Lötschberg. «L’UE voulait que les camions de 40 tonnes puissent transiter par la Suisse et souhaitait un élargissement autoroutier. Nous avons fait un compromis et construit un tunnel ferroviaire.» Adolf Ogi affirme que le tunnel a permis d’économiser entre trois et quatre millions de passages de poids lourds par an.

Percement délicat

Moritz Leuenberger a pris la direction du DFTE en 1995. Il a mené les négociations sur les itinéraires d’accès avec l’UE, l’Allemagne et l’Italie et s’est aussi battu pour le financement de la NLFA lors de plusieurs votations populaires. En 1998, le peuple suisse s’est prononcé en faveur de la redevance sur le trafic des poids lourds liée aux prestations, la fameuse RPLP. Moritz Leuenberger ne garde pas que de bons souvenirs de cette époque. «La votation a été âprement contestée, j’ai pris beaucoup de coups.»

Prouesse technologique

L’avancement des travaux s’est heurté à une phase délicate au moment de traverser le synclinal de Piora, une zone géologique à haut risque. «Ce tronçon menaçait d’engloutir la totalité des finances publiques et de conduire à la ruine du pays selon les mauvaises langues», se souvient Moritz Leuenberger. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts: «L’opération s’est révélée parfaitement faisable.»
En 2010, Doris Leuthard reprend la tête du dicastère, rebaptisé entre-temps Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC). Elle y déploie son influence politique afin de faire d’un «simple trou un tunnel high-tech». Le tunnel entame désormais une phase d’essais intensifs pour s’assurer que tous les composants interagissent harmonieusement. «Environ 3000 trajets sont prévus d’ici à la fin du mois de mai», indique Doris Leuthard.
Tout doit fonctionner pour que les trains puissent circuler jusqu’à 200 km/h dans la galerie. La ministre espère que la nouvelle liaison renforcera la position de la Suisse au cœur d’un espace économique de 20 millions d’habitants entre le sud de l’Allemagne et le nord de l’Italie. D’après l’Argovienne, cette offre ferroviaire attrayante devrait permettre «de faire basculer le trafic de marchandises en pleine croissance vers le rail et de protéger les vallées alpines conformément aux vœux du peuple suisse».
Les trois politiciens sont unanimes: «Les Suisses peuvent être fiers de posséder le tunnel ferroviaire le plus long du monde. C’est l’ouvrage du siècle», estime Adolf Ogi. Pour Doris Leuthard, cette nouvelle desserte rapide à travers les Alpes rapproche les Suisses. Et Moritz Leuenberger de s’extasier: «Nous sommes témoins d’une prouesse monumentale, preuve de la vivacité de notre démocratie directe.» Maniant à merveille l’ironie, l’ancien conseiller fédéral ne peut s’empêcher de lancer une pique: «Les projets de gares et d’aéroports prennent parfois plus de temps chez nos voisins.»

140 jours jusqu’à l’inauguration officielle

Sainte Barbe († 306), protectrice

Sainte Barbe († 306), protectrice
Sainte Barbe († 306), protectrice

Refuge en roc

«Quand les hommes creusent la terre, à la recherche de métaux précieux ou pour construire un tunnel, ils m’implorent de les aider. Les mineurs se recueillent devant ma statue et célèbrent mon anniversaire, le 4 décembre. C’est parce que j’ai fui mon père qu’on me doit ces honneurs. Une faille s’est ouverte devant moi dans la montagne, où j’ai pu me réfugier quelque temps. Mon père était un riche marchand à Nicomédie, une ville turque qu’on appelle aujourd’hui Izmit. Pour améliorer son statut au sein de l’Empire romain, il souhaitait marier sa fille, belle et intelligente, à un noble romain. Mais lorsqu’il apprit que je m’étais convertie au christianisme et que j’étais baptisée, il est devenu complètement fou. Grâce à un indic, il a découvert ma cachette et m’a livrée au gouverneur local. Après m’avoir fait endurer les pires sévices, mon père m’a décapitée de ses propres mains.
»Le prénom Barbe ou Barbara s’est répandu dans le monde entier, même si, aujourd’hui, les filles pensent davantage à une poupée en plastique à son évocation, qu’à une martyre. L’origine de mon nom, Barbara, en grec, signifie «l’étrangère». WIM

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Natalia Ferroni
Photo:
Nicola Demaldi
Publication:
lundi 11.01.2016, 13:25 heure



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