Patrick Lecarré (à dr.) et ses ouvriers travaillent quelque 240 hectares de vigne. Comme ici, au dessus de Sierre.

Les chevaliers du cep à l’œuvre

Vendanges Depuis la mi-septembre, la récolte du raisin bat son plein. Mais qui sont aujourd’hui les gens qui s’occupent de la vigne? L’exemple de Provins, la grande cave de Sion.

Dans les grands domaines, c’était traditionnellement le métral qui avait la charge de soigner les vignes du propriétaire, et de recruter le personnel nécessaire. Un chef de culture peut-on dire en résumé. Aujourd’hui, si le terme n’est plus utilisé, la profession semble renaître. Ceci malgré la petite taille des parcelles de vigne et la dimension familiale de leur exploitation.

«J’ai donné la vigne, pas le travail»

La grande cave sédunoise Provins fonctionne comme une coopérative. Elle compte 3800 adhérents, tous propriétaires de leurs vignes, qui lui livrent chaque année quelque 9,5 millions de tonnes de raisin. «Il y a environ vingt ans, ils travaillaient tous leur parcelle eux-mêmes, explique Samuel Panchard, responsable du service viticole chez Provins. Ils fournissaient à la vigne les soins nécessaires tout au long de l’année.»
Depuis 2002, Provins doit s’occuper de 25% de la surface totale des vignes de ses sociétaires. Les jeunes générations ne semblent pas vouloir prendre le relais de leurs parents et de leurs grands-parents: «Souvent ils me disent en forme de clin d’œil: J’ai donné les vignes à mes enfants, mais j’ai gardé le travail!» poursuit-il.

Vignerons recherchés

Cette nouvelle donne pose un défi important à l’encaveur, car les personnes comme
Patrick Lecarré (photo) capables de gérer indépendamment les soins et travaux de la vigne – taille, ébourgeonnage, plantation, effeuillage, vendanges – ne sont pas monnaie courante. Seuls quelques jeunes par année se forment à ces besognes à l’École d’agriculture du Valais, à Châteauneuf. «En sortant, ils ont tous du travail. Nous devons réussir à rendre cette profession plus attractive.» Un travail physiquement difficile, rémunéré au salaire agricole, et qui pour l’heure est généralement réalisé par du personnel en provenance d’autres pays européens. Ces travailleurs ont amené leurs connaissances de la vigne de leur pays d’origine, ou parfois ont été formés par les caves. Pourquoi dès lors vouloir former des gens à l’école d’agriculture? «Ces ouvriers ne maîtrisent pas suffisamment le français écrit pour affronter la paperasserie de plus en plus importante dans les professions agricoles. Ce qui les empêche de se mettre à leur compte. Et nous avons besoin de professionnels qu’on puisse mandater.»

À l’heure des vendanges

En quelque sorte, le Valais attend le retour d’une forme de métral pour travailler ses vignes. Les petites mains qui permettent au vin de couler dans notre verre, ce sont aussi celles des vendangeurs qui coupent et trient le raisin sur le cep. Pour cela, pas besoin de savoir-faire particulier: «Pour les vendanges, des villages entiers se déplacent depuis nos pays voisins. Mais il y a beaucoup de complications, car il faut les loger, s’occuper des permis de travail», commente Samuel Panchard. Aujourd’hui, les entreprises viticoles travaillent avec des agences d’intérim qui peuvent fournir le personnel du jour au lendemain. C’est plus facile.»

Tôt ou tard, une récolte qui bouge

Givré Les vendanges se déroulent traditionnellement durant octobre. Vers la fin du mois, les mains des ouvriers peuvent donc se heurter aux frimas du matin. Mais depuis quelques années, la récolte a lieu plus tôt: de la mi-septembre à la mi-octobre. Avec le réchauffement, le raisin mûrit plus vite. Tardif Les vendanges tardives se déplacent quant à elles dans l’autre sens. On laisse se développer la pourriture noble sur la grappe jusqu’à la fin février, plutôt que décembre.
Qualité Un été maussade n’altère pas forcément la qualité de la récolte. Durant juillet et août, le raisin grossit plus qu’il ne mûrit. C’est surtout en septembre – bien ensoleillé cette année – qu’il atteint sa maturité. Un été pluvieux peut en revanche favoriser la pourriture.

Un riche chilien

L’experte

Marie Linder, spécialiste en vin

Marie Linder, spécialiste en vin
Marie Linder, spécialiste en vin

Le Chili, c’est quelque 170 000 hectares de vignes plantés sur une incroyable bande de terre large de 150 kilomètres, s’étirant sur 4000 kilomètres et entourée de frontières naturelles. Concha y Toro, plus gros producteur du pays, est une cave moderne qui propose des vins denses et charnus. Produit dans la Maipo Valley, cet assemblage de cabernet sauvignon et de syrah offre un nez épanoui et entêtant, aux notes de cassis, de sureau, avec une légère touche boisée. Sa bouche intensément fruitée a une texture veloutée qui enrobe des tanins bien présents mais souples. C’est un vin riche à boire légèrement rafraîchi. Il surprendra vos hôtes par son approche facile et son rapport qualité-prix remarquable.

Casillero del Diablo Reserva Privada Cabernet Sauvignon Syrah, 2012

Prix: 12 fr. 95/75 cl
Origine: Chili
Région: Maipo
Cépage: cabernet sauvignon, syrah
Maturité: 2014-2017
Disponible: dans les grands points de vente ou sur:
www.mondovino.ch
www.coopathome.ch

Gilles Mauron

Rédacteur

Photo:
Olivier Maire, SP
Publication:
lundi 13.10.2014, 15:00 heure

Retrouvez toutes nos recettes