Les grands-parents Regina et Sepp entourent Michael et Anita Reichmuth ainsi que leurs enfants Ricarda et Flavian.

Les familles paysannes sont indispensables

Rétrospective L’ONU avait proclamé 2014 Année internationale de l’agriculture familiale. Les paysans suisses en ont récolté un fort courant de sympathie.

Urs Schneider, directeur adjoint de l’Union suisse des paysans

Urs Schneider, directeur adjoint de l’Union suisse des paysans
Urs Schneider, directeur adjoint de l’Union suisse des paysans

Anita Reichmuth est agricultrice bio à Oberarth, dans le canton de Schwytz. Quand on lui demande ce qu’évoque cette Année internationale de l’agriculture familiale, sa réponse fuse: Facebook, des étrangers qui n’en sont plus, Johann Schneider-Ammann, Coop, et beaucoup, beaucoup de travail. «La communication par les nouveaux médias nous a donné une formidable chance de faire parler de nous», souligne l’agricultrice. Au moins cinq fois par semaine, elle a posté des images et des textes sur la Toile. Qu’en a-t-elle retiré? «Beaucoup de gens nous ont suivis durant toutes les activités qu’exige une exploitation comme la nôtre.»
Un enthousiasme qui a éveillé l’intérêt de Coop: on peut désormais acheter quatre confitures de baies des Reichmuth dans les filiales de Suisse centrale. De plus, ces paysans ont eu le privilège d’accueillir Johann Schneider-Ammann. Notre «ministre» de l’agriculture estime qu’il est important que les familles paysannes montrent leur travail quotidien. Les près de mille «j’aime» et les nombreux témoignages de sympathie que les Reichmuth ont reçus via Facebook lui donnent raison. Urs Schneider, directeur adjoint de l’Union suisse des paysans, constate lui aussi un vaste courant de sympathie pour les exploitations paysannes familiales. Interview.

Reichmuth père et fils en train de récolter des salades.

Qu’a apporté l’Année internationale de l’agriculture familiale aux paysans?
La variété des activités a suscité un grand intérêt. Cela a contribué à sensibiliser la population aux revendications des familles paysannes en Suisse et dans le monde.

L’agriculture coûte entre 3,5 et 4 milliards de francs. Ne faudrait-il pas abandonner le modèle familial, les grandes exploitations industrielles produisant à moindre frais?
La topographie de notre pays, l’espace restreint ou les standards définis rendent tout simplement l’implantation de vastes exploitations industrielles impossible. Le peuple suisse a en outre clairement montré, lors de plusieurs votations, qu’il souhaite une agriculture basée sur des exploitations paysannes familiales. Cela a un coût, mais le montant précité ne représente même pas 6% des dépenses de la Confédération. En même temps, l’alimentation ne constitue plus qu’environ 7% des dépenses du Suisse moyen.

«

Facebook nous a donné une chance de faire parler de nous »

Anita Reichmuth, agricultrice bio

La place des exploitations familiales dans la société?
Elles sont extrêmement importantes. L’agriculture familiale subvient au premier besoin fondamental: se nourrir. Elle entretient les paysages et contribue à l’occupation décentralisée du territoire. Bien ancrés dans leur commune et leur village, les agriculteurs, hommes et femmes, sont nombreux à assumer des responsabilités dans la fonction publique ou des associations. Ils perpétuent les traditions et préservent le patrimoine culturel.

Se sentent-ils soutenus?
Oui. Des sondages montrent que l’agriculture jouit d’une grande estime parmi la population. La preuve: en trois mois, 150 000 signatures ont pu être récoltées en faveur de l’initiative pour la sécurité alimentaire.  

Quels enseignements tirer de cette année?
Elle nous enseigne que les exploitations familiales pra-tiquant une agriculture durable sont la meilleure garantie pour l’approvisionnement en denrées alimentaires d’une population mondiale croissante. Dans le monde entier, il faut davantage prendre conscience de leur valeur et du travail des familles paysannes.

Évolution de l’agriculture ces cinquante dernières années

Coop sponsor principal

Qui sont ces personnes qui, dans le monde entier, nous approvisionnent en denrées alimentaires? Comment vivent-elles? L’Union suisse des paysans, Helvetas et d’autres organisations les ont mises à l’honneur en 2014, Année internationale de l’agriculture familiale proclamée par l’ONU.
Coop était le sponsor principal en Suisse. Ceux qui souhaitent se faire une idée du quotidien de familles paysannes en Suisse romande ou dans d’autres régions du pays, trouveront des adresses en allant sur:

www.meinbauer.ch/fr/