Gaspard Cuenot: 
«En biathlon, il faut réussir à assembler le ski de fond 
et le tir, deux sports 
totalement opposés.»

Les grands espaces 
en ligne de mire 

Ski de fond et tir: Gaspard Cuenot (22 ans) est un des espoirs du biathlon suisse. Le Neuchâtelois est devenu cet hiver le premier Romand de ces 
dix dernières années à se qualifier pour une manche de Coupe du monde. 

Gaspard Cuenot avait rêvé de stades anglais, d’un football robuste sur du gazon fin. Comme tous les gamins. «Le foot était une grande motivation. Petit à petit, je me suis retrouvé tout seul en sélection neuchâteloise. A 16 ans, je n’ai fait plus que du ski de fond.» Les grands espaces de La Brévine avaient alors raison des prés carrés. Le Neuchâtelois réinterprétait l’héritage de son pays.

«En biathlon, on est physiquement quasiment au même niveau que les meilleurs fondeurs du monde. S’y ajoute le tir qui requiert des centaines d’heures de travail. Le ski et le tir sont deux sports totalement opposés, la précision faisant face à la vitesse. Il faut réussir à les assembler de la meilleure façon. C’est un vrai défi, qu’on rencontre un peu dans l’horlogerie, où la précision le dispute à la résistance.» L’horlogerie. Au Cerneux-Péquignot, ses parents ont bâti une maison sur le modèle de la ferme horlogère, la baie vitrée plein sud rappelant les fenêtres anciennes.

Le lien avec le tir? Un éloge du détail. «Sur notre carabine, il y a des petites pièces qu’on peut modifier. On essaie ainsi d’avoir la crosse la plus confortable possible, comme un prolongement de sa propre morphologie. Dans le passage du ski à la carabine, on arrive au centimètre près à chaque mouvement. Pour prendre la position, pour se concentrer sur la cible. La respiration entre chaque tir joue un grand rôle. Ça permet de nous stabiliser quelques dixièmes de seconde. Contrairement au tir sportif, on se présente avec beaucoup de pulsations. On pratique un tir plus instinctif.»

Le biathlon renvoie alors à ses origines, celles de la chasse et d’une discipline militaire. «A l’armée, j’ai déçu mon chef, en ne réussissant pas la mention au tir obligatoire! Les armes ne m’ont jamais intéressé. Du reste, je n’ai jamais vu ma carabine comme une arme. Je n’aime pas cet aspect.» Gaspard Cuenot préfère évoquer l’aspect «très ludique» du biathlon. Ludique? «Beaucoup plus qu’il n’y paraît! En Coupe du monde de ski de fond, le leader va gagner toutes les courses. En biathlon, le tir crée beaucoup de spectacle et de rebondissements.» Sur son t-shirt, l’égérie en maillot de bain ne dit pas autre chose.
Tout au plus, la nécessité, pour lui, d’avoir recours à des sponsors. «Je vis chez mes parents. Comme pour tous les sports individuels, ce n’est pas évident.» La méconnaissance de son sport, où l’on est champion sinon rien, il en sourit. «On ne choisit pas cette discipline si on veut être dans les journaux: déjà le ski de fond, ce n’est pas super, alors le biathlon, c’est le dernier truc à faire! Ce qui importe n’est pas vraiment la reconnaissance, c’est d’avoir le respect des autres dans le milieu du biathlon.» Et sans doute l’attrait de pratiquer un sport qui échappe à l’ordinaire. «J’aime le ski nature, m’aventurer, sortir des traces.»

Face à la baie vitrée, l’étendue blanche est une invitation. «La tranquillité des grands espaces est quelque chose que j’adore. Quand je suis seul dans la forêt, le fait d’avoir juste ses pensées comme moyen de distraction. Ma carrière sportive terminée, je continuerai à courir ou à aller à ski de fond, le soir. Tout est tranquille, comme après un grand orage. C’est toujours joli, la nature, quand elle se réveille ou quand elle se couche.»
Il mentionne encore la Scandinavie, au-delà du biathlon. «On quitte la ville, on se trouve nez à nez avec un élan. Sur des centaines de kilomètres de road trips, on peut voir plus d’animaux que de voitures.»

«

J’aime 
le ski nature, m’aventurer, sortir des traces»

Gaspard Cuenot chevauche les distances au pas de patineur. Il laisse parfois planer un silence, et s’envole, aussi. «Au printemps, j’aime festoyer et voyager, comme tout le monde!» s’exclame-t-il quand on aborde sa jeunesse. 
Aux portes de La Brévine, il pourrait incarner la sagesse scandinave – la vie est un ballet, on ne le danse qu’une fois. Mais une danse sans canevas, sans sillages. Gaspard Cuenot n’a pas traversé la nuit à Berlin ou à Barcelone. Ses voyages l’ont mené dans les pays de l’Est. «Ils sont moins connus, et pourtant pas loin. La mentalité y est très accueillante, dans un autre monde. En Slovaquie, ça sent le charbon. Les gens n’arrivent pas à chauffer au mazout! Or, il suffit de boire un verre, et l’atmosphère est festive, chaleureuse. Les gens se réunissent facilement, car ils n’ont pas les mêmes possibilités de distraction que nous. Parcourir 10 km est déjà un défi. Ils vivent au ralenti.»

Le défi, Gaspard Cuenot le fourbit au quotidien. Comme sportif d’élite. Comme un jeune homme de 22 ans. «Mes vacances? L’aventure, quand même. On part en voiture avec des copains, pour du trekking. Histoire de découvrir des endroits où on ne croise aucun touriste. Et on mange bien le soir. La plage, pour moi, ça va un jour, pas cinq.» 
Dehors, la lumière a changé, dans ces jours où la nuit l’emporte sans compromis. Gaspard Cuenot jette un regard sur l’horizon qui agit en aimant. «J’aime le soleil. C’est assez fantastique, le contraste entre la neige froide et l’impression qu’il fait presque chaud.» Il s’éclipsera à ski, alors que la clarté s’estompe. «Une heure et demie, pour prendre l’air. Trente kilomètres.»

Portrait

Gaspard Cuenot

le 30 septembre 1991.
Domicile. Le Cerneux-Péquignot (NE).
Famille. Un frère qui fait du biathlon (19 ans), une sœur (23 ans).
Etudes. Diplôme de commerce puis maturité – Brigue, filière sports-études.
Cuisine. Le Tyrol italien.
Palmarès. Champion de Suisse en 2011. Première participation en Coupe du monde en 2013. Mérite sportif neuchâtelois en 2012.
Entraînement. A Arçon (F), avec les biathlètes français. Trois semaines par mois à Andermatt avec Swiss-Ski.
Objectif. S’installer dans le cadre A. «Venant du ski de fond, la condition physique est plutôt un atout. Mais j’ai beaucoup à travailler en tir. L’été dernier, j’ai gagné en précision.»

Le biathlon: en quelques traces

Des chasseurs, à l’origine. Dans l’art scandinave antique – notamment des peintures rupestres de quelque 5000 ans – on observe des hommes utilisant des planches de bois pour se déplacer et des armes pour chasser.

Une utilisation militaire, ensuite. Des écrits antiques font mention de «soldats» à ski. Les Vikings, et des armées d’Europe du Nord y feront également recours.

Une discipline sportive, dès le milieu du XIXe siècle. Le premier club naît en Norvège. Les compétitions, militaires d’abord, s’ouvrent aux civils après la Deuxième Guerre mondiale, sous la forme initialement du pentathlon d’hiver (équitation, escrime, tir, ski de fond et ski alpin). Le biathlon est reconnu comme sport en 1954. Et sport olympique en 1960.

La Brévine, vallée du froid 

La Brévine en hiver: des 
paysages à couper le souffle et une nature préservée. 

Agenda

3e Fête du Froid (7-8 février 2014)
Samedi 8: snow up. Traversée de la vallée organisée (raquettes, marche, ski de fond). Et notamment: animations au lac des Taillères (chiens et chevaux de traîneaux, concours pour les enfants – voir site Internet), marché artisanal, marche aux flambeaux, repas du terroir.

La Sibérienne (23 février 2014)
Course populaire de ski de fond (15 km, 30 km).

Autres activités

Y faire du ski de fond
Le plan des pistes, le bulletin d’enneigement local (par piste, comprenant les distances et conditions particulières), peuvent être consultés sur le site www.skidefond.ch/. La carte saisonnière d’accès aux pistes peut également y être commandée. Les cartes journalières (10 fr. ou 5 fr. avec location de ski) et hebdomadaires (35 fr.), s’obtiennent auprès de Sibéria Sports, à La Brévine, ou au restaurant Chez Bichon.

Parmi les parcours
La Traversée de la vallée: La Chaux-du-Milieu – La Brévine – Les Cernets. Environ 30 km. Le transport de bagages peut être assuré (renseignement dans les hôtels). Ou les boucles de la Grande franco‑suisse (45 km), et la Petite franco‑suisse (13 km).

Matériel, cours et excursions
Sibéria Sports, à La Brévine, constitue un centre
névralgique. A la carte:
location de skis de fond,
raquettes à neige et patins
à glace pour enfants et adultes.
Cours de ski de fond.
Itinéraires de randonnées
accompagnées en raquettes.

Curiosités
Lac des Taillères: renseignements sur les conditions de glace auprès de Sibéria Sports.

Se restaurer, y dormir et se ressourcer
Auberge au Loup Blanc, La Brévine
Hôtel-de-Ville, La Brévine
Bar l’Isba, La Brévine
Aux Berges d’Estaillères, Les Taillères
Restaurant Chez Bichon, Bémont
Hôtel-Restaurant Les Cernets, Les Cernets-Verrières
L’Auberge du Prévoux, Le Prévoux
L’Auberge du Vieux-Puits, La Chaux-du-Milieu
Restaurant du Moulin, Le Cerneux-Péquignot

Centre fitness et wellness Isaton’ik, La Brévine

Liens

www.vallee-brevine.ch
www.siberiasports.ch/index.php/parcours
www.skidefond.ch/
www.neuchateltourisme.ch

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Ariane Pellaton

Rédactrice

Photo:
Darrin Vanselow
Publication:
lundi 03.02.2014, 11:00 heure

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