L’ascension de la Dent Blanche par l’arête des Quatre Anes.

Les guides préparent leur relève 

Ils ont entre 16 et 22 ans et partagent la passion de la montagne. Un week-end par mois, des jeunes Romands et Haut-Valaisans se retrouvent en compagnie de guides formateurs pour approfondir leurs connaissances en vue d’épouser un jour peut-être le métier de guide de montagne.

Groupe espoir. Le nom en dit déjà long sur le concept. Fondée par l’Association valaisanne des guides de montagne en 2009 à l’occasion de ses 100 ans, la formation rassemble des jeunes ayant déjà de bonnes connaissances du milieu et un certain potentiel d’évolution. Le but: les préparer aux cours d’aspirant guide, puis de guide de montagne. «Deux raisons m’ont poussé à constituer le groupe espoir. D’abord, en tant que guide responsable de la formation des guides de montagne suisses, je remarquais que certaines régions commençaient à souffrir d’un manque de relève. Ce n’était pas encore le cas en Valais, mais je voulais absolument éviter cette situation dans notre canton», explique Peter Kimmig, guide de montagne depuis trente et un ans et instigateur du projet.

«Ensuite, en tant que père d’un jeune homme passionné de montagne, je voulais créer une organisation qui encadre les jeunes pour qu’eux-mêmes sachent ce qu’ils peuvent et doivent se permettre de faire sans prendre trop de risque. Le groupe espoir les sensibilise aux dangers du milieu et les prépare aux grandes courses au travers d’un enseignement professionnel.» Conduite d’une course et gestion d’un groupe, ce ne sont autres que les fondements du métier de guide qui sont là enseignés.
Aujourd’hui, à sa 5e année d’existence, le groupe espoir rassemble trente participants, dont deux femmes. Deux tiers sont des Valaisans, le reste est réparti entre les cantons romands.
Nils Riva a 21 ans, est originaire de La Tzoumaz (VS) et travaille en tant qu’aspirant professeur de ski. Cet hiver, il accomplit sa 4e année au sein du groupe espoir. «Pour moi c’est une véritable école de vie. Ces sorties m’apportent tellement de joie et d’énergie, je suis super motivé à devenir guide de montagne», lâche-t-il avec un enthousiasme déconcertant, les yeux scintillant de passion. «Avec Gaby et Cyrille (ndlr: les deux guides formateurs responsables du groupe espoir), on appréhende la montagne étape par étape. Ils nous inculquent le respect, le sérieux, le goût de l’effort. Mais quand la course est terminée, le soir en cabane, on rigole énormément.»

Nils Riva (21 ans) de La Tzoumaz (VS) fait partie du groupe espoir.

Au programme, toutes les disciplines exercées en tant que guide sont abordées. Randonnée à ski, cours avalanche, cascade de glace, alpinisme et escalade se succèdent au fil des saisons à raison d’un week-end par mois. Un camp d’une semaine, été ou hiver, complète la formation. «Nous leur demandons d’être présents à toutes les sorties et de s’entraîner à ces disciplines de leur côté», explique Cyrille Berthod, guide responsable du groupe depuis 2009. «C’est exigeant mais le but est de les rendre autonomes en montagne. Et ça fonctionne bien finalement. Une émulation se crée rapidement durant les week-ends, ce qui les pousse à organiser   des sorties entre eux et à se tenir à niveau. Et presque toujours avant de partir seuls, ils nous appellent pour connaître les conditions et le profil de la course.» En été, un week-end d’alpinisme peut ressembler à une montée à la cabane Mountet dans le val d’Anniviers avant un réveil aux aurores pour gravir le Zinalrothorn, soit par sa traversée, soit par son arête nord ou pour réaliser l’ascension de la Dent Blanche par l’arête des Quatre Anes. «Le petit sommet du Mammouth juste à côté de la cabane nous a permis de réviser les techniques de cordes et de progression utiles pour réaliser l’objectif du lendemain, avant de former des groupes par niveau pour les différentes courses», détaille Cyrille Berthod.
Ce week-end-là est gravé dans la mémoire de Nils. «Le soir en cabane, Gaby Voide me choisit dans sa cordée pour l’arête des Quatre Anes. J’en étais tellement fier. J’ai aussitôt couru faire mon sac car il était déjà 20 h et nous nous levions à minuit. Nous sommes arrivés au sommet avec les premières lueurs du jour, c’était exceptionnel.»

Un test d’entrée constitué d’un jour de technique de ski et d’un jour d’escalade (de glace ou en salle) permet de recruter chaque début d’hiver de nouveaux participants. En décembre dernier, ils étaient sept à rejoindre le groupe espoir.
Victime de son succès, la formation arrive à saturation. «Aujourd’hui, nous avons une trentaine de membres mais notre idéal se situe à vingt-quatre personnes», explique Peter Kimmig. «Par souci de qualité d’une part, car nous n’engageons que des guides formateurs au sein de l’Association suisse des guides pour encadrer les jeunes par petits groupes. Et par souci financier d’autre part.» Chaque jeune paie 120 fr. par week-end pour couvrir ses frais de transport, d’hébergement et de nourriture. Reste à l’Association valaisanne des guides de montagne à rémunérer les professionnels grâce au soutien des associations suisse et romande des guides de montagne, de partenaires qui fournissent du matériel et de donateurs privés.

Association suisse des guides de montagne
: «rares sont les guides qui vivent de la montagne»

Actuellement, 1570 guides de montagne sont recensés en Suisse dont 550 en Valais. Chaque automne, et ce depuis une décennie, ils sont une trentaine à obtenir leur brevet, faisant de leur passionun métier. Pourtant, après les premières années d’activité, ils ne sont plus que 25% à vivre uniquement de la montagne. «Autrefois, le métier de guide ne se pratiquait que l’été. Depuis les années 1970 seulement, avec la démocratisation du ski, les guides ont pu exercer leur métier à plein temps. Mais très peu le fontactuellement», précise Pierre Mathey, président de l’Association suisse des guides de montagne. «Cela s’explique d’une part par l’incertitude financière liée à cette profession dépendant de la météo et de la clientèle, et, d’autre part, par la provenance des candidats. Aujourd’hui, la formation de guide ne se cantonne plus qu’aux habitants des vallées alpines. Il y a toujours plus de diplômés qui jonglent entre leur première formation et la montagne.» Mais vu la demande constante de la clientèle et à en croire le président de l’association, le métier a encore de beaux jours devant lui.

Le groupe espoir existe depuis 5 ans. Fort de son succès, il arrive à saturation.

Les qualités que demande 
la profession…

  1. Constamment en contact avec sa clientèle, le guide de montagne doit aimer les gens et transmettre ses connaissances. 
  2. Il doit également s’adapter aux conditions du terrain, à la météo et au niveau de la clientèle. Faire preuve d’une bonne capacité décisionnelle et avoir du sang-froid se révèle essentiel. Renoncer fait aussi partie du métier. 
  3. Etre curieux pour découvrir de nouveaux coins mais aussi désireux d’en apprendre toujours plus sont des qualités nécessaires pour exercer la profession.

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Texte: Sophie Dorsaz

Photo:
Gabriel Voide
Publication:
lundi 03.03.2014, 10:30 heure

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