Les légendes du sport

Jacques Wullschleger
écrit le 23.05.2017


Pierre Jobin, médecin du sport

"J'ai commencé la médecine à cause d'une dent". Il y a beaucoup de douceur chez Pierre Jobin, dans le regard aussi. Être à l'écoute des gens favorise cette fraîcheur rassurante, régénératrice qui se transmet jusque dans la voix, précise-t-il.

Il est médecin du sport, connu et reconnu dans le milieu où les lésions ne sont pas qu'étrangères. Il n'opère pas, sinon des diagnostics, puis désigne une voie à suivre, avant de revoir le patient pour constater les progrès ou une guérison. " On est plutôt dans la traumatologie, on est des médecins qui réparons" souligne-t-il.


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Jacques Wullschleger
écrit le 16.05.2017 dans Sports de combat


Maurizio Bittarelli, ancien boxeur

"Maurizio,  vous êtes un jeune homme!" Il porte une barbe, il "fait" prof de philo ou écrivain latin. "Je me suis laissé pousser la barbe pour cacher mes rides", dit en souriant Maurizio Bittarelli, ancien boxeur italo-suisse de renom, qui s'est produit un peu partout en Europe. "Grâce à mon sport, j'ai pu voyager en avion."

Il est arrivé en Suisse un samedi de 1963, avec ses parents. "Et le lundi, je suis allé à l'école. "D'abord aux Croix-Rouges, où ça a été dur, puis à Saint-Roch." Il raconte et l'émotion est encore palpable. "Aux Croix-Rouges, on m'a insulté, traité de charogne d'Italien, de magut. J'étais un peu bronzé." C'était l'ère James Schwarzenbach auteur d'une initiative contre l'emprise étrangère, rejetée le 7 juin 1970. "Ces insultes, elles m'auront marqué à vie. Je suis resté ici, parce qu'on trouvait du travail, parce qu'on vivait mieux. J'aime la Suisse et l'amour que je lui porte a grandi en moi. Je suis très content d'être là, j'apprécie cette chance, d'y avoir 5 petits-fils merveilleux. Mais, je ne me suis jamais naturalisé. Jamais. La faute sans doute à ce traumatisme, que j'ai vécu jeune." Ce racisme qu'il abhorre.


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Jacques Wullschleger
écrit le 09.05.2017 dans Sports nautiques


Stefan Volery, ancien nageur et aujourd'hui hypnothérapeute

Stefan Volery: "Je répare les blessures de l'âme et ça me rend heureux". Stefan Volery reste un grand compétiteur. Insatiable.  La consultation de son site www.stefanvolery.com en dit nettement plus qu'une longue diatribe. Depuis la fin du mois d'août 2016, le Neuchâtelois est hypnothérapeute. Il solutionne, chez les gens, ses patients, un vaste éventail de troubles ou de gènes – exemples : peur de l'eau, problème de sommeil, perte de confiance en soi et manque de joie de vivre, perte d'emploi, etc –. "L'humain et sa problématique est au centre de l'attention", rassure-il. Cette pratique il l'a étudiée durant 300 jours à Paris, à l'Ecole d'hypnose francophone. Il a passé de très nombreux week-end dans la capitale française pour apprendre. Ces cours se sont achevés au début de l'année. Il dénombre aujourd'hui une centaine de patients.


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Jacques Wullschleger
écrit le 02.05.2017 dans Sports de raquette


Christelle Fauche, ancienne joueuse de tennis

Christelle Fauche: "J'aurais pu être la numéro 1, mais..."

Solaire. Elle est solaire, Christelle Fauche. "J'aurais pu être la numéro 1 du pays, à deux reprises. Le problème, dès lors double, c'est que Manuela Maleeva-Fragnière s'est naturalisée Suisse ; ensuite, c'est Martina Hingis qui est arrivée." Elle sourit et prend du plaisir, parle dans la foulée de Roger Federer, qui le 25 avril, jour de notre rencontre avec Christelle Fauche à Genève, n'avait pas encore pris sa décision de jouer ou pas à Roland-Garros: "À mon avis, il va prendre des nouvelles de la météo le moment venu. Si les conditions s'annoncent sèches, il ira. Le terrain sec donnera de la vitesse à la balle, il préfère ça. Les courts à Roland-Garros, c'est du ciment avec de la poudre dessus ; ça, il faut le savoir." Depuis, le Bâlois a décidé de jouer à Paris, se sentant affamé et impatient de jouer, a-t-il déclaré dimanche dernier à un média américain.


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Jacques Wullschleger
écrit le 25.04.2017 dans Sports collectifs


Roger Läubli, ancien footballeur, gardien

John Ford aurait aimé Roger Läubli

Dommage, oui dommage que le réalisateur américain John Ford dans une autre parcelle de vie n'ait pas connu Roger Läubli car il aurait pu lui attribuer le rôle de "L'homme tranquille", film célèbre sorti en 1952. Sa route, à ce moment-là, avait croisé celle de John Wayne.

Dans sa belle maison, en bois avec de la pierre et des appartements, qu'il a façonnée et bichonnée, pensée aussi, Roger Läubli est un homme heureux, et surtout en paix. Il avait quelques rêves et il les a réalisés, parce qu'il voulait qu'il en soit ainsi. S'en donner les moyens même si ceux-ci n'étaient pas toujours là . "J'avais toujours dit que je serais footballeur. Ça s'est produit. J'aime l'équitation. 

J'ai eu un cheval durant 10 ans, je l'avais acheté pour ma fille. Mon papa avec qui j'allais voir les matches du grand FC Bâle (avec Helmut Benthaus, Karl Odermatt, etc) était capitaine de bateaux sur le lac de Zurich. Faire du bateau, j'aimais bien. Alors, j'en ai acheté un – pas un gros mais un petit – et ça fait 10 ans que je l'ai." Et Roger Läubli possède aussi une moto, pour la liberté et la découverte.

Dans ce décor ouvert à la nature, il écoute le silence. "Ici, c'est le paradis pour vieillir", dit-il. On se trouve à quelques kilomètres de la Chaux-de-Fonds, guère éloigné du stade de la Charrière, au bout, ou presque, d'une route étroite. C'est un autre monde, où vit Roger Läubli.


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Jacques Wullschleger
écrit le 18.04.2017


Jérôme Laperrière, ancien arbitre de football

Jérôme Laperrière: "J'ai donné de la moelle osseuse...". Quand il était arbitre en LNA (Super League), Jérôme Laperrière était policier, son métier. Nommé directeur de jeu FIFA en 2006, il a changé de profession. Motif : les horaires ne convenaient plus. "Quand on est arbitre FIFA, on voyage." Du coup, sa vie professionnelle s'est établie à l'Office des poursuites de Genève, où il travaille toujours. Il y est chef de secteur. Il a aussi servi chez Protectas dans l'intervention (alarmes). "J'avais une arme, mon compagnon était un berger allemand dressé." Jérôme Laperrière a aimé cette période. Dans un resto, près de son lieu de travail, il se livre, ses chapitres sont nombreux. "J'aime gérer des conflits, trouver des compromis. Je déteste l'injustice." Puis : "Je ne suis pas du tout dans l'autorité, j'ai horreur de ça. Avec les années, je me suis construit une carapace, vous pouvez tout me dire." Sa personnalité n'est pas en accord parfait avec sa vie de tous les jours, d'huissier, dont la règle première est de ne montrer aucun sentiment, un état d'âme fragile qui, parfois, n'est pas facile à cacher. "Quelque part, je suis contre-nature", avoue-t-il. Dans la rue, il lui arrive d'intervenir quand deux individus se battent. "C'est plus fort que moi. Je me fait engueuler par ma femme." Il a également tracé des types qui avaient volé une mallette. Jérôme Laperrière a des valeurs. Il entreprend tout pour les défendre et les inculquer. Il est aussi un homme de dialogue. Un homme à deux facettes. Attachant et honnête. "Je suis une personne sensible, qui prend beaucoup de choses à cœur." Il pratique le badminton. "Je me donne à fond, il y a tout qui ressort. Si je ne fais pas du sport tous les trois jours, je ne me sens pas bien."


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Jacques Wullschleger
écrit le 11.04.2017 dans Sports collectifs


Jocelyn Roux, footballeur

Jocelyn Roux: ce futur avocat plaide pour le football. Au commencement, Jocelyn Roux a joué au tennis. "J'avais 3 ou 4 ans." Ce sport, le premier, lui était promis pour la bonne et simple raison que ses parents étaient professeurs de tennis. "J'avais déjà un caractère, du caractère, le besoin, urgent, d'extérioriser mes états d'âme." Il n'aimait pas rater un geste, une balle, il n'aimait pas perdre et aujourd'hui encore, il abhorre la défaite, un contrôle mal orienté, un tir qui loupe sa cible, une passe mal dosée, etc. "J'ai la rage et je la montre. Petit, ça m'a souvent pénalisé." Il lui est arrivé de casser des raquettes. "Au début, ce sont mes parents qui payaient. Mais comme il y en a eu d'autres, on m'a fait jouer avec des raquettes en métal."

Il sourit, Jocelyn Roux, joueur de tennis à la McEnroe mais footballeur à la Jocelyn Roux, auteur de nombreux buts venus de nulle part, issus d'un instinct affiné au fil des années et de longs travaux devant une cage. "J'ai commencé le foot à 6-7 ans, au Club du Petit-Lancy (à l'époque le FC Lancy-Sport). "Quelques années plus tard, Servette est venu me recruter."


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Jacques Wullschleger
écrit le 04.04.2017 dans Sports collectifs


Sarah Kershaw, future ex-basketteuse de talent

Sarah Kershaw: et si elle participait aux JO de Tokyo en 2020 ? La silhouette, jolie, les cheveux noirs tirés en arrière et les yeux discrètement maquillés, elle porte bien et pourrait être danseuse classique. Non, Sarah Kershow est basketteuse, à la trajectoire très réfléchie, dessinée par elle. Parce qu’elle l’a décidé, sa carrière prendra fin, bientôt, au terme de la saison, après une quinzaine d’années passées au plus haut niveau. «Danseuse ? Je n’aurais pas pu être danseuse car plus jeune j’étais un peu rondelette», avoue-t-elle très souriante, le sourire ou le rire étant une de ses marques de fabrique. «A la limite, peut-être footballeuse, mais pas danseuse. Mais j’aime bien danser le soir…»


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Jacques Wullschleger
écrit le 28.03.2017 dans Sports collectifs


Stéphanie Mérillat, vice-présidente du HC Bienne, LNA

Stéphanie Mérillat: "J'ai de la peine avec le hockey féminin."

La veille de notre rencontre à Lausanne, au bord du lac, il y avait eu un acte V des Play off opposant Berne (succès 4-1, qualifié pour les demi-finales) au HC Bienne, club dont Stéphanie Mérillat est la vice-présidente, depuis août 2009. On parle de cette partie qui a été belle, des regrets au vu des occasions biennoises, des face-à face avec le gardien adverse perdus et forcément, des émotions que le hockey sur glace véhicule. "L'émotion est brute. Des gens la cherchent, ils la rencontrent à la patinoire, heureusement. Il faut la vivre en direct et c'est intense. La rapidité du jeu la nourrit et ses séquences, aussi." Avant de s'endormir et sans doute pour plonger dans une douce décompression, elle a lu. "Il me restait une quinzaine de pages à lire d'un polar de Franck Thilliez." Stéphanie Mérillat aime les polars, les thrillers, lire car elle a une soif éternelle de découvrir et d'apprendre. La lecture est, aussi, un merveilleux moyen d'évasion.

La saison passée, le HC Bienne connut un exercice compliqué, échappa à la finale des Play out pour ne pas descendre parce que Ajoie, champion de Suisse de LNB, avait décidé de ne pas monter. Le club ajoulot n'en avait pas fait la demande. "Nous avons été pris à partie par beaucoup de personnes. On se faisait engueuler. J'avoue que je n'avais plus du tout envie d'aller à la patinoire." Un passé récent que Stéphanie Mérillat ne souhaite plus revivre. Le présent est plutôt souriant.


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Jacques Wullschleger
écrit le 16.03.2017


Virginie Faivre, ancienne championne de freestyle

Virginie Faivre : ses mots valent plus que des maux. Pour la première fois de l’histoire de sa vie entre terre et ciel, ou dans les airs, Virginie Faivre vit un hiver «blanc» ; soit sans skis ni neige, sans émotions ni magie. C’est que la championne vaudoise soigne sa santé à cause d’une chute sérieuse survenue au printemps 2016 à Zermatt. Avec sa tête, elle a heurté un bloc de glace recouvert de neige. Commotion cérébrale - ce n’était pas la première -qui lui procure aujourd’hui encore de sérieux maux de tête, qui perturbent son quotidien. «Mais je n’ai plus de problème d’équilibre linéaire dû à un trouble de l’oreille interne», rassure, souriante, Virginie Faivre. «J’ai été soignée à Zurich, au Swiss Concussion Center, un établissement réservé surtout aux sportifs, qui a ouvert il y environ une année.» Reste les maux de tête. «J’envisage de me rendre aux Etats-Unis, dans une clinique réputée, qui accueille régulièrement des sportifs qui souffrent après avoir subi une commotion. Le problème c’est que ça coûte. Il faut que j’en parle à mon assurance.»


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Jacques Wullschleger

 

Un fou de sport. Et le mot est faible. Jacques Wullschleger (62 ans) a consacré sa carrière au journalisme sportif, d’abord pour la «Feuille d’avis de Lausanne» (devenue «24 heures»)dès 1972, puis au «Matin» dès 1984. Son palmarès parle pour lui: plusieurs Coupes du monde de football, des Tours de Romandie et d’innombrables championnats de hockey, tennis, natation, patinage artistique… Au final, des milliers d’articles, mais aussi des événements et des rencontres qui ont marqué l’homme.

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