Un troupeau d’oies 
sur les hauts du Längenberg, au-
dessus de Berne. Une image longtemps disparue en Suisse. 

Les oies de prairie font leur retour

Les oies, ça faisait 
longtemps qu’on 
n’en voulait plus par ici. Trois familles 
paysannes bernoises ont pourtant renoué avec cette tradition. 

Celles du Capitole ont permis de sauver la Rome antique de l’attaque des Gaulois. Celles imaginées par Selma Lagerlöf ont aidé Nils Holgersson dans son merveilleux voyage à travers la Suède. Jusqu’au XXe siècle, les oies, car c’est d’elles qu’il s’agit, étaient la proie du renard et, des troupeaux entiers paissaient dans les prairies des fermes. Puis, elles ont pratiquement disparu de nos campagnes. Pas assez rentables. Le gros bétail rapportait plus.
Mais les oies sont de retour. Vers Zimmerwald, près de Berne, Monika et Martin Zehnder en détiennent un troupeau. Les Zehnder et deux familles paysannes – Ueli et Esther Niederhauser, de Mittelhäusern et Thomas et Kathrina Loosli, de Neuenegg – en sont venus à élever ces volailles pour une raison simple: «Si nous autres, agriculteurs, voulons survivre, nous devons innover. Encore faut-il qu’il y ait un marché… Et nous devons avoir du plaisir, sinon ça ne marcherait pas», explique Martin Zehnder. C’est ainsi que les trois familles ont opté pour les oies. «On n’y connaissait pas grand-chose», avoue Esther Niederhauser. Ils ont donc visité des exploitations en Allemagne et en Autriche, où l’on compte quelque 30 000 oies. Puis le jour J est arrivé: «Nous avons ramené les premiers oisons d’un jour à la ferme», se rappelle Martin Zehnder. C’était il y a six mois. A part deux bêtes croquées par un renard, et la clôture remplacée par un grillage à mailles plus fines, chez les Zehnder, il n’y a eu ni incidents ni maladies. Les trois paysans sont convaincus que c’est dû au fait qu’il s’agisse d’oies de prairie et non d’engraissement. Elles sont constamment dehors, mangent de l’herbe et un peu de céréales. Pour atteindre leur poids d’abattage d’environ 5 kilos, il leur faut à peu près six mois.
Aujourd’hui, en cette fin d’après-midi ensoleillée, les oies vont paître dans les prés, comme le feraient des vaches. Mais elles s’y prennent de façon plus subtile: «Tout le troupeau se déplace lentement en mangeant. C’est à peine si elles piétinent un brin d’herbe», font observer les Loosli.
Les oies des Niederhauser sont très dociles: «Quand je siffle, tout le troupeau accourt et me suit.» Les trois familles ont commencé avec 300 canards. Il n’y en aura jamais beaucoup plus: «Nous sommes des exploitations familiales, pas des éleveurs industriels. Nous voulons simplement disposer d’une ressource complémentaire en période économique incertaine», déclare Thomas Loosli, au nom de tous. Cependant, ils cherchent encore des collègues, bernois ou non, qui seraient d’accord d’adhérer à leur association.
Pour s’assurer un débouché, ils ont pris contact avec Coop: «J’ai tout de suite trouvé une oreille attentive», déclare Martin Zehnder. «Les gens de Coop étaient d’accord de commencer à petite échelle, de produire au niveau régional. De plus, il fallait que les animaux soient abattus dans la région par un professionnel.»

www.berner-weidegans.ch

«Coop soutient les gens qui font preuve d’initiative»

Jörg Saladin, acheteur 
de volailles de Coop

Jörg Saladin, acheteur 
de volailles de Coop
Jörg Saladin, acheteur 
de volailles de Coop

Le projet-test des oies dans la région de Berne est encouragé par Coop. Régionalité et innovation en sont les maîtres-mots.

Coopération.  Pourquoi Coop s’occupe-t-elle de quelques centaines d’oies? Ce n’est pas rentable.
Jörg Saladin. Mais si, car Coop mise sur la provenance régionale et sur l’origine suisse. En outre, ces gens font preuve d’initiative, ce que nous avons à cœur de soutenir.

Y a-t-il vraiment un marché pour l’oie indigène?
Actuellement, la demande d’oies entières est faible en Suisse, et elle est couverte par les importations. Mais cela ne va pas durer. Quand les consommateurs découvriront que chez nous les oies sont détenues dans des conditions respectueuses de l’espèce et qu’ils réaliseront combien leur chair est délicieuse…

Pour le moment, il n’y en a que dans la région de Berne. Quelle sera la suite?
La vente des oies bernoises fait office de test. En janvier, nous tirerons le bilan et conviendrons de la suite à donner. En fin de compte, ce sera aux consommateurs de décider de la poursuite ou non de cette expérience.

Bien-être animal: des contrôles seront aussi effectués à l’étranger

Pour Coop, il est important de ne pas limiter le bien-être animal à la Suisse. Les animaux de rente des fournisseurs étrangers de Coop doivent aussi être détenus dans des conditions comparables. Désormais la Protection suisse des animaux (PSA) contrôlera la détention, le transport et
l’abattage des animaux chez nos fournisseurs étrangers. Ce sont les exploitations avicoles étrangères qui seront les premières contrôlées. Même si Coop s’approvisionne en volaille à 80% en Suisse, le rôle des producteurs étrangers de cette catégorie n’en demeure pas moins important.