Des roses non seulement belles mais aussi produites et commercialisées de manière équitable.

Les roses ne parlent pas qu’aux poètes

Les roses symbolisent la passion. Produites équitablement, elles 
signifient aussi que les cultivateurs bénéficient de bonnes conditions de vie et de travail, d’une protection sanitaire et qu’ils ont accès à l’éducation.

Rose, la situation des ouvriers qui travaillent dans les roseraies à travers le monde ne l’est pas vraiment: emplois précaires, pesticides omniprésents, rémunération insuffisante… Mais il existe aussi des exploitations exemplaires, comme ces roseraies du Kenya certifiées Fairtrade. C’est de là que viennent les roses vendues par Coop pour la Saint-Valentin. Elles apportent du bonheur aux bénéficiaires des bouquets en Suisse ainsi qu’à ceux qui les cultivent et à leurs familles. Raphael Schilling, de la division Développement durable de Coop, nous explique pourquoi.

Réglementation des conditions de travail

Les exploitations floricoles conventionnelles occupent généralement des femmes. Ces ouvrières n’ont souvent pas de contrat de travail et sont très mal payées. La certification Fairtrade leur garantit un emploi stable en régissant leurs conditions d’engagement et de rétribution. «Derrière chaque ouvrière, il y a une famille nombreuse qui dépend d’un salaire régulier», souligne Raphael Schilling. Les roses sont directement expédiées en Suisse ainsi qu’ailleurs en Europe. Toutes les roses que Coop importe du Kenya sont certifiées Fairtrade.

Prime
Fairtrade

En plus de la sécurité du revenu, les employés des exploitations floricoles Fairtrade bénéficient aussi d’une prime Fairtrade: 10% du prix de vente des fleurs reviennent au personnel des exploitations pour des projets communautaires. Le plus souvent, cet argent est utilisé dans les domaines de la santé, de l’éducation ou de l’approvisionnement en eau. La prime peut aussi servir à l’acquisition d’articles simples, mais néanmoins vitaux, comme des moustiquaires.

Moins de
pesticides

Les cultures certifiées Fairtrade se distinguent aussi par leurs méthodes de production durable et l’attention portée à la santé des travailleurs. Cela passe par une réduction des quantités de pesticides utilisés. Un objectif partagé par Coop qui soutient l’expérimentation de moyens biologiques de lutte contre les ravageurs. Notamment en utilisant les ennemis naturels des organismes nuisibles. «Les résultats obtenus sont très prometteurs, aussi sur le plan financier», se réjouit Raphael Schilling. Il prévoit que, d’ici 2015, les quantités de produits phytosanitaires pourront être réduites à un minimum dans une quinzaine d’exploitations floricoles. Ce qui représente environ 15 000 travailleurs.

Des cuisinières
plus efficaces

Traditionnellement, les repas sont préparés sur des foyers ouverts à l’intérieur des cases. «Les grandes quantités de bois utilisées sont la cause du déboisement et donc de l’érosion. De plus, les fumées sont mauvaises pour la santé.» Coop a réagi en procurant 3700 cuisinières simples, mais efficaces, dans le cadre d’un projet de compensation de CO2. Chacune d’elles permet d’économiser cinq tonnes de CO2 par an. «La préparation des aliments reste traditionnelle, mais la consommation de bois est nettement moins grande. Donc, les émissions de fumée sont réduites.»

Gestion durable
des réserves d’eau

Une grande partie des roseraies est concentrée dans la région du lac Naivasha. Des conditions de travail favorables y attirent des demandeurs d’emploi des quatre coins du Kenya. Cet afflux de population nuit à la qualité de l’eau du lac. Or, sans eau propre, pas de roses. Le Fonds Coop pour le développement durable a mis en place un projet de gestion de l’eau en collaboration avec des experts et des représentants des résidents locaux. Ce projet porte essentiellement sur la construction de puits et de réservoirs ainsi que sur l’application de méthodes d’irrigation modernes.

www.coop.ch/developpementdurable

Fairtrade Max Havelaar

Production et vente équitables

La Fondation Max Havelaar (Suisse) décerne le label de qualité «Fairtrade» à des produits de pays en développement ou émergents à condition qu’ils soient issus d’une production respectant des normes sociales et écologiques strictes. Leur commercialisation doit aussi être équitable. Le label ga- rantit aux producteurs un prix minimum pour leurs produits et une prime «Fairtrade». Il permet d’améliorer les conditions de travail et sanitaires dans les plantations. Producteurs et filières de commercialisation sont contrôlés par l’organisme indépendant FLO-Cert. Les consommateurs trouveront plus d’informations sur l’origine des produits et les producteurs sur les emballages de grande taille ou, grâce au «code Fairtrade», sur:

www.maxhavelaar.ch
www.coop.ch/maxhavelaar
Franz Bamert

Rédacteur

:

Photo:
Beatrice Thommen-Stöckli
Publication:
lundi 10.02.2014, 10:00 heure