Charlotte Ducotterd, biologiste et dévouée aux tortues que récupère son père,responsable du refuge PRT.

Les tortues ont leurs soigneurs

Chavornay (VD) Si les tortues ont un incroyable pouvoir de récupération, elles ont besoin d’assistance en cas de mauvais traitements.

Depuis une vingtaine d’années à Chavornay (VD), Jean-Marc Ducotterd est au chevet des tortues abandonnées. Des milliers de spécimens ont transité par son refuge PRT (Protection et récupération des tortues). La presse se fait parfois l’écho des activités du centre, notamment quand une tortue hargneuse – pour le moins dangereuse – apparaît dans la nature, comme ce fut le cas en 2005, en 2011 et récemment, le 4 mai à Lausanne.

Seul le centre PRT pouvait donner asile à ce «monstre» sans accident, en lui offrant l’assistance nécessaire. La belle, âgée entre 30 et 40 ans, 10 kg, était blessée à un œil. Jean-Marc Ducotterd et sa fille ont prodigué les soins adéquats, en évitant de se faire arracher un doigt: «Les tortues ont un pouvoir de récupération incroyable, précise le spécialiste du refuge  PRT. Un jour, nous en avons sauvé une très gravement atteinte. Elle portait un impact de pierre sur la carapace, sans doute a-t-on voulu l’écraser. Un centimètre d’asticots grouillaient sur elle. Nous lui avons donné des bains de Dakin pour expulser les asticots, et utilisé de l’argent colloïdal, mais aucun antibiotique. Elle était régulièrement réhydratée. Elle en a réchappé.»

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Placements possibles

Malheureusement, toutes ne survivent pas aux mauvais traitements qui leur sont infligés. Jean-Marc Ducotterd s’est formé à leur contact. Aujourd’hui, il est le spécialiste en Suisse romande: «Nous traitons beaucoup de pathologies liées à une mauvaise maintenance de l’animal, la tortue a besoin de soins particuliers, trop de personnes ignorent leurs besoins.»
Au refuge, en plus des résidentes, les tortues qui arrivent mal en point sont prises en charge, carapace, pattes, bec, les blessures sont diverses et elles sont vermifugées. «Nous travaillons de concert avec les vétérinaires.» Une fois remises en forme, elles sont placées, si c’est possible, mais Jean-Marc Ducotterd est très strict sur les conditions d’accueil de ses protégées.

Agrandissement en vue

Il y a quelques années, le centre de protection et récupération des tortues PRT accueillait 800 tortues. «Nous en avons 1200. En cinq ans, les abandons ont explosé, j’en compte 350 par an, se désespère Jean-Marc Ducotterd. Nous devons agrandir. Notre projet du nouveau Centre Emys – du nom de la seule tortue indigène suisse, la cistude (Emys or-bicularis) – nous permettra de poursuivre notre mission, avec une capacité d’hé-bergement de 4000 à 5000 tortues.»
Il sera alors possible de mieux sensibiliser le public. Les recherches de fonds ont débuté: «Ça s’avère très difficile, nous n’avons aucune reconnaissance malgré les vingt ans de travail, constate le protecteur des tortues. Nous avons pour l’instant 400 000 francs, il nous faut un million et demi. Agrandir peut avoir un effet pervers, et risque d’encourager l’acquisition de tortues puis le rejet sans état d’âme. «Nous devons faire avec, actuellement nous sommes trop petits.»

Line Gentsch-Baumberger, médecin vétérinaire à Neuchâtel

Line Gentsch-Baumberger, médecin vétérinaire à Neuchâtel
Line Gentsch-Baumberger, médecin vétérinaire à Neuchâtel

«Ma tortue n'a que 2 ans: devrai-je la faire hiberner à l’automne?»

Tout d'abord, il faut savoir à quelle tortue nous avons à faire. Tous les spécimens provenant des régions tempérées hibernent. C'est le cas des espèces les plus fréquemment rencontrées: tortue d’Hermann,  grecque et des steppes. Durant cette phase de repos, le métabolisme des animaux est très fortement ralenti: la respiration est pratiquement indétectable et la fréquence cardiaque tombe à environ un battement par minute. Ce sommeil est indispensable à la bonne santé des tortues qui sans cela grandissent trop vite, s'exposant à de nombreuses pathologies. Il est important de faire hiberner même les animaux vivant en terrarium. Il faudra pour cela diminuer progressivement la période de lumière et la température ambiante. Un carton ou une boîte en bois bien isolés, placés à l'abri de l'humidité et des rats seront idéals. La température devrait être constante, autour des 5 °C, jamais au-dessus de 10 °C. Bien entendu, on ne fera pas hiberner une tortue malade qui nécessitera d'abord des soins vétérinaires.

 
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Bernadette Richard

Journaliste, écrivaine et astrologue

Photo:
Jean-Marc Ducotterd
Publication:
lundi 08.06.2015, 13:30 heure



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